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PRODUCTION PORCINE
Les éleveurs font le blocus de la ville de Rennes

Face à une crise qui n'en finit pas, les producteurs de porcs ont bloqué, mardi 19 février, les accès à Rennes. Un blocage sur les routes pour symboliser celui de toute une filière qui s'enlise entre baisse des cours et hausse des coûts de production.

Venus de Bretagne, des Pays de la Loire, de Normandie, ils sont plus de 2 500 manifestants (producteurs de porcs et salariés de la filière) - 1 300 selon les forces de l'ordre - à avoir convergé vers Rennes, mardi 19 février. A l'appel de la FNP, les sections porcines et les entreprises de la filière ont organisé de 11h à 16h des barrages filtrants, causant d'importants bouchons sur les 7 principales routes d'accès. Bilan pour des milliers d'automobilistes, un horizon bouché. A l'image de ce que vit la filière porcine, coincée entre des cours en berne et des coûts de production qui flambent. Sous la conduite de Jean Michel Serres, président de la FNP, une délégation des organisations syndicales et économiques a été reçue par le préfet de région et le DRAF. "Nous avons obtenu l'assurance d'une rencontre avec le ministre de l'agriculture jeudi", annonce Jean Michel Serres, à l'issue de l'entrevue. La filière a réitéré ses demandes afin de réduire les distorsions de concurrence entre pays européens qui pénalisent la France. Des distorsions qui portent sur la réglementation environnementale, l'alimentation et notamment la réincorporation de graisses animales, le coût de la main d'œuvre mais aussi la parité monétaire. "Nous avons exigé une clause de rendez-vous avec les ministères de l'Agriculture, de l'Environne-ment et de l'Economie pour déboucher sur des décisions concrètes qui corrigent les injustices dont est victime la filière française", explique le président de la FNP. La filière exige donc des super-restitutions (voir encadré), un abondement supplémentaire pour la prise en charge de cotisations sociales et des agriculteurs en difficulté, l'autorisation d'utiliser des graisses animales et un accompagnement de la restructuration et de la modernisation.
Pour sortir la filière de son marasme, les éleveurs se tournent aussi vers la grande distribution et ses marges. Les producteurs réclament 40 à 50 centimes du kilo de carcasse. "Pas de quoi grever les marges de la grande distribution. Rétablissons un rapport de forces équilibré, demande Jean Michel Serres. Les producteurs ne supportent plus que le prix augmente dans les autres bassins, alors qu'ici les transformateurs n'arrivent pas à faire passer une hausse à la grande distribution. Nous serons très vigilants à toute nouvelle libéralisation du commerce qui pourrait augmenter le rapport de forces entre les GMS et les filières".
Cette manifestation en nombre n'est peut-être que la première d'une série. "Cette mobilisation s'est passée dans le calme mais nous saurons nous faire entendre s'il n'y a pas de décisions concrètes", prévient Jean Michel Serres.
Bruxelles prolonge les aides au stockage privé de trois mois
Toujours mieux que rien. La Commission européenne a annoncé la prolongation du stockage privé des viandes porcines de trois mois supplémentaires, lors du Conseil des ministres européens de l’Agriculture, le 18 février. Ainsi des volumes importants, à hauteur de 100 000 tonnes, ne seront pas déstockés sur un marché européen encore excédentaire, au risque d’aggraver la chute du prix payé aux producteurs.
En revanche, Bruxelles a refusé d’augmenter les restitutions aux exportations – ni de les diminuer – comme le ministre français, Michel Barnier, le lui réclamait, "alors que ceci était son intention initiale, au regard de l'évolution des cours au Brésil et aux Etats-Unis", déplore la rue de Varenne. Les subventions, réintroduites en novembre dernier, demeurent au niveau de 31 euros par 100 kg pour les carcasses et les découpes de viande.
Mais la commissaire européenne à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, n’a pas manqué de rappeler, à l’issue du Conseil agricole, que les Etats membres qui réclament le déclenchement de mesures de soutien aux marchés en raison du prix élevé de l'alimentation animale (Allemagne, France, Belgique, Irlande, Pologne…), sont les mêmes qui votent contre l'importation de produits "feed" génétiquement modifiés (GM), destinés de l’alimentation animale, moins chers que les aliments non GM. Preuve supplémentaire que la question des OGM divise toujours autant les 27.
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