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Le dégrèvement sur le foncier non bâti doit revenir au fermier

En plus de l’exonération de 20 % sur le foncier non bâti (voir Terra de la semaine dernière), votre propriétaire a pu bénéficier d’un dégrèvement. Considéré comme une aide financière à l’exploitant, il doit revenir en totalité au fermier.

Octroyé en cas de perte de récolte ou de bétail et aux jeunes agriculteurs pendant les 5 ans qui suivent leur installation, le dégrèvement sur le foncier non bâti doit être intégralement reversé au fermier.

Ce dégrèvement peut être accordé aux exploitants agricoles, à leur demande, en cas de perte de récoltes (grêle, inondation, sécheresse,…), perte de bétail (épizootie), et aux jeunes agriculteurs. Pour les jeunes qui bénéficient de la dotation d’installation ou des prêts à moyen terme spéciaux ou qui ont souscrit un CTE, ce dégrèvement, sur la taxe foncière sur le non bâti, est de plein droit de 50 %, pendant les cinq années suivant celle de leur installation. Ils peuvent en outre, sur décision des collectivités territoriales, être dégrevés de la part de la taxe restant due (soit 50 %), pendant cinq ans au maximum à compter de l’année suivant celle de l’installation. Le dégrèvement suppose une déclaration par le jeune agriculteur, avant le 31 janvier de l’année suivant celle de son installation, par commune et par propriétaire, des parcelles exploitées au 1er janvier. Cette déclaration n’est à renouveler au cours des quatre années suivantes qu’en cas de modification de la consistance parcellaire de l’exploitation.

Aide financière à l’exploitant
Quand un dégrèvement sur le foncier non bâti est accordé, il faut bien comprendre qu’il s’agit d’une aide financière à l’exploitant. Les locataires n’étant pas connus de l’administration fiscale, leur aide passe par les taxes foncières du propriétaire, sous la forme d’un dégrèvement du foncier non bâti, à charge pour le propriétaire d’en faire bénéficier le locataire en place (article L 1604 –I du CGI, L 411-24 du Code rural). Le propriétaire bailleur ne sert que d’intermédiaire pour l’administration fiscale, l’aide financière consistant en un dégrèvement, ne lui appartient pas. Le problème est que les bailleurs ne sont pas suffisamment informés, et pensant que ce "cadeau" fiscal est pour eux, ils omettent d’en faire profiter le destinataire légal, le locataire en place. Chaque année, il faut combler ce déficit d’information car, d’une part certains bailleurs sont à leur insu en situation illégale et, d’autre part les jeunes agriculteurs qui ont pourtant fait la demande de dégrèvement, ne voient pas le retour de sommes parfois importantes, censées les aider lors des cinq premières années d’installation.

À déduire du fermage
En conséquence, il faut rappeler que le fermier déduit du montant du fermage à payer une somme égale à celle représentant le dégrèvement dont a bénéficié le bailleur. Dans le cas où le paiement du fermage a eu lieu avant la fixation du dégrèvement, le propriétaire doit en ristourner le montant au locataire (article L 411-24 du Code Rural). Le dégrèvement bénéficie en totalité aux locataires quelle que soit la part d’impôt foncier remboursée aux bailleurs.

 

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