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"Le drainage, un facteur de développement"

Autour de Val d'Izé, des agriculteurs se sont fédérés pour drainer leurs parcelles les plus humides. Après 27 ans, le travail accompli, les prêts remboursés, ils dissolvent leur association lors d'une soirée festive.

Jean Claude Neveu, président, et Amand Chemin, vice-président de l'association de drainage de la région de Val d'Izé, devant la déboucheuse de drains qui va être transmise à une nouvelle association d'agriculteurs.
Jean Claude Neveu, président, et Amand Chemin, vice-président de l'association de drainage de la région de Val d'Izé, devant la déboucheuse de drains qui va être transmise à une nouvelle association d'agriculteurs.
© Cécile Julien

C'est dans la convivialité, autour d'une table de fête que l'association de drainage de la région de Val d'Izé tirera sa révérence le 18 décembre en réunissant tous ses adhérents. Le drainage a permis à bon nombre d'agriculteurs d'améliorer le potentiel de leurs terres, les emprunts contractés pour le réaliser sont remboursés, l'association n'a plus de raison d'être. Que de chemin parcouru depuis 1982, année où quelques agriculteurs de Val d'Izé se regroupent pour organiser des opérations concertées de drainage. "Nous avons décidé de créer une association autorisée, dont la gestion était assurée par le Trésor public, retrace son président, Jean Claude Neveu, éleveur à Val d'Izé. En nous regroupant, nous pouvions bénéficier de subventions du ministère de l'agriculture et étions plus forts pour négocier les tarifs". L'association regroupe 300 agriculteurs sur 35 communes des cantons de Vitré est et ouest, de Saint Aubin du Cormier. Au-delà de l'obtention des subventions, elle se charge des appels d'offres pour la réalisation des travaux, le suivi des études pédologiques, du plan précis de la parcelle avec l'emplacement des drains. Le regroupement des opérations permet aux agriculteurs de mieux négocier le coût des travaux, du matériel et des analyses de sol.

Négocier en groupe
Dans des terres particulièrement humides, le drainage a permis de passer des3 à 5 tonnes de matière sèche produites par une prairie naturelle aux 16 à 20 tonne d'un maïs. "Le drainage assainit les terres, il ne les dessèche pas, ne manque pas de souligner Jean Claude Neveu. Globalement, il a été un facteur de développement pour nos exploitations".
L'association a conduit 8 tranches de travaux, soit 5.000 Ha drainés. Une fois le drainage effectué, les agriculteurs ont reprofilé les fossés pour que l'eau s'écoule bien. Ils ont également investi dans une machine pour déboucher les drains. Les ¾ de ces travaux ont été financés par des prêts collectifs. "C'est l'association qui empruntait à des taux bonifiés, et non chaque agriculteur, explique Jean Claude Neveu. Cela permettait d'obtenir de meilleures conditions, donc à des agriculteurs, qui n'auraient pas pu financer seuls, d'avoir accès au drainage".
Le département a compté jusqu'à 18 associations libres et 22 associations autorisées de drainage. Dans les années 90, elles se sont fédérées en union. "Nous avons rencontré les banques pour renégocier les prêts et avec la chambre des notaires, nous avons fait prendre en compte le drainage dans les tarifs de location et de fermage", relate Jean Claude Neveu.

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