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Le groupe, une façon de progresser en toute convivialité

À peine installée en production porcine à Baye (29), Virginie Penven a aussitôt rejoint Agriculture au féminin. Aujourd'hui, co-présidente du groupe Résagri Aven Laïta, elle en apprécie le côté professionnel, qui lui permet de continuer à apprendre sur de nombreux sujets. Et l'aspect plus convivial, qui lui donne l'occasion de partager de bons moments et de mieux connaître ses voisines agricultrices.

Productrice de porcs à Baye, Virginie Penven a adhéré au groupe Agriculture au féminin peu après son installation.

Fille de producteurs de lait, Virginie Penven a toujours imaginé s'installer en agriculture. "J'ai fait mes études en lait. Et quelques petits boulots en porc pendant l'été m'ont fait découvrir une production qui m'a bien plu". Quand une opportunité se présente, avec l'arrêt d'activité d'un producteur de porcs sur Baye, c'est sans hésiter, qu'avec son conjoint, elle décide de reprendre l'élevage. "Au début, ça n'a pas été simple, reconnaît la jeune femme. Mais nous avons été bien entourés, par mes parents, le groupement...". Et 14 ans et quatre enfants plus tard, le couple s'épanouit dans son métier.

 

Décider

14 ans, c'est aussi, ou peu s'en faut, le nombre d'années depuis lequel Virginie participe aux travaux de la commission agricultrices, rebaptisée depuis Agriculture au féminin. "J'ai toujours vu ma mère y adhérer. Ça m'a donné envie".

Sur le secteur Résagri Aven-Laïta, elle compte une bonne quinzaine de femmes, qui se retrouvent trois fois par an, "plus ou moins nombreuses, en fonction des disponibilités de chacune". Le thème des réunions se décide en groupe. "Nous avons travaillé sur le tri des déchets sur l'exploitation, par exemple, ou sur la facture d'électricité, pour mieux la comprendre". Le plus souvent liés à l'exploitation, certains thèmes peuvent parfois être à cheval avec leur vie personnelle, comme cette initiation à la sophrologie.

Une autre façon de tordre le cou aux idées reçues?

Se former

C'est aussi en groupe que les agricultrices réfléchissent à des thèmes de formation, qui seront ensuite ouvertes à tous, hommes ou femmes. "J'en ai suivi sur la photographie, l'informatique...", énumère l'éleveuse, qui garde encore en mémoire celle sur les premiers secours, qu'elle a particulièrement appréciée. "Piqûre en soignant les animaux, manipulation d'engins... : dans notre vie professionnelle, on est souvent confronté à des accidents. Il est important d'avoir les bons gestes". Animée par des pompiers professionnels, la formation s'est révélée concrète, avec de nombreuses mises en situation. "C'est une de celles qui m'a le plus plu".

 

Casser les codes

À l'occasion de la journée de la femme, chacun des quatre groupes d'agricultrices que compte le Finistère organise une action. "L'an passé, nous avons tourné une vidéo sur une agricultrice de Melgven qui réalise les travaux des champs". Une autre façon de tordre le cou aux idées reçues. "Ce n'est pas si courant sur les exploitations. Mais les choses changent ! Les hommes sont désormais plus présents à la maison et auprès des enfants. Et les femmes conduisent le tracteur".

 

Découvrir

Mais le groupe Agriculture au féminin, ce sont aussi des escapades de 2-3 jours, le temps de souffler un peu et de partager un moment d'échanges. "Nous sommes parties dans la région de Saumur, à Nantes, en forêt de Brocéliande...". Et même à Brest, où elles ont visité une cactuseraie et l'élevage d'insectes de Savéol. Avec toujours le même objectif, "découvrir des choses qu'on ne connaît pas".

Au niveau départemental, la commission Agriculture au féminin permet les échanges entre groupes locaux. "Et nous permet de belles rencontres", indique Virginie Penven, en évoquant Béatrice Le Gall, dirigeante des remorques Rolland, ou Nadine Bertholom, des cirés Guy Cotten, avec qui elles vont bientôt échanger. "Nous avons aussi eu l'occasion de rencontrer un groupe de femmes belges".

 

Dans la bonne humeur

En fin d'année, les agricultrices d'Aven Laïta essaient aussi d'organiser un repas. "Même si c'est avant tout un groupe de travail, la convivialité et la bonne humeur ont toute leur place, estime Virginie. C'est important". Un groupe qui, au gré du temps, "m'a apporté du réconfort quand j'en avais besoin". Et, au-delà des formations, lui a beaucoup appris. "C'est une source d'information. Et nous profitons des expériences des unes et des autres, ce qui nous permet de progresser". Enfin, le groupe lui a permis de tisser des liens près de chez elle. "Mes études au lycée de la Touche, à Ploërmel (56), m'ont un peu éloigné. Et je ne connaissais pas forcément les agricultrices et agriculteurs du secteur".

 

Convaincre

Voilà trois ans maintenant que Virginie assume la co-présidence du groupe Résagri Aven Laïta avec Florence Berthou, productrice de lait à Pont Aven. "Ça permet de partager le boulot, affirme la jeune femme. Et avec deux avis, on est plus constructif". Le challenge du groupe est maintenant de parvenir à étoffer ses rangs, en motivant toutes les générations à le rejoindre. "Même si, entre jeunes enfants et installation récente, c'est sans doute plus compliqué pour les jeunes femmes de se libérer. À nous de leur donner envie".

 

 

 

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