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SPACE
Le ministre au chevet de l'élevage

Une rallonge d'aides de 30 millions d'euros pour les plus en difficulté, un plan de développement de 300 millions d'euros sur trois ans pour les filières porc bovin et lait, un versement anticipé des aides PAC et la promesse d'une vision commune franco-allemande de l'avenir de la PAC, le ministre de l'Agriculture a annoncé mardi sur le Space une série de mesures d'envergure pour sortir les éleveurs de la crise.

Le ministre de l'Agricullture reçu sur le Space par Jean-Michel Lemetayer.
Le ministre de l'Agricullture reçu sur le Space par Jean-Michel Lemetayer.
© Terra

Plus de 1 200 exposants présents, 100 000 visiteurs professionnels attendus, le 24e Space qui se déroulait cette semaine à Rennes promettait une nouvelle fois d'être un bon cru, dans un contexte agricole pourtant plus tendu que jamais. D'où une ambiance plombée, mardi, pour une première journée inaugurale... sans inauguration, marquée par de multiples altercations et des saccages très ciblés totalement inédits en 23 ans de Space. Au même moment ou presque, le ministre de l'Agriculture annonçait de son coté, dans un lieu préservée des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants, une centaine, pas plus, rassemblés devant la salle de conférence, un plan de développement de l'agriculture tout aussi inédit de 300 millions d'euros, destinés à remettre les filières porcine, bovine et laitière dans le droit chemin, celui d'une compétitivité retrouvée. Annonces encore, une rallonge de 30 millions d'euros d'aides aux agriculteurs les plus en difficulté, ainsi que le versement  imminent - et donc avancé au 16 octobre -  des aides PAC, afin d'atténuer les problèmes de trésorerie des éleveurs. Bruno Le Maire se savait attendu, y compris par le président du Space, Jean-Michel Lemétayer, qui l'avait accueilli en rappelant la situation explosive de l'agriculture. Il a donc répondu à hauteur de la crise "sans précédent" du secteur et dans un cadre budgétaire de l'Etat très serré.

 

"Affirmer notre modèle agricole"

On y verra donc comme l'ambition du gouvernement et du chef de l'Exécutif de miser sur l'agriculture pour l'avenir, y compris à l'échelle européenne. Bruno Le Maire s'est, à ce titre, livré à un nouvel éloge de la régulation,  rappelant au passage l'action de la France pour faire que cette régulation finisse par s'imposer dans la future PAC. "Le libéralisme n'est pas une erreur, c'est une faute",  insistait le ministre après avoir évoqué "une certaine idée" de l'agriculture française, "diversifiée", "durable", "un cap fixé par le Président de la République, mais qui doit être tenu en tenant compte de la réalité économique des producteurs comme de la concurrence européenne"... et notamment allemande aura-t-on compris. D'où la volonté du ministre de "faire un moratoire sur les nouvelles règles environnementales", de  "se donner du temps pour appliquer certaines décisions antérieures à la crise", ou encore pour que "cesse le feuilleton à répétition du 44 tonnes". "Si nous sommes compétitifs tout au long de la filière agricole, du producteur jusqu'au transformateur, nous pourrons non seulement sauver mais surtout affirmer notre modèle agricole", ajoutait aussi Bruno Le Maire.

Inacceptable

Plusieurs stands ont été mis à sac hier. "En tant que responsable du Space, ce qui s'est passé aujourd'hui est inacceptable. Et c'est pour nous un devoir de permettre aux exposants de travailler normalement", a déclaré Jean-Michel Lemétayer, lors d'une conférence de presse, à l'issue des incidents. Et d'ajouter : "le salon n'est pas un lieu d'exercice syndical et je n'ai jamais vu en Europe ou dans le monde des paysans casser des paysans. On peut avoir des divergences d'opinion, mais s'affronter les uns les autres c'est impensable !". Des propos que le commissaire général, Paul Kerdraon, a corroboré en indiquant que le "Space n'est pas le lieu où devrait s'exprimer les divergences. Le salon est un peu victime de son succès, mais détruire des stands, ce n'est pas la meilleure solution pour défendre l'élevage".

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