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Le Gaévol poursuit sa dynamique de développement

Un marché qui progresse et du coup des surfaces également à la hausse, c’est le constat et les perspectives dressés vendredi dernier à l’occasion de la 22e assemblée générale du groupement des producteurs de volailles Gaévol. Une filière qui garde en ligne de mire la reconquête souhaitée du marché intérieur. Le point avec Stéphane Athimon, animateur du groupement.

Stéphane Athimon, animateur du groupement des éleveurs 
de volailles Gaevol.
Stéphane Athimon, animateur du groupement des éleveurs
de volailles Gaevol.
© Terra

Quel bilan 2016 pour le groupement des éleveurs de volailles Gaévol ?

Stéphane Athimon. Nous sommes positionnés principalement sur la dinde et le poulet lourd sexé avec un modèle de production qui nous permet d’être très compétitifs sur ce segment où la consommation, industrielle et en restauration hors foyer (RHF), progresse. Néanmoins la part d’importation en poulet reste la même. Nous profitons tout de même de la croissance de ce marché, ainsi nos surfaces ont progressé de 3,8 %. 2016 reste une année contrastée avec un bon début en dinde et une deuxième partie plus compliquée. En poulet, l’année est mitigée. L’influenza aviaire nous a compliqué la vie en nous fermant à l’export des marchés hors de l’Europe. C’est un problème pour les abatteurs qui ont ce souci d’équilibre carcasse. D’autant que d’autres pays européens se sont retrouvés également touchés, en fin d'année. Le marché intra-européen est ainsi devenu féroce. Quant au canard, nous sommes encore modestes mais nous avons la volonté d'accompagner les investissements de LDC.

Quels faits marquants pour la dynamique d’investissements ?

S.A. Avec l’étiquetage sur l’origine des produits devenu obligatoire, le vent pousse l’origine France. Néanmoins, cela ne fait pas acheter les clients de nos filières plus cher. Mais ils sont sensibles à ce que nous mettons en place pour répondre aux attentes sociétales. Ainsi en trois ans, nous avons réduit de 50 % l’utilisation d’antibiotiques avec l’objectif d’arrêter l’utilisation de ceux dits critiques, selon le classement de l'OMS. Nous avons d’ailleurs demandé au docteur Marine Aupée d’intervenir lors de l'assemblée générale sur l’antibiorésistance en médecine humaine et les implications pour les filières animales. C’est fondamental de donner du sens et d'expliquer ces enjeux à nos équipes et nos éleveurs. De même, concernant le bien-être, nous avons développé des bonnes pratiques pour réduire les pododermites et améliorer la qualité d’eau distribuée aux animaux. Nous avons organisé un forum cette année sur ce thème, mis au point une gestion sanitaire globale et préparé une journée sur cette problématique à l’école vétérinaire de Nantes, Oniris. Cela repose sur cinq piliers fondamentaux que sont la nutrition, la conduite de l’élevage, la biosécurité, les produits alternatifs naturels, l’utilisation rigoureuse et raisonnée des antibiotiques, en le faisant avec le plus de pertinence possible. Nous avons labellisé cette gestion sanitaire durable (GSD).

Quelles perspectives pour 2017 ?

S.A. Il s’agit d’accentuer nos actions notamment avec nos groupes de progrès qui réunissent autour des bonnes pratiques, une quinzaine d’éleveurs. Cela fonctionne bien, c’est très pragmatique, chaque éleveur repart avec des idées pour son propre élevage. Il y a aussi de beaux développements de bâtiments et des portes ouvertes intéressantes comme celle programmée le 14 mars prochain à Trédion, chez Jean-Michel Choquet, avec en particulier sa chaudière à fumier de volaille. D'ailleurs ce site est à énergie positive. Nous sommes les principaux fournisseurs de poulets pour McDo en France avec un cahier des charges qui implique de la lumière naturelle, la réduction des pododermites, l’ajout de bottes de pailles pour occuper les animaux... Nous avons la chance d'avoir des filières qui fonctionnent bien. Cela permet à chaque maillon d’investir. Notre filière est en croissance régulière depuis vingt ans. Cela donne une visibilité qui permet aux éleveurs d’investir, comme nous le faisons dans les usines Sanders de Bretagne avec plus de dix millions d’euros investis, idem au sein de la Société bretonne de volaille, SBV, filiale de LDC qui déroule son programme de plus de 120 millions d’euros dans ses outils sur trois ans.

 

Gaévol en chiffres

Le groupement Gaévol, qui fournit principalement LDC, regroupe dans 18 départements 442 éleveurs pour 914 400 m² de surface de poulaillers. En Bretagne, ils sont près de 300 éleveurs sur 714 000 m² pour une production de 56 millions de poulets lourds, 13 millions de tout venant, plus de 3,7 millions de dindes et 1,6 million de canards.

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