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Le lapin, cet herbivore méconnu

Un rongeur ? Et bien non. Le lapin que 130 producteurs élèvent en Bretagne n'en est pas un. C'est un lagomorphe... Une des informations découvertes par le groupe d'éleveurs de lapins d'IdéA, récemment formé sur la région du Faouët, grâce au spécialiste de sa nutrition, Thierry Gidenne, de l'Inra de Toulouse.

J'ai appris que le lapin fait l'objet d'un interdit alimentaire, qu'il n'est pas un rongeur...", pourtant Yolande Guéguen, qui cherche à transmettre son élevage de 460 boîtes à nid, à Guern, dans le Morbihan, connaît l'animal sur le bout des doigts. Elle l'élève, avec soin, depuis plus de 35 ans dans cette petite filière. Et elle ne cache pas son intérêt pour cette réunion où se sont retrouvés dix autres éleveurs, y compris du Finistère, au Faouët (56). Ce, à l'invitation d'IdéA, ex GVA du secteur.  "Pour sortir un peu de notre isolement, échanger, s'informer et progresser, nous avons remonté un groupe entre éleveurs. On a déjà fait venir une éthologue, visité quelques élevages. Nous avions besoin de faire le point sur la nutrition du lapin", note Pascal Masschelein, à l'initiative du projet, éleveur depuis 1984, réinstallé en Bretagne depuis dix ans avec 640 boîtes à nid et 2 000 m² de volaille. Et c'est au spécialiste de la question, Thierry Gidenne, chercheur à l'Inra de Toulouse, qu'ils ont fait appel pour améliorer leurs connaissances.

Éleveurs toujours plus techniques

Car face à la chute des cours depuis cet été, "il faut continuer à être très technique, c'est la condition pour s'en sortir aujourd'hui, ne pas avoir de problème sanitaire", appuie Yolande Guéguen. "On a connu 1,34 euro du kilo de poids vif cet été, c'est bien en dessous de notre prix de revient. On a sorti trois lots comme cela. Je n'ai pas connu ça depuis 22 ans", glisse Pascal Masschelein, pour qui, continuer à progresser techniquement est incontournable. "On a besoin de se former pour cela". Et face aux épisodes sanitaires, "dont des cas de VHD d'une violence inouïe", confirmera Éric Guillermic, directeur du groupement Celtalliance Syprolap qui rassemble 50 éleveurs en Bretagne, "il faut une conduite d'hygiène rigoureuse, des règles de nettoyage et de vide sanitaire et choisir vos reproducteurs, avoir une bonne qualité d'eau. L'aliment est un plus mais il y a une base de pratiques courantes et d'observation de vos animaux incontournable", résumera Thierry Gidenne en balayant en une journée, son cours de cuniculture, celui qu'il prodigue aux élèves ingénieurs, notamment sur les stratégies d'alimentation et les bilans de la restriction. Une méthode qui a fait ses preuves pour réduire les risques de troubles digestifs chez le lapin en croissance.

 

Le saviez-vous ?

Le lapin est le seul mammifère domestiqué dont l'origine est localisée en Europe du Sud-Ouest. Ses plus vieux restes, datés de - 6 millions d'années, ont été découverts en Andalousie, en Espagne. Au Néolithique, 7 à 8 000 ans av-JC, le lapin constitue l'essentiel de la nourriture carnée des hommes qui vivent en Provence. 
Le lapin n'est pas un rongeur, il s'en distingue par le nombre de ses incisives supérieures qui est de quatre, deux paires l'une derrière l'autre, contre deux incisives chez le rongeur. Le lapin appartient à l'ordre des logomorphes. 
Le lapin fait l'objet d'un interdit alimentaire et sa consommation est prohibée dans la religion juive qui le considère comme un ruminant. On doit l'élevage du lapin aux moines au VIe siècle. En effet, les laurices, fœtus du lapin directement retirés du ventre de la lapine, tirés donc du liquide amniotique, étaient alors considérés par l'Église catholique d'origine aquatique : ils pouvaient donc être mangés en période de Carême, puis ce fut le cas des nouveaux-nés, favorisant l'élevage en garenne et clapiers. 
Il ne transpire pas. Il se ventile grâce à ses oreilles et ses sinus nasaux qui occupent le tiers de son crâne. Ainsi la qualité de l'air ambiant est essentielle pour le lapin qui supporte mal les poussières car il respire exclusivement par le nez. 
Il a une digestion très complexe et fait deux types de crottes dont les caecotrophes, entièrement consommés pour valoriser les produits issus de la fermentation digestive, protéines et vitamines B et C. La contrepartie : un taux élevé de fibres dans la ration.

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