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Les échanges entre conventionnels et bio permettent d'aller plus vite

Les chambres d'agriculture organisent, sur toute la Bretagne, treize rendez-vous sur le désherbage mécanique, dont les premiers démarrent dès la fin du mois sur des parcelles de céréales bio et conventionnelles*. L'occasion de découvrir du matériel à l'œuvre et d'entendre les témoignages d'agriculteurs et de conseillers. C'est une des formes d'accompagnement des chambres d'agriculture aux agriculteurs biologiques, ici sur l'étape cruciale qu'est l'implantation des cultures. À propos de cet événement ouvert à tous les agriculteurs, Patrice Le Penhuizic, président de la commission bio régionale, insiste notamment sur l'importance des échanges entre producteurs bio et conventionnels.

Patrice Le Penhuizic, président de commission bio régionale des chambres d'agriculture de Bretagne.

Pouvez-vous nous en dire plus sur cet événement ? Et plus largement, en quoi la production et la diffusion de références en bio sont-elles utiles aussi aux conventionnels ?

Patrice Le Penhuizic. Les rendez-vous techniques de 2020 seront une suite de ceux de 2018 et 2019 en grandes cultures bio. Le développement de la bio nécessite de produire des céréales mais aussi d'autres cultures. Quand les agriculteurs passent en bio, surtout au début, ils ont besoin de bien gérer le désherbage, avec des techniques nouvelles à acquérir. 
Les chambres ont le rôle d'accompagner toutes les agricultures. Quand on parle désherbage mécanique, on parle aux producteurs bio, soit qu'ils cherchent à se réassurer dans leurs pratiques soit qu'ils souhaitent les revisiter, et voir du matériel nouveau. On s'adresse aussi aux producteurs conventionnels qui pour certains seront peut-être en bio dans les prochaines années. Mélanger bio et conventionnels permet un enrichissement mutuel.
Quand on est en bio, on revient progressivement à des bases, d'agronomie, d'assolement, on cherche de nouvelles cultures. Pour ma part, je me suis même surpris à m'intéresser à nouveau à la génétique bovine. Des choses qu'on n'imaginait pas forcément au départ de notre conversion. Elles sont passionnantes, et redonnent du plaisir au métier de paysan. Cet optimisme et cette curiosité pour les techniques nouvelles, c'est aussi ce que nous donnerons à voir lors de ces prochains rendez-vous bout de champ.

 

Quels sont les besoins de références les plus importants pour les producteurs bio actuellement ?

P.L.P. Même si le passage en bio pose une multitude de questions, les difficultés sont surtout dans les champs. Les sols doivent s'habituer à ne plus recevoir de fertilisants. L'implantation de la culture, pour qu'elle soit propre, est fondamentale pour la réussite de la culture et a des conséquences sur tout le reste.

 

En quoi estimez-vous que les chambres d’agriculture se distinguent dans leur accompagnement à la bio ?

P.L.P.  La bio aujourd'hui en Bretagne, c'est 10 % des fermes, 6 à 7 % de la surface, ce n'est pas anodin ! Cela représente un agriculteur sur trois qui s'installe. Et avec 3 350 exploitations au total en Bretagne, cela commence à peser. On répond à tous ces agriculteurs.
Quand on a pour objectif de développer la bio, le fait d'avoir comme nous un pied chez les conventionnels, d'avoir ces agriculteurs-là en collaboration régulière, place bien les chambres d'agriculture pour les accompagner dans une conversion à l'agriculture bio. Or développer la bio passe essentiellement par des conversions. On le voit d'ailleurs dans les filières. Dans celles qui ont eu un développement très fort et rapide, comme la filière légumière, les producteurs bio n'ont pas été mis à part, ils sont restés avec les autres agriculteurs dans le groupement. Or ce sont les échanges entre conventionnels et biologiques qui permettent d'aller plus vite vers des conversions nouvelles. La bio n'a pas à être canalisée. On ne peut pas à la fois vouloir développer la bio et la contraindre, même si des choses peuvent nous échapper à des moments.
Les groupes, culturellement présents dans les chambres d'agriculture et que l'on accompagne, sont un autre atout important. La notion de collectif est centrale pour avancer en bio. Après, si un agriculteur veut un accompagnement individuel, on sait faire aussi. On a la panoplie complète pour répondre à tous types d'agriculteurs réfléchissant à la bio. Et ce d'autant plus depuis la régionalisation des chambres d'agriculture, aujourd'hui dotées de vingt-cinq personnes dans le domaine et qui s'appuient sur d'autres collègues spécialisés en bio dans la  recherche et innovation dans les stations expérimentales (Auray, Kerguéhennec, Trévarez).

 

Les aides à l’agriculture ciblent notamment de plus en plus l'agriculture bio ou du moins agro-écologique. Comment voyez-vous cette évolution ?

P.L.P. Je demande à voir. Les politiques agricoles sont de grandes déclarations. Concernant la PAC par exemple on ne sait pas réellement ce que deviendront les MAEC, même si, en Bretagne, on s'en sort plutôt bien. On ne peut pas dire qu'on soutient l'agriculture biologique et en même temps réduire les moyens financiers qui lui sont consacrés, car cet accompagnement est nécessaire. L'agriculture, de manière générale, a besoin d'aides. La bio aussi. À ce jour les marchés bio restent globalement porteurs mais il faut rester vigilant.

 

* plus de détails sur le programme en pages 4-5.

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