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L'éclateur Shredlage, pour un ensilage de maïs plus digestible

L'éclateur Shredlage de chez Claas, une des innovations les plus remarquées du Sima 2017, est commercialisé en France depuis l'an dernier. À l'heure où les maïs pointent leurs feuilles sur les terres bretonnes, Claas a proposé à des conseillers d'élevages et des entrepreneurs bretons, une présentation inédite de l'éclateur Shredlage, en présence de son inventeur américain.

Les quatorze entrepreneurs bretons déjà équipés pour la campagne de maïs ensilage 2017 ainsi que quelques nutritionnistes issus d'entreprises de conseil en élevage ou de coopératives agricoles, étaient conviés à cette rencontre le 18 mai à Saint-Étienne du Gué de l'Isle (22). Le besoin d'échanges est évident sur cette technique qui commence à se développer mais pour laquelle on n'a encore peu d'expérience en France.

L'éclateur Shredlage permet d'obtenir un ensilage de texture différente, avec une coupe plus longue et déchiquetée. Roger Olson, inventeur de l'outil, a expliqué l'intérêt d'un ensilage Shredlage par rapport à un ensilage classique, en termes d'amélioration de l'ingestion et de digestibilité du maïs. Aux États-Unis, où le système est en place depuis quatre ans, il observe une augmentation de l’ingestion de maïs de 1 à 2 kg mais également un gain en production d’à minima 1 litre par vache et par jour. Sur l'hexagone, onze élevages d'Ille-
et-Vilaine ont été suivis l'an dernier en partenariat avec l'entreprise de conseil en élevage Eilyps. "Après moins d’un an de recul, il nous est difficile de dire si nous sommes dans les mêmes proportions qu'aux États-Unis, note Jean-Pierre Leray, de Claas France. Mais on voit de réelles améliorations en santé animale, production, et surtout gain de temps sur la préparation de ration".

Simplification de la ration pour l'éleveur

En 2016, deux entrepreneurs étaient équipés de l'éclateur Shredlage en Bretagne. Soit quatre machines au total en France, en comptant celle utilisée sur des fermes expérimentales et une autre machine de démonstration. À cette date, ils sont douze entrepreneurs bretons supplémentaires à avoir fait le pas pour la campagne ensilage 2017. La technique se développe, portée par la demande des éleveurs et les bons retours du terrain. "C'est une technique particulière qui suppose pour l'éleveur un fonctionnement différent, observe Guillaume Feys, responsable marketing récolte chez Claas France.

"L'objectif de cet éclateur est d’optimiser le maïs ensilage présent dans la ration. Le premier principe est de pulvériser la totalité des grains de maïs afin de rendre assimilable la totalité de l’amidon. Ensuite la réelle exclusivité de cet éclateur est de pouvoir remplacer l’apport de fibre extérieure dans la ration. La tige de maïs est coupée plus longue et déchiquetée sur la longueur. Une partie non digestible du maïs va donc être transformée en élément digestible. Ce qui permet d'augmenter la quantité de maïs dans la ration, et donc de réduire voire supprimer l’apport de paille, par exemple. L'idée est de faire une ration plus simple avec moins de travail pour l'éleveur mais pour autant optimisée en termes d’énergie", nous explique Simon Badouard, chef produit ensileuses chez Claas France.

La qualité du fourrage prime sur le débit de chantier

L'entrepreneur, aussi, doit s'adapter à cette technique. "La fenêtre pour la récolte est plus serrée et le chauffeur doit être formé", remarque Guillaume Feys. Pour obtenir un ensilage Shredlage de qualité, le chauffeur doit dans un premier temps fixer la longueur de coupe (26 mm pour 34 % MS) puis régler l'écartement de l'éclateur. "95 % du produit ensilé doit passer par ces deux petits trous", explique Guillaume Feys, en montrant la carte de contrôle Shredlage - de la taille d'une carte de crédit - qui permet au chauffeur de vérifier le réglage. Claas insiste aussi sur l'importance du tassement, qui doit être d'autant plus soigné avec cette longueur de coupe pour laquelle on n'a pas encore beaucoup d'expérience en France. "Avec cette technique, la qualité du fourrage prime sur le débit de chantier".

Installé sur une machine neuve, l'éclateur Shredlage ne représente qu'un surcoût de 2 000 euros à l'achat par rapport à un éclateur classique, mais les frais en revanche sont plus importants à l'utilisation. Et l'entrepreneur va principalement dédier une machine à l'éclateur Shredlage, car si jongler entre deux systèmes sur une même ensileuse est possible, cela nécessite une vraie organisation lors des différents chantiers. Tous ces éléments se répercutent sur les prix à l'éleveur, avec un surcoût à l’hectare par rapport à un ensilage classique.

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