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Le semis direct du maïs : outils et savoir-faire

Les chambres d'agriculture organisaient du 28 au 30 avril des démonstrations d'outils dédiés au semis direct du maïs. Pour les participants, cette rencontre a été l'occasion d'échanger autour de la simplification des techniques de cultures, autant que de découvrir du matériel innovant.

L'intérêt du semis direct n'est pas la baisse des coûts. Il est avant tout de préserver la qualité des sols. Il est aussi de diminuer le temps de travail et la consommation d'énergie. Souvent, la recherche du gain de temps est la "porte d'entrée" d'une démarche de simplification du travail du sol ; l'intérêt  pour les bénéfices agronomiques de la méthode vient ensuite, au fil des découvertes. Quelles que soient les motivations qui guident ce changement de pratiques, le semis direct ne peut cependant être mis en œuvre avec succès que s'il fait partie d'une démarche globale dans laquelle prennent place l'allongement des rotations, le choix des variétés semées ou de celles qui composent les Cipan. Toutes les étapes de l'itinéraire technique doivent en outre être raisonnées. Par exemple, au moment du semis, on retrouve le sol comme on l'a laissé auparavant. Il est donc indispensable de  ne pas l'abîmer à la récolte. Les techniques simplifiées exigent ainsi de l'agriculteur qu'il ait une bonne connaissance de ses sols et une excellente maîtrise de la technique. Elles entraînent aussi un bouleversement des habitudes.

Le strip-till, une Ètape intermÈdiaire

Pour toutes ces raisons, le strip-till peut être une bonne étape intermédiaire. Conçu pour travailler uniquement le rang, il corrige les imperfections du sol. Il prépare également un lit de semis "académique" et permet donc de sécuriser la levée.

Les démonstrations ont montré plusieurs types de strip-till, ayant tous en commun le fait d'être modulables. C'est-à-dire que selon la nature du sol et les conditions de travail, on peut, par exemple, adapter une roue pleine ou dentée, ou encore une roue squelette, pour rappuyer le semis. Par ailleurs, ne pas toucher à l'inter-rang suppose que le sol ne soit pas compacté. Un paramètre difficile à maîtriser mais là encore, on peut sécuriser les choses grâce à ces outils : les disques, ondulés plutôt que droits, créent des fissurations verticales profondes et un foisonnement en surface, les ailettes, quant à elles, fissurent à l'horizontal, etc.

Au final, le strip-till permet de progresser dans une démarche de simplification du travail du sol : on peut cesser le labour sans pour autant plonger directement dans le grand bain du semis direct. Et le perfectionnement des outils actuel accroît encore cet avantage. Il n'en reste pas moins que l'outil ne fait pas tout ; il est d'usage de considérer qu'il réalise seulement un tiers du travail. Le deuxième tiers est dû au sol lui-même, le dernier relève de l'agriculteur, qui décide de la variété, de la rotation, de l'outil... et du moment.

Une histoire de tempÈratures

 

"En semis direct, le sol se réchauffe moins vite, rappelle Jean-Philippe Turlin, animateur du groupe TCS à la chambre d'agriculture du Finistère et conseiller cultures-agronomie à l'antenne de Carhaix. Avant de semer, il faut donc attendre un peu plus longtemps qu'en labour". Un inconvénient qui sera vite gommé, puisque le semis se fait ensuite plus vite.

Mais qui dit températures inférieures dit aussi minéralisation moindre de l'humus et azote disponible en quantité plus faible. "Il faut donc jouer sur les couverts végétaux, en associant des légumineuses : du trèfle si on souhaite le valoriser au printemps, de la féverole...". Un couvert à semer tôt, si l'on veut qu'il joue à plein son rôle de protection du sol des pluies hivernales et limite l'érosion.

Enfin, la température doit guider le choix des variétés. "Puisque le sol se réchauffe moins vite, il faut privilégier des variétés à zéro végétatif à 5° plutôt qu'à 6 ou 7". Et des essais menés depuis une quinzaine d'années ont permis de cibler deux critères supplémentaires : moindre besoin d'azote au démarrage et moindre appétence pour les limaces. "Selon les parcelles, les rendements peuvent passer de 7 à plus de 15 t/ha uniquement en faisant attention aux variétés".

Chantal Pape

 

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