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Le maraîchage bio : un fort développement en Côtes d'Armor

Le Gab d'Armor a invité des élus des Côtes d'Armor à découvrir le maraîchage diversifié. Le groupement de producteurs AB suit 120 maraîchers dont 50 % installés depuis moins de 5 ans.

A Moustéru, échanges entre Marie Pernot de la Taup'Ecologik et Loïc Roscouët, conseiller départemental délégué à l'agriculture
A Moustéru, échanges entre Marie Pernot de la Taup'Ecologik et Loïc Roscouët, conseiller départemental délégué à l'agriculture
© terra

Entre l'étal des marchés et l'exploitation maraîchère, difficile d'imaginer pour certains la réalité d'une production réalisée sur moins de 10 ha. Marie Pernot et Marc Anquetil de la Taup'Ecologik à Moustéru ont présenté leur système de production à des élus du territoire, parmi eux, Loïc Roscouët, conseiller départemental délégué à l'agriculture. Sur 2 ha de plein champ et 2 000 m² de serre froide, sont cultivés tomates, poireaux, salades, carottes, haricots... Née à Paris dans le XIV ème, Marie Pernot s'est installée avec son coinjont Marc Anquetil, il y a 4 ans en maraîchage diversifié sur une parcelle achetée par sa mère sur la commune de Moustéru. Ni eau, ni électricité, ni bâtiment, le couple est parti de rien pour bâtir une exploitation sur 4,2 ha de terrain. Quatre ans après, ils vivent les premiers moments de sérénité. Charles Souillot, technicien production légumière au Gab 22, fait un bilan de la situation économique : "vous êtes dans les clous de ce qui était prévu au PDE. En 2014, vous êtes à un ratio EBE sur produit de 40 %. C'est quelque chose de classique".

Un métier en fort développement
En moyenne, depuis 2010, 20 % des installations aidées bretonnes sont des installations AB, dont deux tiers d'installations en maraîchage. En 10 ans, le nombre de maraîchers bio a presque triplé (x 2,5) dans les Côtes d'Armor. "Au Gab 22 nous suivons 120 maraîchers. La moitié a moins de 5 ans d'existence", rapporte Charles Souillot. Moins de 10 % des installés arrêtent après 5 années d'activité, essentiellement pour des questions de mauvais calibrage des investissements et de problèmes commerciaux.
Une première année difficile
Le technicien prévient : la première année d'installation, le résultat économique est mauvais. "C'est toujours identique en maraîchage car il faut mettre en place la commercialisation, les serres, le hangar, la production...". Si le système est souvent idéalisé, il faut savoir que la marge de production y est limitée. Pour 10 € de chiffre d'affaires, il faut compter 2,5 € de marge. "En maraîchage diversifié, il y a beaucoup de petites séries qui ne permettent pas la mécanisation", rappelle-t-il. L'autre aspect est la gestion de la charge de travail. Selon les références chiffrées : 50 légumes représentent 300 séries (ou plantations) avec 15 à 20 interventions par série. "A cette période, confirme Marc Anquetil, "nous sommes toujours débordés". A titre d'exemple le déherbage de la carotte, sans mécanisation, atteint 1 500 heures par ha contre 100 heures avec des outils mécanisés. Reste que la mécanisation intervient après plusieurs années, une fois le système en place, selon la taille de l'exploitation, la taille des séries, la rentabilité économique, le type de cultures...."Développer la voilure avec des investissements progressifs les 5 premières années permet de mettre tous les atouts de son côté", rappelle le Gab 22.

Des projets d'avenir
Les producteurs dès le départ ont privilégié le travail sur la commercialisation des produits. Au début, ils ont volontairement mutiplié les lieux de vente directe. Aujourd'hui, ils se concentrent sur les points de vente les plus rentables. Marchés de Lannion, de Guingamp, vente à la ferme, Biocoop..., la logistique et le temps de travail sont analysés en fonction du chiffre d'affaires."Ici,la vente représente 18 heures par semaine sans la préparation. Le but est d'atteindre 100 € de CA par heure de vente car cela permet de rémunérer derrière le temps de culture et de préparation. Ici, les producteurs sont en passe d'y arriver", indique Charles Souillot.
Les maraîchers, plus sereins, regardent l'avenir. Un des objectifs est maintenant l'installation de Marc Anquetil, actuellement conjoint collaborateur. "Je cherche à m'installer sur 3 ha", dit-il,"ce qui permettrait l'embauche d'un salarié". Une exploitation maraîchère de 5-6 ha permet de nourrir 3 personnes, confirme-t-on au Gab 22. Mais la crainte du couple est de ne pas trouver de foncier à proximité. Pour le Gab 22, il est important que les collectivités territoriales créént des zones permettant l'installation de petits projets agricoles à haute valeurs environnementales et sociales. Un appui commercial est également demandé : place sur les marchés, création de marchés en soirée ou financement de signalitique par exemple.

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