Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

André Sergent Président de la chambre régionale d’agriculture de Bretagne
Les agriculteurs bretons, bâtisseurs de souveraineté alimentaire

Les 135 000 emplois directs des filières agricoles et agroalimentaires, soit 10 % de l’emploi breton, sont restés mobilisés pendant toute la période de confinement. Rompues aux mesures d’hygiène et de sécurité sanitaire, nos filières se sont adaptées avec réactivité aux transferts de modes de consommation. L’ensemble a tenu parce que chaque maillon a tenu. L'inventivité en circuits plus courts doit aussi être saluée. Notre secteur a tenu mais il est absolument stratégique de renforcer durablement cette chaîne de valeurs, créatrice d’emplois et de cohésion territoriale.

Les filières légumières par exemple ont maintenu la production, les livraisons, vers une grande distribution qui a plutôt joué le jeu de l’origine France au plus fort de la crise. Preuve que lorsqu’il y a une volonté, il y a un chemin, malgré quelques grands titres sur l’augmentation des prix à la consommation. La capacité du maillon production à faire reconnaître la valeur économique et sociale de nos emplois locaux n’est pas gagnée. Satisfaire les attentes des consommateurs, de l'entrée, au haut de gamme, c’est aborder de front cet enjeu de compétitivité coûts et hors coûts sur l’ensemble de nos marchés. Le coût de l’emploi dans le produit final pose clairement le problème de compétitivité et de distorsions auquel les pouvoirs publics nationaux et européens doivent s’attaquer.

L’après crise est dans toutes les têtes. L’activité agricole se trouve au centre d’un champ d’affrontements. L’urgence serait de s’appuyer sur cette force de résistance pour notre économie régionale. Non pas pour ne rien changer, mais pour conjuguer intelligemment sécurité sanitaire, souveraineté alimentaire et transition climatique. Réduire les émissions de gaz à effet de serre, stocker le carbone, réduire la dépendance en protéines de nos élevages, préserver la biodiversité, relocaliser certaines productions ne sont pas des sujets tabous.

Le monde agricole breton est prêt à sceller un pacte de confiance avec ses concitoyens sur ces ambitions, avec deux contreparties : des prix agricoles qui reflètent la valeur accordée à l’alimentation, et une trajectoire de transition équitablement négociée, à l’instar de ce que nous avons su faire sur la qualité de l’eau.

Avant de pouvoir manger local, il faut d’abord pouvoir manger. Nous n’avons pas le monopole du droit à la souveraineté alimentaire. Chaque nation est légitime à la revendiquer. Mais le véritable champ de la souveraineté alimentaire, c’est l’Europe. Il ne peut se confondre avec un souverainisme alimentaire replié sur des frontières nationales. Il appauvrirait notre région et fragiliserait notre nation, sans garantir une limitation des importations.

Nous pouvons contribuer aux grands équilibres alimentaires mondiaux parce que notre région a des atouts humains, techniques, climatiques pour fournir des denrées diversifiées de qualité. Pour cela, les échanges commerciaux alimentaires ont besoin d’une régulation européenne adaptée. L'agriculture bretonne aspire à ce nouveau cap alimentaire et solidaire européen. Elle vient de démontrer depuis deux mois qu’elle est prête et qu’elle en est capable.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Dégâts de choucas : une nouvelle organisation dans les Côtes d’Armor
La population de cette espèce protégée augmente inexorablement depuis plus de dix ans dans le département. En 2019, la profession…
La filière méthanisation  sur une ligne de crête difficile
Plus de 1 300 unités de méthanisation seraient en projet, pour 900 actuellement en fonctionnement, selon le ministère de la…
Le Gaec des Chênes préfère  une gestion durable de ses haies
Avec un linéaire de dix-neuf kilomètres de haies, le bien-nommé Gaec des Chênes, à Plougonven (29) a mis en place, il y a des…
L'embauche de réfugiés : une expérience en cours en Centre Bretagne
Face à la pénurie de main d'œuvre dans les élevages de Centre Bretagne, des élus ont décidé, en fin d'année dernière, de lancer…
ASAP : nous ne serons pas les dindons de cette farce !

Acte 1 : début 2019, le Grand Débat National offre la possibilité aux citoyens d’exprimer leurs attentes en matière de…

Prix du porc : baisses en cascade, producteurs démoralisés
Les baisses s’enchaînent au Marché du porc breton pour la troisième semaine consécutive. Les producteurs de porcs craignent une…
Publicité