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L'enjeu environnemental et climatique au cœur du Space 2019

La 33e édition du Space, qui se clôture ce vendredi a été fidèle à ses fondamentaux. Le salon est bien le temps fort de la rentrée agricole, bien au delà du territoire breton et le réceptacle des attentes, espoirs, mais aussi parfois crispations des acteurs du monde agricole.

Space 2018
Toute la journée, le ministre de l'Agriculture a pris le pouls des différentes filières agricoles (ici, sur le stand de la FNSEA).

Il n'y a pas de doute. La question du changement climatique va impacter durablement et profondément l'agriculture. En choisissant ce thème central dès la fin d'année dernière, les organisateurs du Space n'imaginaient sûrement pas la sécheresse connue cet été sur tout le territoire, et qui donne encore un écho plus fort à cette problématique. La transition agro-écologique est en marche et rien ne devrait la freiner. "Nos éleveurs sont les premiers concernés par ces enjeux et sont déjà engagés pour y apporter des solutions", déclare le président du Space, Marcel Denieul. Et s'adressant au ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume : "Maintenant, les démarches doivent être déployées à grande échelle et accompagnées". En toile de fond du changement climatique, c'est à la fois les questions de l'irrigation et du système assurantiel qui sont en jeu.

Sur la répartition de la valeur, le compte n'y est pas.

Arrivé mardi en début de matinée, Didier Guillaume a inauguré son premier Space en tant que ministre de l'Agriculture. Après une rencontre informelle avec les représentants syndicaux, il a pris le temps de déambuler toute la journée dans les allées du Space, s'arrêtant sur les stands, échangeant avec les professionnels et les éleveurs. Partout, il a assuré ses interlocuteurs de son soutien et de celui du gouvernement, encourageant l'un à être fier de son métier, félicitant l'autre pour son travail d'innovation. Pas de grandes annonces... Mais pouvait-il en être autrement ? Le ministre a surtout partagé les constats sur la plupart des sujets évoqués. Et en ce moment, celui qui fait se dresser les poils des responsables agricoles, ce sont les dénigrements et attaques dont est victime la profession. Et plus que tout, les intrusions, en augmentation constante dans les élevages. "Quand une profession est malmenée, c'est tout un environnement qui souffre avec elle", regrette Marcel Denieul. Un peu plus tôt, Philippe Bizien, président du Comité régional porcin, avait déjà interpellé Didier Guillaume sur cette question, lors de son arrêt sur le stand de la Maison du porc. Et la veille, lors d'une conférence de presse organisée dans une exploitation proche de Rennes, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, et Thierry Coué, président de la FRSEA Bretagne, avaient exprimé leur exaspération. "Sur ce sujet, je vous soutiens à 100 % et ces intrusions sont inacceptables. La garde des Sceaux Nicole Belloubet a donné des instructions de sévérité", a répondu le ministre de l'Agriculture. Ici encore le constat est partagé... mais pour quelles solutions ?

 

États généraux de l'alimentation... et maintenant ?

Autre sujet récurrent, la suite des États généraux de l'alimentation et les négociations commerciales avec les distributeurs. "Nous nous sommes engagés dans les EGA et on va continuer le travail. Nous avons créé des outils mais il faut que l'on soit plus forts et plus organisés et en novembre nous allons organiser une journée avec tous nos responsables pour voir comment mettre en place ces outils pour aller chercher des prix", annonce Christiane Lambert. Ainsi, d'une manière générale, si les EGA ont eu des impacts positifs dans les filières, la répartition de la valeur est encore largement en défaveur des producteurs. "Les fiertés sont balayées par la situation économique des agriculteurs et sans revenu décent, rien ne pourra marcher", concède Didier Guillaume, avouant que "sur la répartition de la valeur, le compte n'y est pas".

 

Accords commerciaux internationaux

Enfin, à ces difficultés, se sont récemment ajoutés les impacts négatifs envisagés des accords commerciaux internationaux de libre échange du Ceta et du Mercosur. "Sur le Mercosur, le président de la République s'est exprimé. Ce n'est pas un bon accord, ni pour le climat, ni pour l'agriculture", estime le ministre de l'Agriculture. En revanche, sur la ratification du Ceta, qui a suscité la polémique cet été, Didier Guillaume et les responsabes professionnels agricoles ne partagent pas cette fois le même constat. "N'importons pas l'agriculture que nous ne voulons pas chez nous !", déplore Christiane Lambert. "Accord ou pas accord, le commerce international existe. Pour le gouvernement, c'est un bon accord, et on ne peut pas vouloir exporter et ne pas importer", a répondu le minsitre. Au passage, il a égratigné l'interprofession bovine, qui à ses yeux, "n'est pas à la hauteur des enjeux et pas en capacité de mettre en place les réformes".

Au delà de la visite du ministre de l'Agriculture, le Space est avant tout le lieu de la démonstration de la modernité de l'agriculture. Enthousiasme, détermination et innovation sont les trois axes qui font tourner la planète élevage pendant quatre jours. "C'est grâce à l'innovation que nous pourrons répondre au double défi alimentaire et environnemental", conclut Marcel Denieul.

Space 2018

Pesticides : consultation publique et charte riverain

La loi Egalim a introduit des dispositions spécifiques pour la protection des riverains, en privilégiant le dialogue local, au niveau départemental via la mise en place de chartes d’engagement concertées entre les agriculteurs, les associations, les élus, à partir du 1er janvier 2020. Les projets de texte mis en consultation depuis cette semaine par le gouvernement visent donc à préciser les règles à respecter pour l’élaboration des chartes, les distances minimales applicables pour l’épandage des produits phytosanitaires à proximité des habitations et les techniques d’application de ces produits.

Depuis le mois de mai, le maire de Langouet a fait le buzz en prenant un arrêté interdisant l'épandage de pesticides à moins de 150 mètres des habitations. Arrêté suspendu en août par le juge des référés du tribunal administratif de Rennes, ce qui n'empêche pas la polémique d'enfler. "On veut que le texte de loi s'appuie sur les données scientifiques de l'Anses (5 et 10 mètres) et non pas sur un chiffre politique stigmatisant pour les agriculteurs", dénonce la présidente de la FNSEA.

"Sur ce dossier, il faut effectivement remettre de la raison et partir des bases scientifiques de l'Anses", estime aussi Didier Guillaume.

Après la phase de consultation qui a débuté le 9 septembre, le décret (règles d’élaboration des chartes) et l’arrêté (distances minimales) définitifs entreront en vigueur le 1er janvier 2020. Il sont également soumis à la consultation de la Commission européenne. À noter qu'à ce jour, une trentaine de chartes a été signée.

 

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