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Rolland, Sill, Laïta
Le lait bout !

Jeudi et vendredi, les trois entreprises ont reçu la visite de producteurs en colère, venus réclamer une augmentation du prix du lait de 30 €/1 000 litres.

Pas d'accord sur le prix chez Rolland

Reconnue OP, organisation de producteurs, l'association des éleveurs Rolland est désormais mandatée pour négocier le prix du lait avec la laiterie. "Mais, malgré deux réunions, fin décembre et début février, nous ne sommes pas parvenus à un accord", relate Christian Le Nan, son président. Alors que l'entreprise s'en tient aux indicateurs du Cniel, pour un prix de base à 314,20 €/1 000 l, les producteurs réclament 346,62 € et ont donc établi une facture rectificative de 32,42 €, facture qu'ils sont une bonne cinquantaine, sur les 76 adhérents de l'OP, à être venus remettre, jeudi dernier, aux responsables de l'entreprise Rolland.

En l'absence de Lionel Rolland, en déplacement, c'est Denis Gasparini, directeur industriel et responsable du site de production, qui a reçu les éleveurs. "Nos coûts de production sont plus proches des 395 €, détaille Christian Le Nan en évoquant, notamment, la flambée du coût de l'alimentation. Nous demandons un effort de l'entreprise". "Si on avait pu augmenter le prix du lait, on l'aurait fait, répond Caroline Guéguen. Mais le contexte économique ne nous le permet pas". Et la responsable des achats de revenir sur la concurrence qui règne sur le marché des produits laitiers et l'impossibilité de passer des hausses auprès de la grande distribution. "Augmenter le prix du lait de 30 € mettrait en péril notre activité". Un discours que les producteurs ont du mal à entendre. "La nôtre, aussi, est en péril. Pourquoi le producteur doit-il toujours être variable d'ajustement pour toute la filière ?" "Notre avenir est lié, rappelle Christian Le Nan aux responsables de l'entreprise. A ce rythme-là, vous n'aurez bientôt plus de lait". Et ce n'est pas le prix annoncé pour février, 317 €, qui devrait apaiser les producteurs. "On reviendra".

 

 

Deux factures rectificatives à la Sill

Vendredi matin, ils sont plus d'une centaine d'adhérents de l'association des producteurs de lait du Léon et du Trégor à se retrouver à la Sill. "Nos charges ont flambé : on ne peut plus faire du lait à ce prix-là", affirme Noël Le Roux, le président. Ici, les éleveurs sont venus avec une banderole, "producteurs laitiers en péril, industriels indifférents", qui clame leur désarroi. Mais, pour ce qui le concerne, Gilles Falc'hun, le PDG de l'entreprise, n'est pas d'accord. "Tous les jours, on essaie de se battre sur le marché français et à l'export. Mais ce n'est pas facile".

Constatant une augmentation des demandes d'acompte de la part des producteurs, il s'avoue inquiet. "On sait que les trésoreries sont tendues". Pour 2013, il espère une augmentation du prix du lait de l'ordre de 5%. "Mais ce n'est qu'une prévision ! Depuis 15 jours, les marchés se dégradent. Et ce n'était pas prévu".

Ici aussi, les producteurs ont apporté leurs factures rectificatives, 31,38 € pour le mois de janvier 2013 et 3€ sur l'ensemble de l'année 2012. "Je ne peux pas répercuter 30 € sur nos prix de vente, explique Gilles Falc'hun. Sinon, la grande distribution ira s'approvisionner ailleurs". Pourtant, les producteurs l'ont calculé, une telle augmentation ne représente que 2 cts/litre de lait UHT. "La ménagère ne le sentirait pas".

 

 

Les JA à Laïta

Deux heures plus tard, c'est avec tracteurs et remorques que les Jeunes agriculteurs arrivent au siège de Laïta, à Gouesnou. "Le soja est passé de 280 à 550 €/t, le blé reste à 240 €/t, détaille Sébastien Louzaouen, co-responsable du groupe lait. Nos coûts de production ont grimpé à 350 €/1 000 l de lait, hors rémunération, et on est payé 315 €. Il nous faut immédiatement 30 € de plus. Et que le prix du lait tienne compte de nos coûts de production". "On est dans un marché, répond Guy Le Bars, administrateur de Laïta. On a vu ce que ça a donné, en 2009, quand la France s'en est déconnectée : le lait est venu d'ailleurs. Et on a perdu des marchés". Mais le président d'Even dénonce aussi une réglementation franco-française qui pèse sur les coûts de production : bassins versants contentieux, bassins versants algues vertes... S'il reconnaît les difficultés des producteurs, il fait aussi valoir les efforts de la coopérative. "Laïta n'a jamais décroché son prix. On essaie de passer des hausses auprès de nos clients. Une augmentation de 15 € est jouable, pas 30". Une réponse loin de satisfaire des éleveurs qui viennent tout juste de s'installer et doivent faire face à de lourdes annuités. "La colère monte dans les campagnes".

 

A Quimper aussi

 

 

En-dehors de tout mot d'ordre syndical, 300 producteurs sont venus jusqu'à Quimper avec 70 tracteurs le lundi 18 février. Une mobilisation qui en dit long sur l'inquiétude des éleveurs ! Après avoir stationné devant la laiterie Sodiaal pendant une bonne partie de l'après-midi, ils se sont rendus en cortège jusqu'au centre-ville, tandis qu'une délégation était reçue par le Préfet. Si les producteurs de lait étaient majoritaires, il y avait également des producteurs de porcs ou de volailles, dénonçant tous la hausse de leurs coûts de production et l'impossibilité de la répercuter auprès des acheteurs de leurs produits. En fin de journée, le mobilier urbain a fait les frais de leur colère.

 

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