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Le préfet répond aux éleveurs

Ni réveil matinal, ni opération escargot… le préfet des Côtes d'Armor s'en sort avec une rencontre avec les responsables syndicaux, FDSEA et JA, et les élus du bureau de la chambre d'agriculture dans le cadre de la journée de mobilisation nationale pour la sauvegarde de l'élevage. Et une décoration : celle de l'autocollant "je soutiens les éleveurs français" apposé sur sa veste.

Didier Lucas, président de la FDSEA 22 et Pierre Soubelet, le préfet des Côtes d'Armor, décoré avec l'autocollant édité par la FNSEA-JA dans le cadre de la journée nationale du 12 avril pour le soutien de l'élevage.
Didier Lucas, président de la FDSEA 22 et Pierre Soubelet, le préfet des Côtes d'Armor, décoré avec l'autocollant édité par la FNSEA-JA dans le cadre de la journée nationale du 12 avril pour le soutien de l'élevage.
© terra

Vendredi 12 avril à Plérin dans les locaux de la maison de l'Agriculture, le préfet, accompagné des directeurs de la DDTM et de la DDPP, a reçu le cahier de doléances des éleveurs costarmoricains.

Les professionnels, conduits par leur porte-parole Didier Lucas, président de la FDSEA, ont souhaité martelé l'atout considérable qu'est l'élevage pour la France … mais ô combien menacé par la perte de compétitivité : revenus insuffisants au regard des investissements engagés, contraintes administratives, mise en cause par certaines associations...

La revalorisation des prix

"Nous sommes dans un goulot d'étranglement où l'on ne contrôle rien", résume Hervé Moël, vice-président de la FDSEA, pour signifier l'impuissance de la profession à répercuter la hausse des charges : main d'œuvre, aliment, électricité… La demande auprès des pouvoirs publics, c'est d'abord la revalorisation des prix. Une priorité absolue. Le rééquilibrage des négociations commerciales, pour ramener de la valeur ajoutée aux produits, passent par un certain nombre de mesures, allant de la facilitation de la mise en place des OP à la révision de la Loi de modernisation de l'économie (LME) ou encore, par la transparence sur les marges nettes. "L'Etat doit jouer son rôle de gendarme et éviter les pratiques abusives de la distribution", rappellent les syndicalistes au préfet.

Le préfet a répondu sur le principe de l'accord du 3 mai 2011, accord d'engagement de prise en compte des variations excessives des prix de l'alimentation animales dans les négociations commerciales, mais "trop difficile à appliquer", souligne la profession. " L'affaire a été bien comprise. Le gouvernement a prévu de l'intégrer dans la loi qui modifiera la LME de 2008 ", rassure le préfet Pierre Soubelet. La loi devrait introduire la notion "d'obligation", et non plus de "volontariat". Est également annoncée une simplification de la mesure," avec des seuils de déclenchement".

Un assouplissement des contraintes environnementales

Sur la réforme ZES, le représentant de l'Etat a précisé que le Préfet de région avait demandé une sortie anticipée des ZES auprès du ministre, compte tenu des efforts réalisés par la profession. Un début de reconnaissance. "Il n'y a pas de réponse de Paris mais il faut tirer son chapeau et anticiper les efforts", a-t-il déclaré. Si l'administration départementale évoque une prise de conscience, par contre les changements sont lents et complexes. "Si l'on cherche à sortir de la logique contraignante des ZES et des BVC, celle des BVC nécessite un feu vert de Bruxelles. C'est plus compliqué", justifie Gérard Fallon, directeur de la DDTM.

Autre évolution soulevée, notamment par Paul Auffray, vice-président de la chambre d'agriculture : la recrudescence des recours en justice envers les acteurs économiques : "va-t-on toujours vivre avec des contentieux ?". Au vue de l'actualité, le phénomène s'accélère. L'annulation totale de l'arrêté préfectoral de 2010 (relatif au 4ème programme d'action nitrate) décidée par le tribunal administratif, après dépôt d'un recours par le conseil général 22, crée un vide juridique dans l'application des mesures renforcées en bassins versants algues vertes. Le préfet ne s'est pas prononcé sur une éventuelle procédure d'appel en justice.

Autres sujets traités : l'installation des jeunes, la modernisation des bâtiments d'élevage mais aussi une réforme de la PAC qui vient en soutien aux éleveurs (surdotation à 100% des 50 premiers ha, recouplage des aides à hauteur de 15% entre autre).

En conclusion Didier Lucas a prévenu : "En l'absence de réponses suffisantes, on se mobilisera dans les semaines à venir. Après les semis de maïs".

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