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Le haras de la Haie Neuve couve les futurs cracks de demain

Depuis janvier 2018, Tangi Saliou est le nouveau propriétaire du haras de la Haie Neuve, à Mondevert (35). Une suite logique pour ce passionné de chevaux de courses, qui est notamment passé par les haras nationaux, qui a occupé la direction technique du haras de Montaigu pendant six ans, et qui sera bientôt rejoint par son épouse Dorothée.

Pédro the great, Whitecliffsoffdover, Magnéticjim. Si vous n'êtes pas passionnés par les compétitions équestres, ces noms ne vous évoqueront rien. Pourtant dans le monde du cheval, ces étalons, pur-sang anglais, sont reconnus comme faisant partie des tous meilleurs. Et ils sont donc tous les trois pensionnaires du haras de la Haie Neuve, propriété de Tangi Saliou depuis janvier 2018. Originaire du Morbihan, ce dernier est passionné par les chevaux depuis ses 14 ans. Il a travaillé en France et à l'étranger, dans de gros élevages, en Allemagne et en Angleterre notamment. En 2003, il intègre les haras nationaux, où il acquiert le bagage technique de la reproduction. En 2011, il prend la direction technique du haras de Montaigu, référence en la matière. Il y restera donc six ans, avant à son tour de s'installer à Mondevert. "Je connaissais le haras de la Haie Neuve et ses propriétaires, Alain et Anne Marie Reignier", explique Tangi Saliou. À l'origine, le couple était producteur de porcs, avant de se diversifier dans les chevaux de course, et finalement faire de leur exploitation une structure performante d'élevage et de préparation aux ventes.

Le haras compte aujourd'hui 68 hectares, 60 boxes, 45 poulinières et quatre étalons. Ainsi, pour la saison 2019, un nouvel étalon a rejoint le haras. Il s'agit de Seahenge, un fils de Scat Daddy, qui appartient au courtier Coolmore pour ce qui sera donc un partenariat franco irlandais.

 

350 juments saillies

Le monde du cheval est complexe à appréhender et peut être encore plus quand on parle des chevaux de course, mais une année au haras de la Haie Neuve, comment ça se déroule concrètement ? "De janvier à juillet, c'est l'époque des saillies et des poulinages", témoigne Tangi Saliou. Et pour la première année, le nouveau propriétaire et ses trois salariés n'ont pas ménagé leur peine avec 350 juments saillies !

À partir du mois de juillet, c'est l'époque de la préparation des poulains qui ont un an pour les ventes de "yearling". Les chevaux passent alors des prés au box, avec chaque jour 30 minutes de marche dans le manège et 15 minutes de marche "en main". Les clients, eux, sont principalement des entraîneurs français. "Les ressources du haras proviennent pour un tiers de la vente de saillies (ndlr : le haras a des parts dans les étalons), pour un tiers de la vente des produits de l'élevage et pour un tiers de la pension", détaille Tangi Saliou.

Pour son installation et la transaction, Tangi Saliou est donc passé par l'intermédiaire de la Safer (lire encadré), un organisme qu'il connaissait déjà en tant que fils d'agriculteur. "Mon père avait acheté dans les années 70 par l'intermédiaire de la Safer, donc je connaissais déjà l'organisme et le travail de la chambre d'agriculture. C'est bien, car ça permet de cadrer les choses", conclut l'éleveur.

 

 

Pour la Safer, une première sur le département

La filière équine génère de l'emploi. C'est une des raisons qui a conduit la Safer a créer un groupe de travail national sur le sujet, avec l'idée d'avoir des référents équins par région. Pour la Bretagne, c'est Cyrille Balouard qui suit ces dossiers et qui a donc traité celui du haras de la Haie Neuve. "Sur le département, c'est la première fois que l'on avait un dossier sur un outil d'élevage à transmettre", explique le conseiller foncier à la Safer Bretagne. La structure est intervenue en amont du dossier, à la demande du cédant Alain Reignier, pour faire une évaluation. La volonté était de transmettre l'outil dans son intégralité, même si la spécificité d'une telle structure d'exploitation se prête plus difficilement à un passage des terres vers l'agrandissement d'exploitations agricoles. "Nous avons ensuite rencontré chaque propriétaire des terres pour connaître le devenir de leur propriété dans le cadre d’une transmission. Ainsi, nous leur avons proposé l’outil de l'intermédiation locative dans l'idée de conserver l'exploitation telle qu'elle était pour permettre une installation", ajoute Cyrille Ballouard, qui a également apporté un soutien dans les démarches administratives, comme la rédaction des contrats de vente et des baux.  Si ce type de dossier est plutôt atypique dans la région, il correspond aussi aux missions de la Safer, qui est d'ailleurs présente dans les différents salons équins.

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