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Légumiers : une année 2014 difficile

En production légumière, l'année 2014 a été marquée par un contexte de marché très difficile, un climat généreux et des rendements exceptionnels. A l'UCPT, tomate et chou-fleur "tirent in extremis leur épingle du jeu", résume-t-on à l'UCPT. L'assemblée générale vendredi 22 mai en présence de Luc Gyau a retracé la saison écoulée.

En 2014, à l'UCPT, la tomate et le chou-fleur sauvent de jutesse la mise. La tomate en tête avec 44 millions de chiffre d'affaires contre 42 millions en 2013.
En 2014, à l'UCPT, la tomate et le chou-fleur sauvent de jutesse la mise. La tomate en tête avec 44 millions de chiffre d'affaires contre 42 millions en 2013.
© terra

La saison 2014 a été marquée par une conjoncture difficile, une conjoncture qui a coïncidé avec les 40 ans de la coopérative. On se souvient des manifestations à Morlaix et devant les grilles de la préfecture à Saint-Brieuc en septembre dernier. "Fin août 2014 a été très dramatique mais le dernier trimestre a permis de beaucoup compenser. L'UCPT a finalement souffert moins que les Malouins qui étaient à moins 50% de chiffre d'affaires ou les Finistériens, à moins 25 - 30% de chiffre d'affaires. Mais cela cache beaucoup de disparités", indique Joseph Rousseau, président du Cerafel.

Un climat trop généreux

Le climat généreux en 2014 a accéléré les récoltes partout en Europe, notamment en chou-fleur, et dégradé aussi les marchés du fait d'une offre trop abondante. L'absence d'hiver 2013/2014 au préalable avait déjà détérioré la valorisation des choux-fleurs, poireaux et choux-verts. Le chou-fleur, seconde production de l'UCPT, accuse une perte de 7 millions d'euros de chiffres d'affaires entre les saisons 2012/2013 et 2013/2014. Heureusement au dernier trimestre 2014, les courants d'exportation sont repartis vers la fin octobre avec l'ouverture du marché allemand puis anglais en décembre, principaux clients de l'hiver dernier. Au mois d'octobre 2014, la saison avait pourtant démarré par des températures élevées, accélérant les apports.

Des écarts entre production

Finalement, malgré l'embargo russe, la tomate et le chou-fleur sauvent de jutesse la mise. La tomate en tête avec 44 millions de chiffre d'affaires contre 42 millions en 2013. D'autres productions connaissent des revers plus difficiles : la pomme de terre primeur, production historique, a connu une saison "catastrophique" avec 2 000 tonnes détruites en champ ou envoyées en alimentation animale faute de débouchés. Le brocoli bio, confronté à des critères d'agréage trop stricts sur la présence d'insectes imposés par les transformateurs et la grande distibution, accuse une perte de 150 000 €. Les pépinières très touchées par la baisse du pouvoir d'achat des ménages ou encore la réduction de la taille des jardins.

Se réinventer, innover

La coopérative cherche des solutions pour maintenir la compétitivité. Bonne nouvelle, a priori, le réseau de gaz naturel serait en bonne voie après des années de discussion. "Nous sommes repartis sur de bonnes bases avec un périmètre modifié qui inclut le territoire de la Presqu'île et les communes de La Roche Derrien et Pommerit-Jaudy. Nous sommes plutôt optimsites", admet Gilbert Brouder, président de l'UCPT. Des innovations sont apportées au quotidien : conditionnement de la pomme de terre primeur, du brocoli AB, arrivée de nouvelles variétés, mise en culture de nouvelles productions (asperge, fève...). A noter en plein démarrage de la saison des artichauts, une nouvelle tête, celui d'un gros artichaut violet, l'artichaut Cardinal planté sur 24 ha (Finistère et Côtes d'Armor).

 

Le flop des aides d'urgence

Si la machine administrative s'est mise en route rapidement, dans un contexte agité, les montants annoncés ont fondu comme neige au soleil avec seulement 159 exploitations bénéficiaires d'une réduction des cotisations sociales de 2 500 à 5 000 €. Et l'UCPT de préciser : "les aides dites de fonds d'allègement des charges ou de reconstitution de fonds de roulement n'ont pas pu s'appliquer du fait des critères retenus". Les producteurs espèrent une réforme de la fiscalité pour répondre aux aléas de marché et la réévalution du soutien aux organisations de producteurs. "On s'aperçoit que le gros problème, c'est la fiscalité : il n'existe pas de levier pour anticiper les bonnes années", indique Joseph Rousseau.

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