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ENTREMONT-ALLIANCE
Le ministre reprend la main

En venant annoncer lundi matin à Lanouée, petite commune du centre Morbihan, un prix négocié de 245 euros les 1000 litres de lait payé par Entremont-Alliance pour les mois de juillet et d'août, le nouveau ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche, Bruno Le Maire, espère ramener le calme dans les campagnes. Un temps qu'il juge nécessaire pour trouver une solution durable intégrant et la restructuration industrielle de l'entreprise et la mise sur pied d'une contractualisation, avec calendrier à la clé.

D'abord dans la petite salle de la cantine de Lanouée, où étaient conviés autour d'une même table, élus, syndicats agricoles et représentants de la filière, puis devant 400 producteurs laitiers, massés dans la salle des fêtes de la commune de 1 700 âmes, Bruno Le Maire a tenté de con-vaincre. Convaincre sur un schéma de résolution du conflit Entremont dont nul ne pourra lui reprocher de ne pas en avoir pris la mesure, dès son entrée au gouvernement, il y a tout juste un mois. En début d'après-midi, c'est sur le site de l'entreprise à Missiriac qu'il prolongeait sa venue.

Une contractualisation voulue par le gouvernement

Son plan d'actions tient en trois points. Un prix "de compromis négocié" : 245 euros des 1000 l sur les mois de juillet et août. "J'ai bien conscience que ce n'est pas formidable, a-t-il répété, mais cela reste acceptable et décent". Une solution transitoire pour donner un peu de temps à la recherche de "solutions plus durables".  Solutions qui passent, pour le ministre, par la restructuration industrielle de l'entreprise d'ici la fin août et par la mise sur pied d'une contractualisation. "Il s'agit de définir un contrat juste et équilibré dans l'intérêt des deux parties avec des règles nationales", a-t-il précisé en donnant comme date butoir, celle du premier octobre. "J'ai demandé des premiers résultats pour cette date. Si ça n'a pas avancé, les pouvoirs publics reprendront la main", a mis en garde Bruno Le Maire espérant persuader de l'intérêt "d'une stratégie collective. Personne ne s'en sortira seul".

"Pas moins que les quotas, mieux que les quotas"

Troisième flèche à son arc, le ministre affirme vouloir plus de régulation des marchés "pas moins que les quotas mais mieux que les quotas". Pas question pour lui de se battre  "sur un mécanisme dont on a décidé la disparition à 27", prévient-il devant une salle en attente de réponse concrète, y compris sur les 30 millions d'aides débloquées à la trésorerie ou sur des délais supplémentaires (report de cotisations sociales, mises aux normes). Un groupe de réflexion franco-allemand serait au travail sur la question de la régulation. "Nous aurons d'avantage de force si nous trouvons une solution commune pour négocier face à la Commission", explique le ministre face à une salle en prise au doute. Et les producteurs ne manqueront pas de lui rappeler qu'ils ne veulent pas d'une "contractualisation qui ressemble à de l'intégration".
Sans doute y avait-t-il urgence, après un an de tension sur le terrain du lait, à voir le calme revenir dans les campagnes. Les solutions proposées seront-elles à la mesure de l'attente ? A voir dans leurs applications concrètes.

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