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CONJONCTURE PORCINE
Le retournement du marché devrait se confirmer

Le repli de la production porcine amorcée depuis le début de l'année devrait se poursuivre jusqu'en décembre et même au-delà. Les prix à la production devraient s'améliorer.

Selon Agreste Synthèse, le bulletin statistique du ministère de l'Agriculture, la production porcine européenne devrait se réduire de 1,5 % par rapport à 2007, pour atteindre 255,8 millions de têtes. Cette baisse fait suite à une forte hausse de l'année précédente (+2,2 %) qui a conduit à la surproduction et à des prix particulièrement bas partout en Europe. Les prix élevés de l'aliment du bétail provoqués par la flambée des prix des matières premières ont aggravé les difficultés financières des éleveurs, ce qui explique le retournement de tendance actuel et l'amélioration des prix à la production perceptible depuis le deuxième trimestre 2008.
Les baisses de production attendues devraient s'amplifier au fur et à mesure que la fin de l'année approche. L'offre est en effet restée quasiment stable pour le premier semestre de l'année.
Quoiqu'il en soit, deux scénarios bien distincts sont à observer. Le premier scénario est celui d'un repli de la production modéré dans l'Union européenne à 15 qui représente 82 % de l'offre européenne. La production ne devrait y reculer que de 0,6 % en 2008. Ainsi en Allemagne, principal producteur européen, l'offre devrait se stabiliser, comme d'ailleurs au Danemark, au troisième rang de la production.
Deuxième producteur européen, l'Espagne anticipe, en revanche, une diminution de production de 1,8 % sur l'ensemble de l'année, particulièrement sensible au quatrième trimestre (- 4,4 %). Malgré la prévision à la baisse, la production espagnole resterait bien au-delà de celle de 2006. C'est dans ce pays, en effet, que la hausse en 2007 a été la plus élevée (+7,3 %).


Deuxième scénario

La France qui se situe au quatrième rang de la production européenne suit la même tendance avec une production en repli de 1,3 % sur l'ensemble de l'année 2008, l'effet étant plus marqué au troisième trimestre (-1,5 %) et au quatrième trimestre (-1,8 %).
Une seule exception les Pays-Bas qui pronostiquent une hausse de production de 1 %, après avoir affiché une hausse de 1,5 % en 2007 par rapport à 2006.
Le deuxième scénario montre une baisse beaucoup plus marquée chez les nouveaux venus dans l'Union : les pays d'Europe centrale et orientale. Ainsi la Pologne, qui est le cinquième producteur derrière la France, verrait sa production s'effondrer de 7,3 % par rapport à 2007; la Roumanie enregistrerait une baisse de 2,3 % pour revenir à sa production de 2006. Les autres pays diminueraient leur production, exceptés la Bulgarie et l'Estonie.
Ces prévisions de production pour l'année 2008 ont été dressées à partir des enquêtes communautaires sur les cheptels réalisées en fin d'année 2003. A cette date, le nombre total de porcs dans l'Union européenne était en baisse de 1,3 % par rapport à l'année précédente. Il était passé sous la barre de 160 millions de têtes alors qu'il était proche de 162 millions de têtes un an plus tôt. Surtout, le cheptel reproducteur était le plus affecté. Ainsi le nombre de truies affichait une baisse de 4 %, dont 2,4 % en France, 2 % en Allemagne, 1 % en Espagne, le record étant observé en Pologne avec un recul de 11 %.

Trois questions à…

Jeff Trébaol, président de la section porcine de la FRSEA

Que vous inspirent ces chiffres de baisse annoncée de la production porcine dans les mois à venir ?
Jeff Trébaol. "Ils confirment ce que l'on entendait depuis quelque temps déjà à gauche et à droite. Je suis quand même un peu étonné : on parlait de 6 à 700 000 truies reproductrices en moins, et d'une réduction de cheptel de 10% au Danemark ! Espérons que la baisse de production au second semestre permette aux cours de mieux se maintenir".
Que dire sur les cours actuels du porc ?
J.T. "Je constate qu'en ce moment, notre prix est décalé de 10 à 12 centimes par rapport à nos voisins allemands ou espagnols. C'est un différentiel important, de l'ordre de 10 euros/porc. Ici, nous n'avons pas encore atteint le point d'équilibre quand ils sont déjà en train de renflouer leur trésorerie ! En France, un certain nombre de maillons de la filière ne jouent pas le jeu, la grande distribution mais aussi la salaison, qui importe des pièces en grande quantité, ce qui induit une moindre valorisation des épaules et des jambons français".
Après une année de très fortes hausses, comment le prix de l'aliment va-t-il évoluer dans les mois à venir ?
J.T. "La récolte s'annonce correcte, voire meilleure que l'an passé, ce qui devrait permettre de reconstituer les stocks. A la rentrée, le prix de l'aliment devrait donc logiquement baisser si, toutefois, on peut éviter le jeu de la spéculation ! 5 euros/t sur le prix des céréales, c'est 2 centimes/kg sur le coût de production ! Même si les minéraux et les protéines restent chers, il faut se rappeler que 80% de la ration est constituée de céréales".
Propos recueillis par Chantal Pape.

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