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FUSION COOPAGRI, CAM 56, EOLYS
Le paysage coopératif change en Bretagne

Coopagri Bretagne, l'union Eolys et la CAM 56 disparaissent au profit d'une nouvelle coopérative. La fusion de l'ensemble de leurs activités, annoncée le 25 février, marque un tournant dans l'histoire des coopératives bretonnes.

Au premier plan : Bernard Bousso, président CAM56, Denis Manac'h, président de Coopagri Bretagne, Gilles Bars, vice-président Eolys et Yannick Perquis, président Eolys Au second plan : Philippe Michard, DG CAM 56, Jean-Bernard Solliec, DG Coopagri Bretagne, Dominique Ciccone, DG adjoint Coopagri et Patrice Leloup, DG Eolys
Au premier plan : Bernard Bousso, président CAM56, Denis Manac'h, président de Coopagri Bretagne, Gilles Bars, vice-président Eolys et Yannick Perquis, président Eolys Au second plan : Philippe Michard, DG CAM 56, Jean-Bernard Solliec, DG Coopagri Bretagne, Dominique Ciccone, DG adjoint Coopagri et Patrice Leloup, DG Eolys
© Terra

On ne connaît pas encore le nom de cette nouvelle coopérative, dont la naissance ne pourra être définitivement actée avant le 11 juin, date des assemblées générales extraordinaires des trois entités Coopagri Bretagne (CA 1,95 milliards euros), Union Eolys (CA 596 millions euros) et Coopérative des agriculteurs du Morbihan (294 millions euros). Mais un gros travail est d'ores et déjà mené afin que ce géant en devenir - 20 000 adhérents et 2,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans les domaines de l'agriculture, l'agroalimentaire et de la distribution verte - soit fonctionnel au deuxième semestre 2010.

 

La crise précipite le rapprochement

Des morceaux d'histoire communs ont permis aux coopératives de passer très vite à l'action. Coopagri Bretagne et la CAM 56 s'étaient déjà rapprochés en 2008 dans le domaine des céréales, de l'agrofourniture et de la distribution verte. Entre Coopagri Bretagne et Eolys, "plutôt des adversaires frontaux historiquement, mais proches sur le plan des valeurs", observe Jean-Bernard Solliec, directeur général de Coopagri Bretagne, c'est la crise qui a précipité le rapprochement des structures. Elles ont commencé à évoquer la fusion en septembre dernier. "Face à un revenu en baisse et des mutations conséquentes dans le secteur agricole, nos coopératives devaient évoluer", estime Patrice Leloup, DG de l'Union Eolys. "Il n'y a pas une réunion où les agriculteurs nous interpellent sur la cohérence de nos structures, ajoute Gilles Bars, vice-président d'Eolys. Ce serait une erreur de ne pas les écouter ou de se dire qu'on a encore le temps". Ainsi la fusion a été bien accueillie par les trois conseils d'administration. "Alors qu'ils n'étaient au courant du projet que depuis un mois, leur vote a été unanime. Cela montre qu'il était enfin temps de faire cette fusion", remarque Denis Manac'h, président de Coopagri Bretagne.

 

Plus d'efficacité au service des agriculteurs

Par cette fusion, les coopératives souhaitent plus d'efficacité et de rentabilité, et ce au service des agriculteurs. "Les agriculteurs ont besoin de structures fortes pour être accompagnés au plan technico-économique", note Bernard Bousso, président de la CAM 56. Et pour son directeur, Philippe Michard, la fusion permettra de "trouver des synergies, développer l'innovation, faire émerger de nouveaux métiers", bref, de redonner de l'ambition à des structures souffrant de la conjoncture depuis plusieurs mois.
La future entité conservera les débouchés existants dans chaque métier. "L'impor-tant est d'avoir des débouchés multiples et pérennes, pour nos adhérents, nos partenaires et clients extérieurs", précise Jean-Bernard Solliec. Dans un premier temps, en tout cas, collectes de lait, récoltes légumières, etc, continueront sur les mêmes schémas, tel ou tel débouché ne pouvant  absorber la totalité de la production de la future coopérative. Question de sécurité aussi. De même, les réseaux de distribution verte, Point Vert et Gamm Vert, seront conservés en parallèle.

La proximité, une valeur commune

CAM 56, Coopagri Bretagne, et Union Eolys ont un souci de "coller au terrain", de "garder la proximité" acquise sur les quatre départements bretons. La nouvelle coopérative comptera 300 sites en Bretagne. Et le futur schéma d'organisation comprendra à la fois des services centralisés (en gestion, la communication…), et une décentralisation territoriale pour tous les métiers qui concernent plus directement les adhérents.
La réorganisation ne sera certes pas neutre sur le plan social, mais "elle sera aidée par les départs en retraite, tempère Dominique Ciccone, DG adjoint de Coopagri Bretagne. Des emplois seront supprimés dans certains métiers, d'autres créés". Malgré un beau projet collectif, des inquiétudes individuelles restent donc à gérer. 6 000 salariés sont concernés. "La réorganisation n'est pas encore ficelée, assure Patrice Leloup. Elle sera construite avec les équipes, dans une logique de rationalisation". Ce dont on est sûr pour l'instant est que le futur schéma d'organisation ne sera celui d'aucune des trois. Avec la fusion, une culture d'entreprise va être réinventée.

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