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Les agriculteurs dans la bataille de la com'

L'association Agriculteurs de Bretagne a tenu sa quatrième assemblée générale, et elle semble déjà un acteur incontournable dans le paysage agricole breton. Communication et anticipation des tendances de consommation étaient à l'ordre du jour.

Une salle pleine, des visages concentrés, des tweets en pagaille... L'assemblée générale d'Agriculteurs de Bretagne s'est déroulée sous les meilleurs auspices en début de semaine. Si élus et agriculteurs étaient au rendez-vous, c'est que les enjeux sont grands. "Valoriser et donner une image positive à l'agriculture bretonne" sont les ambitions de l'association. Dans un contexte où les attaques sur les pratiques agricoles et l'alimentation se multiplient, la tâche est ardue. Ainsi, la présidente Danielle Even persiste et signe : "Nous sommes face à des associations qui tirent sur une cible faible, isolée dans son exploitation. La seule alternative est de bombarder les médias et les réseaux sociaux d'images positives, qui permettront à chacun de mieux se rendre compte de notre quotidien. C'est notre responsabilité à tous".

Rester sincère pour être crédible

Si les administrateurs et les adhérents prônent une médiatisation contrôlée de leur métier, tous reconnaissent que la sincérité et l'authenticité de leurs propos seront un gage de bonne foi auprès des consommateurs. Un constat partagé par Pascale Hebel, économiste au Crédoc, venue présenter ses travaux sur les tendances de consommation. "Nous pouvons noter une forte défiance de la part du mangeur vis-à-vis de la nouriture. En parallèle, la quote de confiance vis-à-vis des agriculteurs a augmenté de quatre points", explique la spécialiste. Une légitimité qui devrait permettre aux agriculteurs de se faire entendre sur la qualité des produits français et les pratiques d'élevage.

Des représentations ancrées

Le lien des consommateurs avec la nourriture est intimement lié aux peurs véhiculées autour d'elle. Les crises sanitaires successives (vache folle, grippe aviaire...), la fraude à la viande de cheval et l'actuel "food bashing" (Cash investigation, documentaire sur le saumon d'élevage, vidéos L214) ont largement entamé la confiance des consommateurs. Pascale Hebel a réalisé une "cartographie des peurs" afin de pouvoir mieux répondre aux interrogations concrètes des consommateurs. Ainsi, les pays du nord de l'UE semblent très concernés par la notion de bien-être animal, les pays du sud sur les risques sanitaires alors que les Français, les Allemands et les Italiens attachent une forte appréhension concernant l'utilisation des produits phytosanitaires. "Toutes ces peurs encouragent les consommateurs à augmenter leur budget dédié à l'alimentation, jusqu'à 10 % de plus. C'est une vraie tendance, qui est certes assez nouvelle mais très présente pour la jeune génération, ce qui est un signe de durabilité".

Anticiper les demandes sociétales

Régime vegan, végétarien, sans gluten... traduisent la préoccupation des consommateurs concernant leur alimentation. "Ces régimes sont sur-représentés chez les jeunes et les femmes, qui font le lien entre alimentation et maladies comme le cancer et l'obésité", informe l'économiste. En plus de prendre en compte les demandes existantes, Pascale Hebel recommande vivement d'aller au delà. "La qualité de la viande devra demain être en rapport avec ses qualités nutritionnelles". Un message entendu par Danielle Even, qui affirme que "nous devons parler des évolutions de nos pratiques, plus en phase avec les attentes des jeunes consommateurs. C'est l'unique moyen de reprendre la main, de maîtriser notre image".

 

Challenge communication : les lauréats

Après avoir étudié 26 dossiers, le jury a décerné une mention spéciale, six prix de catégories et un coup de c½ur parmi les concurrents du prix challenge communication récompensant les actions visant le grand public breton.

Mention spéciale / le jury a tenu à saluer les initiatives du syndicat des Jeunes agriculteurs qui ont organisé de nombreuses animations de communication positives, originales et fédératrices tout au long de l'année.

Tous à la ferme / Sandrine et Yoann Février ont fait découvrir leur élevage de lapins à 850 visiteurs.

Associations / Charcuterie gourmande a mis en avant les produits bretons.

Groupes d'agriculteurs / Jeunes agriculteurs des Côtes d'Armor pour l'organisation de "Ferme en ville".

Agriculteurs / Patrick et Alex Guillemoto pour leurs portes ouvertes.

Etablissements publics / Mairie de Pluméliau pour leur initiative élus-paysans et la distribution de sandwichs français aux citoyens.

Entreprises et coopératives / UCPT pour leur atelier de recettes de légumes dans les écoles de services à la personne.

Coup de c½ur du Jury / Le groupe Facebook "paroles d'agricultrices face à la crise" qui libère la parole et permet l'entraide.

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