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Les Cuma se voient comme des outils d'animation territoriaux et de progrès

La fédération des Cuma de l'ouest avait centré le thème de son assemblée régionale sur l'autonomie alimentaire des exploitations. En plus de leur coeur de métier de l'investissement en commun, les Cuma se positionnent comme élément de d'échange, de réflexion, et d'animation des réseaux locaux. Elles veulent contribuer à faire progresser les méthodes, changer les habitudes et répondre aux besoins d'évolution et d'accompagnement du monde agricole, matériels mais pas seulement.

Laurent Guernion Président de la FRcuma.

Dans l'Ouest, les 2 358 Cuma regroupent 55 849 agriculteurs essentiellement éleveurs. Elles emploient 994 salariés permanents, et réalisent 246 millions d'euros de chiffre d'affaires. Sur l'année 2018 le total des investissements réalisés représentait 162 millions d'euros. Ce chiffre a continué à progresser de l'ordre de 10 % en 2019, répondant aux besoins de renouvellement en matériel des exploitations, à l'augmentation de la taille de ces dernières, et à des besoins en matériels spécifiques traitements, épandage, désherbage, fauche, fanage...

  

Difficultés de recrutement

Pour Laurent Guernion président de la FRcuma "nous n'avons jamais été aussi haut en niveau d'investissement". Les Cuma avaient pris du retard après l'année 2016, mais les responsables régionaux au delà de l'aspect conjoncturel, constatent des évolutions plus structurelles. Les Cuma qui offrent un "service complet" et qui disposent pour cela de main d'œuvre adaptée, se développent. Elles répondent à la question de la difficulté de recrutement, et aux questions de pénibilité et de la charge de du travail dans les exploitations. La contrepartie étant évidemment qu'elle subissent à leur tour des difficultés de recrutement par exemple de mécaniciens et de conducteurs qualifiés !
Pour autant la fédération régionale entend poursuivre son travail en élargissant la mission à l'accompagnement des exploitations dans le changement, accompagner le pourquoi avant d'arriver à la machine, au comment. la modification de l'investissement n'étant que la conséquence de la réflexion et du choix des exploitants. L'exemple en était donné lors de l'assemblée générale de mercredi dernier avec le thème lancé de l'autonomie alimentaire. 
On ne compte plus le nombre de plans protéine ou autonomie, ambitionnant d'aller vers plus d'autonomie, et de réduire la dépendance au soja notamment. Mais à ce jour aucun des plans n'a permis d'atteindre l'ambition. Toutefois depuis quelques années une prise en conscience est en train de naître. 

Les Cuma qui offrent un "service complet" et qui disposent pour cela de main d'oeuvre adaptée, se développent.

 

De nombreux leviers pour l'autonomie

Elle est liée à l'évolution climatique, qui perturbe les approvisionnement et les coûts. Mais le contexte politique, économique, sociétal évolue aussi. Le développement des bio carburants, amène une disponibilité de tourteaux locaux nouvelle, beaucoup d'éleveurs sont aussi entrés dans des processus de production plus vertueux à base d'herbe, avec des cahiers des charges sans OGM, avec un lien au sol ou au territoire
Pour Jérome Pavie, chef du service fourrages à l'Idèle, "les agriculteurs Français sont aujourd'hui encore sur des systèmes autonomes, à 84 % en fourrages en bovins lait, mais seulement à 62 % en protéines. Le problème essentiel venant du maïs qui déséquilibre la ration". Il recommande "avant de faire différemment, il faut faire mieux, il faut plutôt optimiser les pratiques que tout modifier pour utiliser moins de concentrés".  
Pour autant les leviers disponibles au niveau de l'exploitation sont nombreux qui permettent d'aller vers des systèmes pratiquement autonomes, notamment dans nos régions. La réintroduction de la luzerne, la maîtrise de l'herbe, l'utilisation de concentrés, de céréales de méteils produits localement, peut permettre d'approcher l'autonomie. Il recommande aussi de "s'interroger sur le niveau de production du troupeau. Les animaux doivent être adaptés au potentiel fourrager et non l'inverse". L'Idèle a ainsi identifié 185 leviers sur lesquels l'éleveur peut agir s'il veut aller vers l'autonomie alimentaire.

Les responsables des Cuma de l'Ouest se sont prêtés au jeu mercredi dernier de la réflexion et des travaux en groupe pour identifier les enjeux et les pistes d'action face à cette question de l'autonomie alimentaire. La fédération des Cuma enrichit son offre au travers d'outils numériques permettant d'amener des références et des coûts. Une façon de se positionner sur l'ensemble de la chaine de réflexion et d'anticiper les besoins des exploitations, pour leur proposer des solutions innovantes et adaptées.

 

Prochaine journée Méca élevage dans la manche

Le réseau des Cuma de l'ouest organise tous les deux ans des journées techniques de démonstration sur le terrain. Après Saint-Brieuc, Cholet, le rendez-vous Méca élevage est fixé cette année en sud Manche, en limite d'Ille et Vilaine à Vergoncey (50) schématiquement entre Saint-James, et Pontorson.
Les principaux thèmes développées au cours de l'édition 2020 à laquelle sont attendues entre 2 et 3 000 personnes, seront la récolte de l'herbe, l'épandage des fumiers et lisiers, et la question de l'autonomie protéique des exploitations.
Étienne Capelle, président du comité d'organisation, précise que des ateliers techniques permettront d'aborder avec des spécialistes les différentes questions, avant bien sûr d'assister à des démonstrations, et des présentations sur site et en situation. l'intérêt de ces journées est bien sûr de bénéficier des échanges, des témoignages d'ultilisateurs, en plus des conseils des constructeurs
Meca élevage s'inscrit dans la formule des salons de plein air avec un village des exposants, des conférences, des démonstrations...  Des salons de plein air qui rencontrent un vif succès année après année.

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