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Couverts végétaux
L'embarras du choix !

De la phacélie au radis chinois en passant par l'avoine diploïde, le tournesol ou la féverole : au moment d'implanter un couvert végétal, le choix ne manque pas !

"Les couverts sont souvent vécus comme une contrainte par les agriculteurs, reconnaît Yvon Pinvidic, lors de la visite d'une parcelle d'essai, implantée chez Bernard Pouliquen, au Tréhou. Mais ils ont aussi de nombreux avantages et peuvent même être source de revenu pour certaines exploitations".

Du radis chinois pour la structure du sol

"Le trèfle peut être valorisable par les animaux et la féverole, avec son système racinaire important, va fissurer le sol et jouer un rôle intéressant pour améliorer sa structure", indique Jean-Philippe Turlin, conseiller agronomie-cultures à la chambre d'agriculture. Même si les légumineuses ne sont pas autorisées comme Cipan, cultures intermédiaires pièges à nitrates, elles peuvent être conduites comme cultures fourragères.
Encore inconnu dans notre région il y a peu, le radis chinois est testé depuis deux ou trois ans. "Son pivot va pénétrer le sol jusqu'à 30 cm de profondeur". Et ses avantages sont nombreux. "Il va pomper l'azote et améliorer la structure du sol. Et un coup de gel suffit à le faire pourrir : d'ici un mois à un mois et demi, il ne restera plus que des trous dans le sol". Inconvénient majeur : le prix élevé des graines. "On peut l'associer dans un mélange. Et, en zone littorale, un coup de rouleau suffira à le détruire, en cassant net les pivots, qui vont ensuite pourrir". A éviter, cependant, en cas de rotation avec colza ou légumes.

Du maïs pour un méthaniseur

Au Tréhou, l'essai couverts végétaux a également été mené en pensant à l'alimentation d'un méthaniseur, ce qui explique la présence de maïs, semé fin juillet. "La production de matière sèche est impressionnante, 8 t/ha", affirme Jean-Philippe Turlin.
Avec ses 5 à 6 t/ha, l'avoine diploïde n'est pas loin derrière ! "Elle est valorisable par les animaux mais elle pousse tellement vite qu'on peut facilement se faire déborder : gérer un ray-grass est plus simple". Le paillage qu'elle va créer, une fois couchée, va empêcher la pousse des mauvaises herbes. "C'est une plante gélive. Et la date de semis, début septembre, fera qu'elle ne viendra pas à graine".

Du tournesol pour le gibier

Passionné de chasse, Bernard Pouliquen implante régulièrement du tournesol dans ses couverts. "Ca fait de jolies parcelles fleuries en bord de route, détaille Jean-Philippe Turlin. Les fleurs vont attirer les abeilles, qui n'ont plus beaucoup de choix fin septembre. Et les graines, comme celles du sarrasin, vont servir à nourrir le petit gibier". On peut aussi opter pour un mélange, tournesol, féverole, moutarde, pour jouer sur la complémentarité des espèces.

Du ray-grass pour les animaux

Implanté comme couvert végétal, le ray-grass peut être facilement valorisé par les animaux. "Mais il y a des différences importantes entre variétés : on ne choisira pas la même chose, suivant qu'il sera pâturé ou fauché". Son principal inconvénient ? "Il est coriace ! Et il ne faut pas attendre trop longtemps pour le récolter en ensilage, avant d'implanter un maïs, sous peine de le voir monter à graines... et d'en avoir pour des années !"
Le Niger peut aussi être utilisé comme couvert. "Mais il a peu d'intérêt chez nous : il gèle à 0° et, une fois qu'il a disparu, le sol est nu". La phacélie, désormais bien connue, reste sans doute l'un des meilleurs couverts pour améliorer la structure du sol. Avec un bémol : "elle n'aime pas du tout le semis direct".

 

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