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ALGUES VERTES
Le plan d'actions agricole

A contre temps de la polémique sur les algues vertes et pour mieux y répondre sur le fond, la profession agricole bretonne fédérée autour d'une nouvelle association "Cap Bretagne" a livré, mardi, le plan de bataille qu'elle souhaiterait voir mis en oeuvre.

André Sergent, Yves-Marie Beaudet, Didier Yon et Danielle Even.
André Sergent, Yves-Marie Beaudet, Didier Yon et Danielle Even.
© Terra

La cible ? Deux bassins versants en Côtes d'Armor, seulement, la Lieue des Grèves (Lannion) et la baie de Saint Brieuc. Les armes? Des mesures agronomiques, des actions curatives, de l'engagement volontaire... et du temps : telle est la proposition faite mardi par Cap Bretagne, fédérant le syndicalisme FDSEA et JA, les organisations économiques à travers l'Union des groupements (UGPVB) et Coop de France Ouest, et le consulaire avec la chambre régionale d'agriculture. L'existence de cette nouvelle structure est en elle-même une première réponse coordonnée et argumentée à la polémique autour du problème des algues vertes et à l'émotion suscitée dans l'opinion, mais aussi au traumatisme vécu par les agriculteurs eux-mêmes, accusés de tous les maux. Inaudibles aux moments les plus tendus de l'affaire, les professionnels de l'agriculture ont donc pris le temps de la réflexion pour élaborer un plan d'actions auquel ils espèrent que les pouvoirs publics donneront suite.
"On a voulu stigmatiser; nous, on veut comprendre et agir. Pas subir", insistait ainsi André Sergent, éleveur de vaches laitières et de porcs au Cap Sizun (29) avant de présenter au côté de Yves Marie Beaudet (producteur d'oeufs), Danielle Even (éleveuse de porcs) et Didier Yon (éleveur de bovins), la stratégie imaginée par le comité.
Sur le bassin versant de la Lieue des Grèves, comptant 170 exploitations, essentiellement orientées lait et bovins sur une SAU à 50% en herbe, les actions envisagées consisteraient en un développement poussé de systèmes encore plus herbagés, impliquant une nouvelle gestion des fourrages et une gestion plus appropriée du foncier. Dans le même temps, ce bassin versant servirait de socle à une démarche de modélisation des systèmes d'exploitation, via une douzaine de fermes pilote en lien avec l'Inra.
Sur le bassin versant de la baie de Saint Brieuc (et ses 5 sous bassins) comptant 1900 exploitations aux caractéristiques très variées, l'accent serait davantage mis sur l'accentuation des pratiques agronomiques, avec un suivi transparent mais volontaire des apports fertilisants. En parallèle, l'orientation vers des cultures pérennes serait encouragée, y compris pour alimenter en biomasse une vingtaine de stations de méthanisation, approvisionnées aussi par de la matière organique issue du ramassage des algues.
On l'aura compris, ce plan d'action limité dans l'espace aux deux bassins versants jugés susceptibles d'expérimentation par le Premier Ministre, lors de sa venue à l'automne, aura un premier mérite, celui d'exister enfin comme une réponse agricole précise aux accusations dont la profession est l'objet. Reste à la voir concrétisée par un accompagnement public. Car ce plan aura un coût, évalué à 60 millions d'euros sur cinq ans.

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