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Le CPI, un an pour tester sa compatibilité avec ses futurs associés

Le CPI, le contrat de pré-installation, est surtout connu pour permettre à un futur agriculteur de travailler quelques mois avec les cédants pour se familiariser en douceur avec l'exploitation. Il offre aussi la possibilité à un jeune de se frotter à ses futurs associés, histoire de vérifier leur compatibilité au quotidien. Témoignages croisés de Mickaël et Emmanuel, de l'EARL Le pépin et la plume.

Emmanuel Bouseau et Mickaël Pont, associés de l'EARL Le pépin et la plume, à La Roche Maurice, ont témoigné lors de la Semaine de la transmission, organisée par la chambre d'agriculture, le 22 novembre dernier, à Pleyben dans le Finistère.
Emmanuel Bouseau et Mickaël Pont, associés de l'EARL Le pépin et la plume, à La Roche Maurice, ont témoigné lors de la Semaine de la transmission, organisée par la chambre d'agriculture, le 22 novembre dernier, à Pleyben dans le Finistère.
© Terra

Installé en 2009 "sur une friche" à La Roche-Maurice (29) après avoir été une dizaine d'années salarié, Mickaël Pont commence par planter des pommiers. Il diversifie son activité avec un atelier de poules pondeuses puis la culture de fraises, en agriculture biologique et vente directe. Très vite, il est submergé de travail et ressent le besoin de s'associer. "Je ne pouvais plus tout gérer". Il en parle à Mathieu, l'un de ses salariés, qui relève le défi et se lance dans un CPI, un contrat de parrainage.

 

Un an pour se connaître

"Dès le premier jour, je l'ai considéré comme un associé", se souvient Mickaël, qui voit dans ce stage longue durée "l'un de seuls moyens de vérifier si on est faits pour travailler ensemble". D'emblée, il pose ses conditions : ce sera pour un an. "Sur une telle durée, on ne peut pas se cacher". L'expérience est concluante et au 1er septembre 2012, Mathieu s'installe à son tour.

L'exploitation continue à se développer : de nouveaux poulaillers sont construits et la culture de la fraise prend une place prépondérante sur l'exploitation, nécessitant l'embauche de nombreux saisonniers pour la récolte. Et à nouveau, les associés se sentent débordés. "Nous avions plein de projets. Plutôt que d'y renoncer, ce qui nous aurait déchiré le cœur, on a décidé de chercher un troisième associé".


Partager les mêmes objectifs

Cette fois, ils se tournent vers le RDI, le répertoire départ installation, tenu par la chambre d'agriculture. "Nous avons eu plusieurs contacts sans suite. Et connu un échec, après six mois de stage de parrainage : nous nous sommes rendu compte que nous n'avions pas les mêmes objectifs, pas la même façon d'envisager le métier". Ils songent alors à tout laisser tomber mais tardent à désinscrire leur exploitation du RDI. "Et c'est là qu'Emmanuel a pris contact avec nous".

Originaire du Mans, le jeune homme a longtemps été chef de cultures, d'abord en plants maraîchers puis en serres de tomates. La trentaine passée, il songe à s'installer à son tour. "Je voulais travailler pour moi, avoir enfin le pouvoir décisionnel". Il s'inscrit donc au RDI et s'oriente dans un premier temps vers ce qu'il connaît le mieux, les productions de fraises et tomates sous serres.

 

À chacun sa place

Courant 2016, plusieurs tentatives de reprise d'outil échouent. "Et c'est comme ça que j'ai connu Mickaël". Les premiers échanges se font par téléphone, avant qu'il ne rencontre les deux associés."La production de fraises se développait sur l'exploitation. J'ai senti un vrai professionnalisme".

Le courant passe entre les trois hommes et Emmanuel réalise à son tour un CPI d'un an, de novembre 2016 à novembre 2017, avant de s'installer début 2018. "Un parcours de quatorze mois qui l'a amené au creux de la vague, reconnaît Mickaël. Mais on a vraiment appris à se connaître. Et c'est pour ça que ça marche aujourd'hui".

Un test de personnalité a permis à chaque associé de se situer. "Nos caractères sont très différents, note Mickaël. Mais nous avons une ligne directrice commune". "Et les rôles ont été redéfinis, rajoute Emmanuel. Je m'occupe de la technique, Mathieu de la logistique et Mickaël de la partie commerciale. Chacun a trouvé sa place". À la plus grande satisfaction des deux premiers associés. "Manu touche en technique ! Alors qu'on était arrivés à saturation, on peut à nouveau parler de s'agrandir". Et les premiers projets sont déjà bien avancés. "La saison prochaine, nous allons produire des légumes d'été sous serre. Et agrandir les poulaillers".

 

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