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Le plant de pommes de terre breton progresse

Surface et tonnages progressent. Si le plant de pomme de terre breton se porte bien, Bretagne plants cherche néanmoins à diversifier la palette des nouvelles variétés qui sortent de ses laboratoires pour ne plus miser sur le seul export.

Avec 5 600 ha présentés au contrôle et 5 470 ha acceptés, la production de plants de pommes de terre continue sa progression en Bretagne. Le nombre de planteurs restant stable, 266, les surfaces par exploitation croissent, pour atteindre désormais une moyenne de 21 ha. Le plant biologique, lui aussi, progresse : l'an passé, 27 producteurs ont planté 159 ha et 41 variétés.

48 pays destinataires

Après deux très bonnes années, le rendement brut est en légère diminution, à 37,9 t/ha. Et, sur les 135 000 t de plants produits sur la dernière campagne, 50 500 t sont restées sur le marché français et 82 400 t ont été exportées. "Un chiffre en recul de 8 300 t, essentiellement dû à l'Algérie, qui a réduit ses achats de plants bretons de moitié", détaille Jean-Yves Abgrall, le directeur de Bretagne plants. Parmi les 48 pays destinataires, l'Égypte, 17 300 t, et la Tunisie, 14 600 t, restent les principaux clients, 17 pays dépassant désormais la barre des 1 000 t de plants. "Les variétés protégées continuent leur progression et représentent désormais plus de la moitié des tonnages exportés. Mais Spunta reste la référence sur le Maghreb et le Moyen-Orient".

Des expéditions en progression

Déjà bien entamée, la campagne en cours a enregistré une nouvelle augmentation des surfaces plantées, à 5 800 ha, et du rendement brut, à 42 t/ha. Mais, si les arrachages ont débuté dans de bonnes conditions, les pluies de septembre ont ralenti les chantiers et favorisé reprise de végétation et développement du mildiou. La récolte en conditions humides a permis l'apparition de maladies en conservation, mildiou et pythium.

Démarrées dès septembre, les expéditions ont progressé de 3 000 t sur l'Afrique de l'Ouest et de 2 500 t sur le Moyen-Orient. De même les exportations croissent en Tunisie, et l'Algérie, en forte augmentation, revient aux volumes des campagnes 2014 et 2015. "L'année est moins difficile que prévue, reconnaît Claude Cadiou, du Gopex. Malgré une demande mondiale moyenne, nous avons réussi à écouler 95 % de notre production à ce jour". Une analyse que partage Florimond Desprez, le directeur général de Germicopa. "Les volumes seront là. Mais à cause d'une mauvaise saison en consommation et de la sécheresse qui a sévi chez bon nombre de nos clients, l'année sera contrainte côté prix".

 

Viser le marché de la transformation ?

Cette année, Bretagne plants va inscrire une nouvelle variété, Dacine, au catalogue européen. Deux hybrides débutent leur seconde année de test et quatre sont présentés en première année d'inscription. Si l'export reste toujours le principal créneau de Bretagne plants, l'obtenteur présente régulièrement des variétés destinées au marché de la transformation, chips ou frite.

"La frite, en Belgique, c'est une belle histoire", explique Pierre Lebrun, coordinateur à la Fiwap, l'interprofession wallonne de la pomme de terre. Si le pays compte encore 4 500 baraques à frites, une véritable institution, le pays s'est peu à peu spécialisé dans la production de frites surgelées. Et de 800 000 tonnes en 1994, il devrait bientôt atteindre les 5 millions de tonnes, à destination du marché national mais surtout de l'export, dans pas moins de 140 pays, dont le Brésil, le Japon, les Philippines ou l'Arabie Saoudite. "Le tourisme se développe et les habitudes alimentaires changent".

Mais, si la filière belge s'approvisionne à l'étranger en pommes de terre et en plants, elle limite ses achats, coût du transport oblige, dans un rayon de 300 km autour de ses usines, concentrées au nord et à l'ouest du pays. Une piste à creuser pour les producteurs bretons ?

Avec ses deux usines de Sain-Gérand, dans le Morbihan, et du Pouzin, en Ardèche, Altho utilise 100 000 t de pommes de terre pour produire annuellement 26 000 t de chips. "Des pommes de terre exclusivement françaises, assure Philippe Quennemet, responsable approvisionnement. Dont 75 % proviennent de Bretagne". Mais pas les variétés... "Nous sommes à la recherche d'une variété résistante au mildiou, pour réduire l'IFT, résistante au stress hydrique, capable de se conserver à basse température". Le cahier des charges est fixé...

Un nouveau logo pour Bretagne plants

Bretagne plants a profité de son assemblée générale, le 10 janvier dernier à Landivisiau (29), pour dévoiler son nouveau logo et sa charte graphique. "Une façon d'affirmer notre diversité de gammes, de marchés..., et notre dynamisme", détaille Jean-Yves Abgrall, qui a remplacé Emmanuel Guillery à la direction de Bretagne plants il y a maintenant un an.

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