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Le prix du foncier breton a repris sa progression

Après avoir marqué le pas dans les années 2010, le prix du foncier breton a repris sa progression régulière depuis trois ans. S'il reste assez homogène d'un département breton à l'autre, il est sensiblement inférieur à la moyenne nationale… sauf dans certaines zones littorales du nord Finistère et des Côte d'Armor. Petit panorama du foncier breton grâce aux chiffres du bilan 2014 de la Safer Bretagne.

Alors qu'au plus fort des années 2000, plus de 40 000 hectares s'échangeaient chaque année, la superficie totale vendue en Bretagne a atteint 37 380 hectares en 2014.

27 063 hectares, soit 72 % de cette superficie, concernaient des terres agricoles et seuls près de la moitié, soit 14 524 hectares, étaient accessibles à l'intervention de la Safer. L'essentiel des échanges fonciers, parce qu'ils concernent des ventes entre bailleurs et preneurs, ou des ventes de parts dans des sociétés ne permettent pas à la Safer d'intervenir.

Ce marché accessible se réduit progressivement, alors qu’il représentait 20 097 ha en 2007 .

En Bretagne, chaque année, 1,6 % des terres changent de propriétaire, la moyenne nationale se situant à 1,23 %. Le marché foncier est donc dans nos régions particulièrement actif et ce de façon relativement homogène dans les 4 départements bretons.

Artificialisation :
toujours plus

sur les 37 380 ha échangés,
27 063 resteront dans le domaine agricole. Mais une part non négligeable,1 068 ha, alimentera le marché de l'espace non bâti résidentiel et de loisirs, 5 620 ha partiront à l'urbanisation, 2 078 ha accompagneront le marché des maisons à la campagne.

Ce n'est pas forcément une consolation, la Bretagne se situe dans la moyenne des départements de France quant à la mutation vers les usages résidentiels. La particularité étant que ce grignotage se concentre sur pratiquement l'ensemble du littoral et près des zones urbaines. La Bretagne agricole continue donc de se réduire chaque année un peu plus malgré les déclarations d'intention et les discours généreux. Et, il faut bien le reconnaître, ce sont probablement dans les zones de forte densité urbaine que les élus ou les constructeurs sont les plus économes en foncier, contrairement aux zones rurales où le bien foncier semble abondant.

En moyenne en France, 0,6 % des superficies vendues le sont à destination d'urbanisation, et on vient de le voir, notre région ne fait pas exception .

Le prix des terres

De 4 080 €/ha vendu en Morbihan, à 4 630 €/ha vendu en Côtes d'Armor, l'écart de prix d'un département à l'autre reste tout à fait raisonnable, la moyenne régionale se situant juste en dessous de 4 500 €/ha. Quelques régions agricoles se distinguent toutefois avec des prix plus élevés à 5 450 € en moyenne, de la région de Fougères et
pratiquement toutes les zones légumières du littoral nord breton jusqu'à Crozon .

Seules les régions des Monts d'Arrée et du Pays de Redon affichent des prix avoisinant les
2 000 €/ha.

Les crises sectorielles ne font rien à l'affaire, pas plus que l'arrêt des quotas laitiers. Depuis  trois années, le prix des terres est reparti à la hausse, frôlant pratiquement les sommets de 2008. Les contraintes environnementales, les primes PAC, les besoins de développement des exploitations laissent d'ailleurs penser que pendant quelques années encore la pression foncière restera forte et les prix du foncier orientés à la hausse.

A l'échelle nationale, cette fois, le prix moyen d'un hectare de terres s'établit à 5 910 €/ha. Un prix qui seul n'a pas réellement de signification, car englobant des prairies de montagne, des hectares de plaines de la Beauce, et des vignobles plus ou moins bien cotés.

Le foncier,
nouvelle valeur refuge ?

Alors que la bourse n'en finit plus de jouer avec les nerfs des investisseurs, que les matières premières repartent dans des cycles de variations toujours plus importants, que les taux d'intérêts sont historiquement bas sur les marchés, le foncier agricole retrouve une certaine vigueur. Même si la rentabilité reste faible, l'évolution régulière du capital à la hausse ramène vers l'agriculture des investisseurs qui souhaitent y trouver rentabilité et sécurité. Un nouveau marché émerge donc qui permettra peut-être d'ailleurs de trouver de nouvelles formes de portage de cette partie de l'outil de travail des agriculteurs.

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