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Veiller sur l'Etat sanitaire des abeilles
Le GDS apicole s'en charge

Les abeilles trinquent. Pourtant à elles seules, elles pollinisent 75 % des cultures dans le monde. Des auxilliaires dont l'agriculture ne saurait se passer pour nourrir l'humanité. Pour veiller sur leur état sanitaire, les GDS apicoles veillent. Leur rapprochement avec les GDS de Bretagne est à l'œuvre. Rencontre avec Michel Noé, président.

Michel Noé président du GDS apicole du Morbihan
Michel Noé président du GDS apicole du Morbihan
© claire Le Clève

 

 

En cette veille de printemps, l'activité des abeilles a repris au rucher école installé par le GDS apicole du Morbihan, dans l'enceinte du Lycée Horticole de Kerplouz, à Auray. Une trentaine de colonies viennent d'y passer l'hiver, bichonnées par Michel Noé, président d'une structure qui compte près de 600 adhérents et 40 ans d'existence.

 

Former grâce au rucher école

« Former est l'une de nos missions essentielles, tant pour les débutants que pour ceux, plus confirmés qui ont besoin d'actualiser leur information » explique ce passionné. Parmi les adhérents, 10 professionnels *sur les 15 que compte le Morbihan, le reste des amateurs s'occupant de 10 à 50 ruches, chaque ruche abritant une colonie de 15 000 à 30 000 individus. « Notre satisfaction est de voir arriver de nouveaux passionnés qui s'intéressent aux abeilles. Il passent par nous pour acquérir une formation », se réjouit Michel Noé. 66 stagiaires y suivent à l'année un enseignement au sein de 3 groupes de niveau (initiation, perfectionnement, élevage de reines) dès le mois de février. La présence de ces 600 passionnés offre un maillage sur le territoire « essentiel pour la pollinisation des végétaux » rappelle l'apiculteur. Un bienfait évalué sur le globe, à près de 10 % de la valeur agricole mondiale. Sans pollinisation par l'abeille, l'essentiel de la fécondation des espèces de plantes à fleurs cultivées pour leur graine, leur fruit, leur racine ou leur feuillage ne pourrait avoir lieu. Et sans fécondation, pas de production. Le vent n'intervenant qu'à hauteur de 10 % dans la fécondation des plantes à fleurs , dont la plupart des céréales. C'est dire si l'insecte est important.

 

Syndrome d'effondrement

Pourtant, l'abeille n'est pas à la fête. Son déclin qui date du milieu des années 90 s'accélère et inquiète. « Nous avons enquêté nos adhérents. En 2007, ils ont perdu plus de la moitié de leur cheptel, en 2008, plus de 68 %, et en 2009, près de 73 % ». Face à ce phénomène qualifié de syndrome d'effondrement des colonies, des causes jouent en synergie. Une trentaine de parasites , pathogènes et autres virus sont à incriminer. Donner les éléments pour établir des diagnostics et traitements relèvent également de la vocation du GDS, dont les moyens d'actions restent limités. « Y compris en matière médicamenteuse, notamment pour les antibiotiques dont la LMR limite à 0 le taux de résidus. "Il faut donc agir préventivement » pointe Michel Noé. Coté nuisibles, un nouveau prédateur, le frelon asiatique a fait son apparition et poursuit son extension en Bretagne. « Nous nous mobilisons avec la Fémodec pour lutter contre son invasion, un plan de lutte départemental est à l'œuvre avec piégeage des fondatrices et destruction des nids ». Autres causes pointées du doigt, la réduction de la diversité et l'utilisation généralisée de pesticides, notamment systémiques qui « affaiblissent le système immunitaire des abeilles et entraînent des effets en cascade » déplore Michel Noé. Si le Gaucho et le Régent ont été interdits, « l'autorisation d'utilisation du Cruiser est renouvelée pour la 3 ème année. Nous sommes très pessimistes «  avoue-t-il. Même constat pour les mélanges « une catastrophe ». Des causes multiples mais un effet qui pourrait, à terme, remettre en cause un processus de pollinisation essentiel à l'homme.

Claire Le Clève

Pour plus de renseignements, GDS apicole, Le Manéo, 56440 Languidic, 06 70 40 71 28

 *Il faut un minimum de 200 ruches pour constituer la base de la SMI pour être reconnu professionnel ainsi que le passage d'un BPRE apicole

Un seul GDS

 

Toute nouvelle ruche fait l'objet d'une déclaration. Un enregistrement qui se faisait auparavant par l'intermédiaire des DSV, DDPP. « Aujourd'hui, l'Etat se désengage » note Michel Noé. Si l'obligation de déclaration perdure elle se fera directement auprès du GDS, devenant organisme à vocation sanitaire unique. « Nous allons prendre le wagon pour être intégrés. Un rapprochement se fait avec le GDS au niveau régional où nous aurons un représentation apicole » note le président du GDS apicole qui espère par ce biais voir reconnu plu largement « les maladies qui touchent nos abeilles et nos problèmes »;

 

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