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LE DÉPARTEMENT EST DEVENU TROP PETIT...
Le grand Ouest, échelon de réflexion et d'action du sanitaire

Les GDS des 4 régions de l'Ouest étaient en réunion à Vannes les 8 et 9 juin. Ces structures avaient l'habitude de se réunir une fois par an de façon formelle, mais face aux attentes fortes et de plus en plus diversifiées des éleveurs, l'échelon départemental devient de plus en plus limité. L'échelon de réflexion et d'action se situe maintenant de plus en plus au niveau de la grande région pour les GDS. Mutualisation des investissements et des compétences, conseil en élevage, politique sanitaire : pendant deux jours, à Vannes, les GDS du grand Ouest ont tracé les voies d'un futur de plus en plus commun, et nous ont fait part de leurs pistes d'actions.

Laurence Mocquet, Patrick Le Provost et Jean-François Tréguier.
Laurence Mocquet, Patrick Le Provost et Jean-François Tréguier.
© Terra

Pour Jean François Tréguier président des GDS de Bretagne "qu'on soit producteur de lait à Brest ou à Caen, les problématiques sanitaires sont les mêmes : on ne peut pas multiplier les compétences à l'infini. Il faut s'organiser. L'échelon grand Ouest correspond bien à un lieu de mutualisation et de partenariat, et autorise la mise en commun de moyens pour pouvoir répondre le mieux possible aux attentes des éleveurs".


Agir concrètement ensemble

Les GDS partagent de lourdes inquiétudes sur ce qui se passe dans d'autres pays
comme les Pays-Bas. Les règlementations deviennent draconiennes. Ils ont donc décidé de mettre en place des programmes de recherches pour affronter la fièvre Q et la para-tuberculose, notamment.
Actuellement, suivant les départements, poursuit J-F. Tréguier, "on dépense entre 50 ct et un euro par an et par bovin sur la paratuberculose . C'est cet argent qu'il faut mutualiser et qui permettra  d'imaginer des réponses et créer des outils pour répondre aux besoin de maîtrise de ces maladies.
Cette addition de moyens régionaux permettra de mobiliser les dizaines, voire les centaines de milliers d'euros, autour d'un projet sanitaire et d'une volonté partagée. S'il faut investir un million d'euros dans un programme de recherche, à 4 on ne peut pas ; à 14 cela devient possible".


Des programmes de recherches

"Cela se traduit notamment, ajoute Laurence Mocquet, directrice du Morbihan, par un travail important de recherches avec l'ex-école vétérinaire de Nantes, Oniris". L'Unité mixte technologique, l'UMT,  regroupe à Nantes, sur des projets de recherches communs, l'Inra, les Instituts de l'élevage, les GDS, la profession vétérinaire, et donne une crédibilité à tout ce travail. "Investir dans l'UMT, c'est être acteur dans le sujet de recherche, mener des recherches qui amènent des retours pratiques et concrets en élevage". 
Patrick Le Provost, directeur  GDS 22, complète : "pour la fièvre Q, le programme a commencé il y a deux ans et monte en puissance. On a consacré énormément de moyens depuis 10 ans à la BVD. Au niveau para-tuberculose, on est au début d'une action collective d'envergure pour répondre aux attentes des éleveurs et des consommateurs en termes de qualité et de garantie sanitaire .
On est en temps de paix, dans le domaine sanitaire, après une décennie marquée par beaucoup d'événements. La situation sanitaire est bonne. Nous devons  travailler pour éviter le retour des maladies et prévenir les maladies du quotidien".

 

 

Du nouveau sur la vaccination FCO

Autre champ de recherches, les techniques alternatives de prévention. Dans le cadre des actions de recherches, justement, à l'échelle du grand Ouest, les GDS ont développé des recherches sur la FCO. Il s'agit d'investir sur des stratégies différentes qui prennent en compte l'immunité des animaux pour lutter contre les maladies, un point que demandaient les éleveurs.
Cette immunité, on tente de la mesurer, de la démontrer pour que cela puisse devenir un moyen de protection. Des expérimentations sont en cours et la Bretagne sera sur ce sujet en tête de peloton des régions.
Aujourd'hui, la vaccination est un succès en termes de maîtrise de la maladie clinique. André Briend, président du Morbihan, complète :"on n'envisage pas de maintenir la vaccination obligatoire. Comment évoluer ?  Il s'agit notamment de mesurer la présence du virus et de raisonner l'évolution des méthodes de lutte".
C'est dans cette perspective que le travail de recherche dans le cadre d'une grande région est une force et permet à cette dernière d'être force de propositions au niveau national.


Jusqu'où iront-ils ?

J-F. Tréguier indique : "en Bretagne, il n'y a plus aucun projet nouveau qui ne se développe sans l'échelon régional. Il n'est pas question de remettre en cause le département qui apporte le maillage terrain, la proximité. Mais l'apport est collectif, la réflexion est collective, l'action et la réalisation sont départementales".
Cette organisation se situe en phase avec la réorganisation des services de l'Etat. Tout se décide à la région et s'applique au département. P. Le Provost indique : "on est dans un plan à 5 ans qui aboutira à l'harmonisation complète, financière, technique, organisationnelle des 4 GDS de Bretagne".
J-F. Tréguier rappelle le crédo des GDS :"le sanitaire, rien que le sanitaire, tout le sanitaire et le même service au même coût pour tous les éleveurs. On est en ordre de marche, le calendrier sera respecté".


Etats généraux du sanitaire

Les état généraux du sanitaire, c'est une grande réflexion qui a été lancée le 19 janvier par le ministre de l'Agriculture. Il s'agit, dans le cadre de la LMA, de définir l'évolution du système sanitaire français pour les 10 ans qui viennent . J-F. Tréguier précise : "on attend les conclusions, fin juin, de la définition de la nouvelle organisation sanitaire française".  A priori, l'organisation retenue confirmerait l'organisation effective jusque-là, à savoir, un trépied Etat, profession agricole,  GDS et vétérinaires. Les GDS seraient confirmés dans leur rôle de correspondant sanitaire au niveau de la région.   C'est dans ce cadre des états généraux du sanitaire que seront débattus les moyens de la politique sanitaire. Pour J-F. Tréguier. On s'oriente vers le co-financement. Pour que l'Etat mette du financement, il faudra que l'éleveur mette la même chose. Ce sera un élément essentiel du débat des états généraux du sanitaire.


Passerelles animal/végétal et inter-espèces

Pour P. Le Provost, " il faut apprendre à travailler, d'une part, en commun entre les filières, d'autre part, sur les liens et les relations très fortes entre sanitaire animal et végétal. Pour plusieurs raisons. Actuelle-ment, au niveau de l'Etat, la gestion est commune, par la DGAL, de l'ensemble des filières, qu'elles soient végétales ou  animales. Mais on s'aperçoit surtout qu'il existe des incidences entre les aspects sanitaires des végétaux et les conséquences sur les animaux. De plus, les élevages de nos régions deviennent multi-productions. Les outils grossissent en porc, bovin et volaille. Or, les contaminants franchissent de plus en plus la barrière des espèces. Il est donc indispensable d'avoir un niveau transversal sanitaire inter-espèces. Ce maillon nous manque. On est relativement bien organisés dans chaque espèce et il faut créer le lien. C'est un des des éléments de la LMA".  
Les 80 délégués du grand Ouest présents à Vannes font tous le même constat : "avec une  situation économique plus difficile, le sanitaire reste un argument économique essentiel". Les responsables du grand Ouest ont donc, en deux jours, dressé une politique et une organisation pour leur région en matière sanitaire, une politique qui puise sa motivation dans le pessimisme ambiant, pour trouver des solutions et des économies nouvelles autour de mots clefs : investissements, recherche, mutualisation, efficacité.

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