Aller au contenu principal

POUR DÉFENDRE LA PRODUCTION PORCINE
Le Tro Breizh de Jean Michel Serres

Face à une conjoncture difficile et avant les prochaines élections à la Fédération nationale porcine, son président, Jean Michel Serres, a entrepris, jeudi et vendredi derniers, son premier Tro Breizh pro Inaporc. Une tournée sur fond de sécession au sein de l'interprofession porcine. Détour par le Morbihan.

Avec Jean Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine, Jeff  Trébaol, de la FRSEA, Thierry Coué, de la FDSEA 56, et Pierre Yves Garaud, des JA.
Avec Jean Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine, Jeff Trébaol, de la FRSEA, Thierry Coué, de la FDSEA 56, et Pierre Yves Garaud, des JA.
© Terra
En 24 h, montre en main. Jean Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine a parcouru son premier Tro Breizh. Jeudi en Côtes d'Armor et Finistère puis vendredi, en Ille et Vilaine et dans le Morbihan avec une cinquantaine d'éleveurs de la section porcine de la FDSEA. Le temps de dessiner quelques perspectives dans un contexte de crise lourde, de rappeler les actions de la FNP, avec les acquis syndicaux, et d'apporter un soutien sans faille à l'interprofession porcine

Manquent 40 euros par porc
"Dans d'autres productions il n'y a pas eu de problème pour faire passer des augmentations", constate t-on dans la salle."Quand on voit que le quart avant est à 1 euros du kg, c'est la preuve qu'on ne sait pas négocier avec la grande distribution qui siège à Inaporc", reprend t-on plus loin. Le ton est donné. Alors que la production porcine, dont près de 60 % revient à la Bretagne, vit une crise sans précédent, la lassitude des éleveurs est bien palpable. Jean Michel Serres et Jeff Trébaol, (vice-président de la FNP et président de la section porcine à la FRSEA),  s'appliquent à décortiquer ce processus de flambée des coûts de revient. "Il manque 40 euros par porc pour couvrir les charges, et les déficits de trésorerie s'accumulent", pointe le président de la FNP. "Ce coût de revient nous ramène 20 ans en arrière". Un porcelet de 23 kg  se vend sur le marché libre à 18 euros quand il a coûté 50. "L'excédent de production nous pénalise; il va diminuer", encourage-t-il en pointant les mesures acquises par la FNP pour soutenir les éleveurs. Restitutions obtenues, reports et prises en charge des cotisations MSA d'éleveurs en difficulté pour 2,5 millions d'euros, 6 millions pour la prise en charge d'intérêts sur les prêts, opération d'avance sur trésorerie "que nous espérons voir se concrétiser à hauteur de 100 millions", insiste-t-il. La FNP a donc agi.
Cela est-il suffisant ? "On a besoin que le prix du cochon remonte, sinon on met la clé sous la porte et ça solutionnera les choses", disent certains, amers de constater que chaque crise apporte son lot de cessations qui donnent de l'air à la production. Pour baisser le coût de revient à tout prix, certains préconisent d'autres solutions : "des bateaux de maïs OGM". Jean Michel Serres avance le dossier de réintroduction des graisses et farines animales : "nous allons engager une procédure". "Quelle incidence sur les consommateurs", s'inquiète un éleveur. "75 % du cochon se vend transformé. Plus on transforme, et moins le consommateur se pose de question", constate le président de la FNP qui milite pour le logo VPF.

Interprofession sur le grill
Détaillant le fonctionnement de l'interprofession Inaporc, qui  consacre 45 % de son budget à la communication, Jean Michel Serres rappelle que"toutes les familles professionnelles y siègent".  Six comités la composent. Certains fonctionnent et d'autres, pas du tout. "C'est le cas de l'observatoire sur les prix". D'autres ont permis d'avancer, notamment sur le problème épineux de l'équarrissage. "Nous sommes en premières ligne, avec 80 % des animaux qui sont les nôtres", argumente Jean Michel Serres pour défendre cette interprofession chahutée. "On ne peut pas faire différemment des autres productions et se passer d'une interprofession forte", insiste-t-il face à la menace que fait peser l'arrêt de paiement des cotisations des adhérents de la Cooperl et d'Arcal. "Mais quelles garanties avons nous que les comptes soient bien gérés", interroge un éleveur. "Les comptes sont publics et transparents. Demandez-les à vos groupements", affirme Jeff Trébaol. Seule, la mise en place du Comité économique et social, (refonte des UGPVB, CRP et Arip), "permettra d'avoir des fonds de mutualisation pour dégager le marché". Qu'en sera-t-il une fois les cours repartis à la hausse ? Reste la proposition d'interpeller le préfet de région pour la création d'une cellule de crise. "C'est ce que les pêcheurs ont fait pour alerter les pouvoirs publics et réunir tous les maillons", défend Jeff Trébaol, pour créer une prise de conscience.
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Jean-Elie Le Crom : "J’avais vraiment envie de m’installer"
Son truc ?  "Les vaches et le lait". Une passion ! Jean-Elie Le Crom l’a chevillée au corps. Alors, à 22 ans, il vient de…
Du maïs semé tous les 50 cm pour réduire l’usage des phytos
Si il est courant de semer son maïs avec un inter-rang de 75 cm, Alex Delamarre et Philippe Briand, entrepreneurs agricoles sur…
Sangliers : un contrat entre chasseurs et agriculteurs

Lors d’un rendez-vous le 21 janvier, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert a présenté à la secrétaire d’État à la…

Tristan Delisle, un producteur de lapins engagé
Tristan Delisle s'est installé en mars 2020 sur l'élevage familial de lapins avec sa mère, en remplacement de son père parti à la…
L’irrigation : "l’assurance récolte de toute la filière"
Fin des six syndicats locaux qui contribuaient depuis 40 ans au développement de l’irrigation en Bretagne. Place à Breizh…
Nolwenn et Glenn : bien occupés, bien investis, bien dans leurs bottes !
De belles charolaises, de la volaille Label Rouge, des pommes de terre, des légumes de conserve, du maraîchage et en vente…
Publicité