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André Sergent Président de la chambre régionale d’agriculture de Bretagne
Les agriculteurs bretons, bâtisseurs de souveraineté alimentaire

Les 135 000 emplois directs des filières agricoles et agroalimentaires, soit 10 % de l’emploi breton, sont restés mobilisés pendant toute la période de confinement. Rompues aux mesures d’hygiène et de sécurité sanitaire, nos filières se sont adaptées avec réactivité aux transferts de modes de consommation. L’ensemble a tenu parce que chaque maillon a tenu. L'inventivité en circuits plus courts doit aussi être saluée. Notre secteur a tenu mais il est absolument stratégique de renforcer durablement cette chaîne de valeurs, créatrice d’emplois et de cohésion territoriale.

Les filières légumières par exemple ont maintenu la production, les livraisons, vers une grande distribution qui a plutôt joué le jeu de l’origine France au plus fort de la crise. Preuve que lorsqu’il y a une volonté, il y a un chemin, malgré quelques grands titres sur l’augmentation des prix à la consommation. La capacité du maillon production à faire reconnaître la valeur économique et sociale de nos emplois locaux n’est pas gagnée. Satisfaire les attentes des consommateurs, de l'entrée, au haut de gamme, c’est aborder de front cet enjeu de compétitivité coûts et hors coûts sur l’ensemble de nos marchés. Le coût de l’emploi dans le produit final pose clairement le problème de compétitivité et de distorsions auquel les pouvoirs publics nationaux et européens doivent s’attaquer.

L’après crise est dans toutes les têtes. L’activité agricole se trouve au centre d’un champ d’affrontements. L’urgence serait de s’appuyer sur cette force de résistance pour notre économie régionale. Non pas pour ne rien changer, mais pour conjuguer intelligemment sécurité sanitaire, souveraineté alimentaire et transition climatique. Réduire les émissions de gaz à effet de serre, stocker le carbone, réduire la dépendance en protéines de nos élevages, préserver la biodiversité, relocaliser certaines productions ne sont pas des sujets tabous.

Le monde agricole breton est prêt à sceller un pacte de confiance avec ses concitoyens sur ces ambitions, avec deux contreparties : des prix agricoles qui reflètent la valeur accordée à l’alimentation, et une trajectoire de transition équitablement négociée, à l’instar de ce que nous avons su faire sur la qualité de l’eau.

Avant de pouvoir manger local, il faut d’abord pouvoir manger. Nous n’avons pas le monopole du droit à la souveraineté alimentaire. Chaque nation est légitime à la revendiquer. Mais le véritable champ de la souveraineté alimentaire, c’est l’Europe. Il ne peut se confondre avec un souverainisme alimentaire replié sur des frontières nationales. Il appauvrirait notre région et fragiliserait notre nation, sans garantir une limitation des importations.

Nous pouvons contribuer aux grands équilibres alimentaires mondiaux parce que notre région a des atouts humains, techniques, climatiques pour fournir des denrées diversifiées de qualité. Pour cela, les échanges commerciaux alimentaires ont besoin d’une régulation européenne adaptée. L'agriculture bretonne aspire à ce nouveau cap alimentaire et solidaire européen. Elle vient de démontrer depuis deux mois qu’elle est prête et qu’elle en est capable.

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