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Le Pacte d'avenir : "nous avons besoin de régions fortes"

Il est venu, il a vu, il a signé. Rendons à César ce qui lui appartient et à Jean-Marc Ayrault le Pacte d'avenir de la Bretagne. Ceux qui attendaient de grandes annonces ont peut être été déçus mais au-delà des engagements, c'est sa méthode que le chef du gouvernement est venu défendre, tout en s'engageant à une plus grande décentralisation.

CRS, gendarmerie, police municipale... La venue de 5 ministres à Rennes n'est pas passée inaperçue dans un quartier de Villejean, cerné par les forces de l'ordre. En signant le Pacte d'avenir, le gouvernement entend répondre à la crise que traverse la Bretagne, et notamment une partie de son secteur agroalimentaire. "Après 40 ans d'un décollage économique spectaculaire, qui l'a propulsée au premier rang des régions les plus dynamiques de notre pays, la Bretagne vient d'être frappée dans le cœur même de ce qui a fait sa prospérité ; l’agroalimentaire, l'automobile, mais aussi les télécommunications", a d'abord rappelé Jean-Marc Ayrault. Avant de répondre aux critiques qui voient dans ce pacte un document "parisien" : "c'est ici qu'il a été conçu, en Bretagne, et pour la Bretagne. Il formalise vos projets, définit vos priorités et surtout il traduit votre vision de l'avenir de la région". Sur la question agricole et agroalimentaire, l'enjeu est de redonner un nouveau souffle à ces secteurs. Le Premier ministre estime que "des erreurs stratégiques ont été faites. Il s'agit d'accélérer les dynamiques positives d'évolution et d'avancer rapidement en matière d'agro-écologie, de modernisation des outils de production, d’innovation et de diversification des débouchés". Au sujet des simplifications administratives, le chef du gouvernement a rappelé l'entrée en vigueur du nouveau régime d'enregistrement des élevages porcins au 1er janvier 2014, un engagement qui avait été pris lors du dernier Space. "Si nous aidons notre agriculture, c'est parce que nous croyons à son avenir. Le modèle breton est bien vivant, même si comme tous les modèles, il doit évoluer, s'adapter aux nouveaux enjeux économiques et environnementaux", a encore souligné le Premier Ministre, qui se refuse à opposer environnement et performance économique, estimant que  "c'est une erreur grave d'opposer les professionnels de l'agriculture et les défenseurs de l'environnement".  Pas de grandes annonces donc, en dehors des mesures déjà annoncées pour l'agriculture. Mais au-delà du Pacte d'avenir, le discours de Jean-Marc Ayrault a surtout trouvé un écho favorable auprès des invités qui avaient rempli l'amphithéâtre de l'école des hautes études de la santé, quand il a abordé la question de la décentralisation régionale. "Nous avons besoin de régions fortes. Le deuxième projet de loi porté par Marylise Lebranchu qui concerne les régions et les départements doit en être l'occasion. Je suis favorable à ce qu'il aille encore plus loin dans cette direction", a encouragé le Premier Ministre. La décentralisation, oui mais en tenant compte de la diversité des territoires. Et Jean-Marc Ayrault de conclure : "ce qui peut être utile en Bretagne ne l'est peut être pas dans toutes les régions et je souhaite donc que l'on expérimente des modes d'organisation innovants, ou l'exercice différencié de certaines compétences". Le pacte d'avenir est désormais signé, dorénavant tous les regards se portent sur sa mise en œuvre.

 

Arnaud Marlet

Ça cogitera sous les bonnets

Les leaders du collectif "vivre décider et travailler au pays", les "bonnets rouges", n'ont pas assisté au discours de Jean-Marc Ayrault. Installés sur les marches du parlement de Bretagne, Thierry Merret et Christian Troadec (photo) n'avaient pas de mots assez durs pour ce Pacte d'avenir requalifié de pacte d'abandon, "tout a été fait dans la précipitation", "décidé à Paris". Ce pacte "ne répond pas aux attentes de la Bretagne". Pour autant, le mouvement ne s'arrête pas là, mais il décide de passer à d'autres modalités d'actions.  Après avoir mis en place des comités locaux, il lancera pour le premier trimestre 2014 des états généraux de la Bretagne, avec l'écriture de cahiers de doléance. Vendredi pour la conférence de presse les responsables n'arboraient pas leur bonnet rouge. Mais ce n'est pas pour autant qu'il ne peut pas ressortir du tiroir !

Jean Dubé

Le siège d'Ifremer transféré à Brest

C'est sous les applaudissements que Jean-Marc Ayrault a annoncé vouloir renforcer le pôle Mer à Brest. "J'ai décidé de transférer le siège social de Paris à Brest. Bien sûr, les personnels seront associés, l'essentiel étant que les décisions stratégiques se prennent dorénavant ici, en Bretagne. Brest doit s'affirmer comme un pôle mondial des sciences et technologies marines. C'est un atout majeur pour la France, à un moment où nous nous engageons dans la transition écologique et où les grandes nations consacrent des sommes considérables à l'exploration des grands fonds marins", a souligné le chef du gouvernement.

 

La charte des langues régionales

La Bretagne réclamait depuis des années la ratification de la charte européenne des langues régionales. "Plusieurs propositions de loi ont été récemment déposées ou sont en voie de l'être", a expliqué Jean-Marc Ayrault, annonçant également que "le gouvernement inscrira à l'ordre du jour prioritaire de l'Assemblée Nationale, la proposition de loi déposée par la majorité. Et j'appelle tous ceux qui y sont favorables à se trouver pour la soutenir, au-delà des clivages partisans. Le gouvernement vous apportera son soutien, c'est un engagement que nous avons pris et nous le tiendrons !"



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