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Le désherbage mécanique, aussi sur légumes

Quelles alternatives au désherbage chimique ? Si l’efficacité de la bineuse n’est plus à démontrer, celles de la herse étrille ou de la roto étrille sont moins connues sur légumes. Après la pomme de terre, démonstration sur haricot, le 5 juillet dernier à Pluméliau en partenariat*, autour du groupe 30 000 de Nov’agri.

"Une fois que la culture est levée, ce n’est plus du désherbage mais du rattrapage", assène le chef de cultures de la station expérimentale de Kerguéhennec. David Méallet est clair : "Depuis 10 ans, on travaille sur cette thématique légumes et ce n’est pas la plus facile", prévient-il. Pour se mettre dans les meilleures dispositions de réussite de ces cultures, "il faut tout anticiper". Le 15 mars, tout est labouré et "on travaille le faux semis. Le désherbage de prélevée mécanique, ça fonctionne bien". Et pour ce faire, le technicien conseille de "semer plus creux et plus serré et roue de rappui serrée à fond". Car en semant creux, "on retarde d’un à deux jours la levée, ce qui laisse plus de temps pour intervenir en prélevée, au stade filament blanc des adventices et alors on fait 80 % du ménage". Quand y aller ? "Dès lors que vous vous posez la question. Parce que vous ne savez pas quand vous retrouverez les bonnes conditions pour le faire ensuite". Et qui dit désherbage de précision dit aussi "semis de précision". Enfin, "on n’attend pas que ce soit sale pour passer". Quant aux deux matériels présentés, avec la herse étrille Treffler, "on est mieux sur les cultures d’hiver". Avec la roto étrille ? "100 % de la surface est travaillée. Le travail est meilleur sur cultures de printemps et s’il y a des débris végétaux, on passe".

"Mon pulvé je l’aimais bien mais"

"Ce qui me fait peur, c’est le temps, le fuel et la main d’œuvre qu’il faut. Du lundi au vendredi ça se trouve mais le week-end ! ", témoigne un des cultivateurs en ce vendredi midi. "Moi aussi mon pulvé je l’aimais bien. Mais le 100 % mécanique, c’est là où on va. Alors autant s’y intéresser vite", encourage David Meallet, face aux inquiétudes qui s’expriment au sein de la vingtaine d’agriculteurs, venus s’informer sur les matériels présentés. Face à la demande des consommateurs et aux évolutions réglementaires que rappellera le représentant de la Cecab qui met à disposition des outils de désherbage mécanique, telle la herse étrille Treffler présentée : "on aura de moins en moins de molécules actives à disposition pour désherber les parcelles. L’intérêt est de montrer les alternatives". "C’est aussi une demande du groupe des 30 000 Agronomie de Nov’agri", pointe Céline Bruzeau, agronome de la chambre d’agriculture qui les accompagne. "Cela fait partie de nos missions que de diffuser ces conduites de cultures, mécaniques auprès d’agriculteurs en conventionnel", renchérit Céline Rolland, technicienne du Groupement des agriculteurs biologiques, partenaire. Action financée par le syndicat de la vallée du Blavet, "parce que ces techniques mécaniques améliorent la qualité des eaux sur les paramètres phytosanitaires où il y a des efforts à faire", cadre pour sa part Anaïs Vannieuwenhuyse. Ce syndicat propose des contrats d’engagement qui ont pour objectif de soutenir des expérimentations de pratiques qui ne sont pas encore mises en œuvre sur les fermes.

Christèle : "des outils essentiels"

Gwenaël et Christèle, époux, à la tête de deux exploitations à Melrand, l’un en bio, l’autree en conventionnel, ne sont plus à convaincre. "Mon mari est en bio, il fait du maïs, de la pomme de terre du potimarron. Moi, je suis en conventionnel avec des techniques mécaniques sur du haricot vert, de la pomme de terre de consommation et des céréales. On veut changer notre herse étrille à plateau pour une herse étrille comme celle ci", pointe l’exploitante qui affirme, "avec une bineuse et une herse étrille, on fait un travail formidable. Ce sont des outils essentiels et c’est aidé, il n’y a pas à hésiter" estime-t-elle. Et même si elle n’est pas en bio, elle utilise des techniques mixtes. "Les pommes de terre de consommation, je ne les traite pas, je préfère. Je fais de la vente directe en haricot vert. Je ne suis pas en bio car mes clients, les grandes surfaces, ne sont pas prêts à payer du haricot bio et que ça reste très difficile à tenir si on n’a pas de solution fongicide".

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