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Porte-ouverte Aile bois-énergie
Le post-sevrage chauffé au bois plaquette

Chez Loïc et Michèle Colleu, les 1 500 places en post-sevrage sont désormais chauffées au bois plaquette. Le retour sur investissement de la chaudière est estimé à 6 ans avec le bois autoproduit sur l'exploitation. Sans compter que ce mode de chauffage économique contribue à une bonne ambiance du bâtiment.

"On a tendance à plus ventiler car le mode de chauffage est moins coûteux, et l'ambiance s'en ressent", constate Loïc Colleu, naisseur-engraisseur de 480 truies à Merdrignac, équipé depuis juillet dernier d'une chaudière à bois de 100 kW pour le chauffage du post-sevrage. La chaudière, installée à 30 mètres des salles, a été raccordée sur le système d'eau chaude existant. Elle alimente un système de chauffage par ailettes qui consommait auparavant 15 000 litres de fioul par an.

 

Une ressource disponible

Désormais les besoins s'élèvent à 50 tonnes de bois, auxquels s'ajoutent 20 tonnes pour le chauffage d'une maison individuelle et pour l'eau chaude. La quinzaine d'hectares de bois présente sur l'exploitation suffit largement à les approvisionner. "Toute la matière première est encore loin d'être exploitée, relate l'éleveur. 120 tonnes ont été broyées en mars dernier. Et notre objectif est de replanter régulièrement. 2,5 ha l'ont déjà été en saule et bouleau l'an dernier". Le broyage est effectué par entreprise à un coût de 17 €/t.

Les plaquettes sont ensuite stockées en tas sous un abri aéré et bétonné. "Le bois doit être stocké au moins trois mois avant utilisation. Il fermente en atteignant jusqu'à 80°C au cœur du tas, et passe de 50% d'humidité à 25%", indique Marc Le Tréïs, en charge du plan bois énergie Bretagne, à l'association Aile.

 

Silo autonome 15 jours en hiver

Le silo qui alimente automatiquement la chaudière par une vis sans fin, est approvisionné en bois tous les 15 jours durant l'hiver. La puissance de la chaudière a été voulue légèrement surdimensionnée par les éleveurs par rapport à leur production actuelle. "Avec 40 W par porcelet, on peut suffire à tous les besoins et pour les conditions les moins favorables : salle en pignon et température extérieure de -5°C", précise Frédéric Kergourlay, ingénieur porc des chambres d'agriculture de Bretagne. "Les 3 000 litres d'eau du ballon chauffent à 80°C, ajoute Loïc Colleu. La chaudière se met en route une fois par jour en saison intermédiaire".

L'entretien est quant lui peu contraignant. L'éleveur passe environ 15 minutes tous les 15 jours à retirer les cendres. La chaudière est équipée d'un cyclone en sortie pour éviter ces poussières volatiles : 1 tonne de bois consommé produit environ 1 kg de cendres. La machine fait aussi naturellement le mouvement de retour arrière ce qui permet de ne pas avoir à vider entièrement le silo lorsqu'il y a bourrage. Un nettoyage complet de la chaudière est enfin à prévoir annuellement.

L'investissement s'élève ici à 46 000 euros au total, 36 000 euros pour l'installation et le raccordement, et 10 000 euros pour le bâtiment, subventionnés à 30%. Un investissement qui s'avère relativement modéré, compte tenu du système d'eau chaude déjà présent ici dans les bâtiments et de l'existence d'un abri pour le stockage du bois. Avec en outre du bois autoproduit sur l'exploitation, Loïc Colleu calcule à six ans le retour sur investissement. En Bretagne, 55 éleveurs se sont comme lui équipés d'une chaudière bois en production porcine.

 

Audrey Dibet

 

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