Aller au contenu principal

Le grand oral agricole des candidats aux régionales

À quelques jours des élections régionales, la FRSEA Bretagne a reçu les représentants de cinq listes majeures de ce scrutin pour la Bretagne. Entre examen de passage et discours de campagne, l'exercice s'est révélé être un bon test des ambitions agricoles des candidats et de leur perception des attentes professionnelles.

Chaque audition s'est déroulée dans la même configuration, le candidat s'exprimant devant les responsables syndicaux qui lui faisaient face, sous le regard de quelques invités témoins et de la presse.
Chaque audition s'est déroulée dans la même configuration, le candidat s'exprimant devant les responsables syndicaux qui lui faisaient face, sous le regard de quelques invités témoins et de la presse.
© Terra

Le syndicat majoritaire a invité à sa table les représentants des cinq listes candidates qu'il jugeait les plus déterminantes de la campagne régionale. Et tous ont répondu présents : Marc Le Fur, tête de liste LR/UDI, Laurence Fortin représentante de la liste Le Drian (PS), Gilles Pennelle, tête de liste FN, René Louail tête de liste EELV et Christian Troadec, tête de liste Oui la Bretagne. Tous sont venus présenter leur vision et leur stratégie pour l'agriculture bretonne. Ce faisant, l'exercice très sérieux et exécuté avec un évident souci de rigueur dans la démarche, a permis de révéler un réel engouement des acteurs de ce scrutin régional pour les questions agricoles, autant que de mettre en évidence des visions plus ou moins pertinentes du sujet. Alors, vrai intérêt pour les filières agricoles ou posture politique ? Probablement un peu des deux. Tous les candidats auditionnés ont montré qu'ils prenaient toute la mesure du poids économique de l'agriculture en Bretagne, sans doute aidés en cela par la mise en lumière médiatique tout au long de l'été dernier des difficultés des filières d'élevages, en Bretagne notamment.

Entretiens

A quelques jours du premier tour, c'est donc dans une position de force que les élus de la FRSEA ont pu interroger les candidats sur des thématiques jugées plus déterminantes : environnement, "manger français", politique d'investissement agricole et agroalimentaire, gestion régionale du second pilier de la PAC ou encore simplification administrative. Tour à tour, les équipes électorales ont déroulé leur projet. L'objectif souhaité par les responsables FRSEA : faire que les agriculteurs aient une vision d'ensemble des possibles pour la Bretagne. Que ce soit dans un ton cordial ou dans des échanges plus tendus, les responsables FRSEA ont demandé aux uns et aux autres autant d'éclaircissements qu'ils jugeaient utiles de se faire préciser. Ils ont aussi sollicité auprès des candidats un engagement pour l'agriculture, tout en rappelant la position syndicale et les attentes sur un certain nombre de sujets majeurs, à commencer par la politique agricole européenne. Mais autant cette audition des représentants des listes aux régionales semblait nécessaire, autant il était tout aussi clair que la démarche ne se conclurait par aucune consigne de vote donnée aux agriculteurs adhérents du syndicat. Une seule ambition à cet exercice : que chacun puisse faire un choix libre...et éclairé.

Les idées fortes

Entre persuasion et conviction, les candidats aux régionales ont dévoilé leurs ambitions. Marc Le Fur admet que "l'essentiel se traite à Paris ou Bruxelles", mais estime "avoir des marges de manœuvre, notamment via le Feader". Et d'insister sur "la compétitivité des élevages et la productivité". À ce titre, il propose d'exclure des subventions du conseil régional, certaines associations (Eau et rivières) qui "combattent les projets agricoles" . Autre son de cloche du côté de la liste de Jean-Yves Le Drian qui propose de "co-construire pour être plus constructif", tout en soulignant que "la production conventionnelle est aussi une agriculture de qualité, et qu'il faut la défendre". Une position qui reviendra dans tous les discours et que les responsables FRSEA souhaitent voir confirmée dans les actes des futurs élus. La tête de liste du Front national promet à son tour "des produits français, bretons dans tous les lycées", tout en souhaitant "moins d'Europe". Une position plus compliquée à rallier pour le syndicat qui prône une Europe plus équitable. Par ailleurs, le régionaliste, Christian Troadec tente le grand écart en valorisant "des aliments bretons dans les cantines" et en envisageant en même temps "un avenir agricole par l'export, notamment asiatique". Les sujets d'entente se sont fait plus rares avec la liste EELV menée par René Louail qui prêche également le "manger français" mais avec une orientation plus ciblée sur "des signes de qualité, pas d'OGM et au moins 20 % de bio".

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Acceptabilité sociétale : ouvrir, montrer et démontrer
Alors que s’ouvre dans quelques jours en mairie d’Arzal (56) leur dossier d’enquête publique, les associés de la SCEA de Kerollet…
Canettes tueuses, quand l'incivilité tue
Depuis deux ans, le Gaec de Kerforn, à Caudan, a du se résoudre à faire euthanasier six vaches sur la centaine de laitières qui…
Valens, le nouveau verrat équilibré d’Axiom
La firme génétique met sur le marché un nouveau verrat dont l’objectif est de répondre aux exigences des producteurs français.…
Maïs : estimer sa date de récolte
Point de situation des maïs à la mi-août. Les premières récoltes sont attendues dès la fin août pour la moitié sud de l'Ille-et-…
Des protéines végétales bretonnes pour réduire les importations de soja
Si la Bretagne importe 95 % des protéines végétales dont elle a besoin pour nourrir ses animaux d’élevage, le GIE SVP est bien…
Rapport sur le suicide d’agriculteurs : les premières pistes
Après six mois de mission, le député Olivier Damaisin s’apprête à rendre au Premier ministre son rapport sur le suicide et le mal…
Publicité