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Le prix de l'énergie étrangle les serristes

Avec un prix du baril de pétrole qui frôle les 100 euros, le coût de l'énergie ne cesse de grimper. Qu'ils utilisent le fioul lourd ou le gaz naturel, les producteurs sous serres tirent la sonnette d'alarme : 30% d'entre eux sont aujourd'hui dans une situation très difficile.

De gauche à droite : Michel Le Gall, administrateur de la FNPL, la fédération nationale des producteurs de légumes, et Gilles Le Bihan, président de la section cultures sous serres de la FDSEA du Finistère.
De gauche à droite : Michel Le Gall, administrateur de la FNPL, la fédération nationale des producteurs de légumes, et Gilles Le Bihan, président de la section cultures sous serres de la FDSEA du Finistère.
© Terra
"Depuis le mois de janvier, le prix du fioul lourd a augmenté de 75 %, faisant passer l'énergie de 20 à 40 voire 45% de nos charges, sans qu'il soit possible de répercuter ces hausses au consommateur, puisque le marché de la tomate est européen, voire même mondial". Président de la section cultures sous serres de la FDSEA du Finistère, Gilles Le Bihan ne cache pas son inquiétude. "Aujourd'hui, 30% des producteurs sont dans une situation très difficile".

A quand l'équité territoriale ?
Mardi dernier, deux jours avant le congrès de la FNPL, la fédération nationale des producteurs de légumes, une délégation a rencontré Michel Barnier, ministre de l'Agriculture, pour lui faire part des difficultés du secteur. "Nous demandons d'abord une équité territoriale : est-ce normal de payer le fioul lourd 30 ? de plus la tonne dans le Finistère, sous prétexte que nous sommes éloignés de la raffinerie de Donges ? A l'Etat de prendre la différence à sa charge".
L'équité territoriale, les producteurs souhaiteraient aussi qu'elle s'applique en gaz naturel. "Pour le moment, GDF pratique 6 tarifs différents, sans aucune explication satisfaisante pour expliquer ce zonage, rappelle Michel Le Gall, administrateur à la FNPL. D'une commune à l'autre, le tarif peut changer et la différence entre deux zones successives représente 11 700 euros par an pour une serre moyenne". Une distorsion de concurrence que les producteurs n'acceptent plus. "Il faut que soit instaurée une seule zone, sur la base du tarif le moins élevé".
Pour alléger leur trésorerie, les producteurs demandent aussi la possibilité de régler leurs factures de gaz ou de fioul hors taxes, le remboursement de la TVA prenant trois mois et demi. Et que, comme les pêcheurs, ils soient exonérés de cotisations patronales et salariales.

Chercher d'autres solutions
Avec un prix du baril de pétrole qui s'envole, les producteurs réfléchissent déjà à d'autres moyens de chauffer leurs serres. "On sait que les pompes à chaleur marchent sur 700 m2, explique Gilles Le Bihan. Nous demandons à l'Etat de nous aider à les expérimenter sur de plus grandes surfaces". Autre solution : la cogénération qui permet, à partir de gaz naturel, de produire de l'électricité, revendue sur le réseau, et d'utiliser la chaleur dégagée par les moteurs pour chauffer les serres. "Pour être rentable, il faudrait que la cogénération puisse fonctionner durant 12 mois et pas seulement de novembre à mars, comme c'est actuellement le cas. Et que le prix du Kwh électrique soit indexé sur le coût du Kwh de gaz consommé". La profession, au bord de l'asphyxie, attend maintenant des réponses rapides du ministre de l'Agriculture.
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