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Les collectifs de l’agro-écologie capitalisent

Réduction d’intrants, santé, sol et TCS, systèmes plus herbagers, autonomie protéique… A la faveur de quatre rencontres dans chacun des départements bretons, des agriculteurs sont venus présenter leurs travaux de groupes labellisés AEP ou GIEE. 72 collectifs s’y sont engagés entre 2014 et 2018, 38 poursuivent encore, avec des pratiques plus agro-écologiques : les résultats sont là, reste encore à les faire connaître.

Passer le "trou d’été de pâturage", un enjeu fort pour le projet de création de laiterie sur Belle-Île qui permettrait de mieux valoriser la production insulaire laitière.

"Le faire savoir", tel était le but de ces réunions "de capitalisation" qui ont connu une maigre fréquentation. Car ces forums à destination de la profession agricole, les 3, 10, 13 et 14 février derniers, devaient permettre de capitaliser en diffusant la multitude d’expériences acquises au sein des collectifs estampillés "Agriculture Écologiquement Performante" pour AEP ou "Groupe d’Intérêt Économique et Environnemental", GIEE. Des projets soutenus par des subsides de l’État ou de la Région et labellisés autour d’un fil rouge "celui des pratiques agro-écologiques". Une somme de travaux qui constituent une manne "d’une richesse exceptionnelle d’expériences et de réussites car ce fil rouge est un moyen pour atteindre la multi-performance. S’appuyer sur ces fonctionnements sert à améliorer les performances économiques, environnementales et sociales des exploitations. On y croise des agriculteurs bien dans leurs bottes", constatent de concert Jean-Yves Porhiel de la chambre d’agriculture de Bretagne, Emilie Labussière, du Conseil régional et Anaïs Mailhé, de la DRAAF. Pour porter ces groupes, les accompagner et les faire vivre suivant la demande de leurs membres, une foultitude de structures allant des Chambres d’agriculture en passant par les groupes de développement, Res’Agri, Geda, Ceta, Civam, Gab, ou encore GIE, et coopératives telle Triskalia… Morceau choisi en Morbihan.

 

 

À Belle-Île, diminuer l’impact de l’insularité

 

agro-écologie

Habiter un joyau ne suffit pas, "tout coûte sur notre île, les charges y sont plus importantes, le transport, les intrants. Et le lait n’est pas mieux payé qu’ailleurs". Ce constat, Yves Caro le partage depuis longtemps avec ses collègues iliens. Il est l’un des 10 éleveurs laitiers (sur 36 fermes de l’île) engagés dans le groupe AEP du syndicat d’élevage de Belle-Île-en-Mer entre 2016 et 2019 qui devrait se poursuivre en GIEE. Avec leurs 400 vaches laitières, 2,2 millions de litres de lait sont collectés par la communauté de Belle-Île avant d’être livrés sur le continent à Pontivy chez Lactalis. Alors, ils ont voulu "voir comment mieux vivre de notre métier, mieux valoriser notre produit. Transformer sur place notre lait était une piste qu’on a travaillée avec des partenaires, le CPIE (centre permanent d’initiatives pour l’environnement), la chambre d’agriculture et Gerdal, (groupe d’expérimentation et de recherche développement et actions localisées)". Parmi les premiers challenges inventoriés à relever ? "Produire sur place et l’été entre autres, quand la demande est là pour faire face au trou de production. On a fait des réunions bout de champ sur la betterave, les variétés pour le pâturage et la qualité organoleptique du lait…", témoigne l’éleveur. Transformer sur place ? "On a fait six visites d’outils de transformation, et puis on voulu tester aussi chez nous, lancé une étude de marché approfondie, un modèle économique de laiterie étudié par une élève-ingénieure... Nous avons aussi cherché un porteur de projet car on s’est aperçu qu’on n’aurait pas le temps de tout faire, six candidats vus en six mois"…. "Il y a eu une grosse accélération du rythme l’an passé, c’est important de mobiliser les acteurs locaux. On a mis que le pied. Il reste aujourd’hui encore beaucoup à faire, l’objectif est de bien sécuriser les éleveurs maîtres du projet", note avec prudence Pascale Guillermic de la chambre d’agriculture, qui les a accompagnés. Une laiterie devrait voir le jour à Belle Île, le projet, ses porteurs, sont sur les rails. "Le groupe a permis tout ce travail amont, on a besoin de temps. Ce sont des projets qui s’inscrivent dans la durée, avec un ancrage local fort".

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