Aller au contenu principal

L'élevage, une passion

Salariée à Finistère Remplacement le temps d'obtenir une licence pro, Christelle Jaouen se verrait bien reprendre l'exploitation familiale, à Sibiril. Portrait d'une jeune femme qui sait ce qu'elle veut.

Fille d'agriculteurs, ses parents sont producteurs de lait et de légumes à Sibiril, en plein coeur de la zone légumière, Christelle Jaouen a toujours su que l'agriculture l'intéressait. Pourtant, elle commence par passer un Bac STL, sciences et techniques de laboratoire, à Saint Pol de Léon. "Il n'y avait pas de Bac STAE à proximité", justifie la jeune femme. Elle opte ensuite pour un BTS productions animales, au Nivot. "J'ai toujours adoré les animaux". Puis se décide à poursuivre ses études. "Le BTS est très technique. Je voulais un peu plus d'ouverture, apprendre à manager une équipe".

Déjà dans la vie active

Elle s'inscrit alors en Licence pro management des organisations agricoles, à l'IUT de Morlaix. Une formule qui lui plait. "Sur une année scolaire, on va passer 16 semaines en établissement de formation, à Morlaix, au Nivot et à l'Ireo de Lesneven, et le reste du temps en contrat de professionnalisation, en entreprise". Elle en profite pour faire une entrée en douceur dans la vie active, puisqu'elle a signé un contrat de travail et perçoit un salaire, "65% du Smic pour le moment : j'ai moins de 21 ans".

Week end et vacances d'abord

C'est un peu sur un coup de tête que Christelle a fait ses premiers pas à Finistère Remplacement. "Avec 2 copines de BTS, nous nous étions rendues au service documentation de la chambre d'agriculture, à Quimper. Nous sommes passées devant les locaux de Finistère Remplacement. Et on s'est dit : chiche". Ni une, ni deux, elles franchissent la porte du bureau et s'inscrivent, pour travailler le week end et durant les vacances scolaires, histoire de se faire un peu d'argent.
Il faut dire que Christelle a été à bonne école : trayant les vaches sur l'exploitation familiale depuis ses 11-12 ans, elle assure le remplacement de ses parents, lorsque ces derniers partent en congés, depuis ses 15 ans.
A Finistère Remplacement, les choses se font naturellement. "On commence par une ferme où le remplacement n'est pas trop compliqué : ça permet à la structure de nous tester". Progressivement, le niveau des responsabilités va croître, jusqu'à intervenir "sans filet" : en cas d'accident avec hospitalisation, par exemple, il n'y a aucun passage de consigne et le remplaçant doit se débrouiller seul pour démarrer la machine à traire... après avoir trouvé les vaches. Mais il en faut plus pour effrayer Christelle. "Je vais dans l'étable. Et je regarde vers où partent les fils de clôture". A Finistère Remplacement, la communication est aussi facilitée entre salariés. "Si j'ai un souci, je peux appeler celui qui est déjà intervenu sur l'exploitation".

Congés et accidents

Pour un remplacement le temps d'un week end ou d'une semaine de congés, Christelle se rend en général sur l'exploitation le vendredi soir ou le samedi matin. "On va passer une heure ou une demi-journée avec l'agriculteur, pour qu'il nous explique le fonctionnement des machines, l'emplacement des animaux...". Au début, Christelle prenait beaucoup de notes. "Maintenant, j'en prends de moins en moins : on s'habitue". Ce qu'elle aime dans son métier ? "Il faut être polyvalent, réfléchir vite. J'adore ça".
Elle aime aussi changer régulièrement d'exploitation, découvrir de nouvelles façons de faire, échanger... "Ca me servira plus tard, au moment de mon installation". Et apprécie les formations proposées aux agents de remplacement. "J'en ai suivi une sur les maladies des vaches, une autre sur le logiciel Agrael : il nous faut savoir tout faire".

Faire ses preuves

Pour le moment, Christelle n'a travaillé qu'en lait. Une situation qu'elle regrette aujourd'hui. "Progressivement, je vais aller vers le porc. C'est aussi l'un des avantages de Finistère Remplacement : on y est encadré, on peut progresser".
Mais, au fait, être remplaçant, quand on est une femme, c'est pas un peu compliqué ? "Chez ceux qui font appel à Finistère Remplacement pour la première fois, il y a peut-être un a priori, reconnaît Christelle. Après, ils savent que le personnel est efficace". La jeune femme le constate, les mentalités ont changé. "A condition d'être animalier, d'aimer le contact avec les animaux, il y a de la place pour les femmes".

Accompagner les jeunes

"Pour nous, organisation professionnelle agricole, il est logique d'accompagner les jeunes vers les métiers de l'agriculture", affirme Stéphane Charon, directeur, pour expliquer l'engagement de Finistère Remplacement dans la licence pro "management des organisations agricoles". "Tous les ans, nous prenons un de leurs étudiants. Christelle est la 4ième ou la 5ième que nous accueillons".
L'entreprise y voit aussi l'occasion de garder dans le Finistère de futurs salariés d'un bon niveau. "Jusqu'à présent, il n'y avait pas de formation post BTS : il fallait que les jeunes partent ailleurs terminer leurs études. Avec le risque de ne pas les voir revenir travailler ici". Et Stéphane Charon d'encourager les entreprises à suivre l'exemple de Finistère Remplacement. "Il faut encourager les jeunes, ce sont les futurs acteurs économiques de notre territoire".

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Le Finistère surfe sur le Bien manger
Après avoir lancé son PAT, projet alimentaire de territoire, le Finistère a continué sur sa lancée, en faisant de 2020 l’année du…
Bovins mutilés : comment agir ?
Depuis plusieurs mois, des faits de mutilations de chevaux ont été signalés un peu partout en France et font régulièrement la Une…
Légumes de conserve, gérer la variabilité et le prix juste
Une campagne mitigée avec une tendance aux moindres performances des légumes en conserve et surgelé. La Bretagne n’échappe pas au…
Tout Feu Tout Frais traque additifs, conservateurs, colorants et arômes
À Plabennec (29), voilà 20 ans déjà que Brédial et sa marque Tout Feu Tout Frais traquent sans relâche additifs, conservateurs,…
Une farine pleine de promesses
Produire une farine à base de blé issue d‘une agriculture locale et raisonnée, tout en répondant aux attentes du consommateur,…
Les ministres trouvent un accord sur la future PAC

Le 21 octobre à l’aube, les ministres de l’Agriculture des 27 sont parvenus à un accord sur la prochaine PAC qui ouvre la…

Publicité