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Les éleveurs laitiers veulent qu'on les aime

"Les éleveurs laitiers, nos amis pour la vie" : tel est l'intitulé d'une campagne de promotion et de soutien aux producteurs de lait lancée par le Centre national interprofessionnel de l'économie laitière (Cniel). Le premier acte devait se jouer, mercredi 23 sur le parvis du Palais Brongniart à Paris, avec la fête de la mise à l'herbe.

La page d'accueil du site internet, http://www.jesoutiensleseleveurslaitiers.com/
La page d'accueil du site internet, http://www.jesoutiensleseleveurslaitiers.com/
© Terra
"Le lait en Europe, c'est l'affaire de tous. C'est pourquoi nous espérons que beaucoup viendront nous soutenir, avait insisté Henri Brichart, le président du Cniel et de la FNPL, lors du récent congrès de la fédération nationale à Saint Etienne. Nous sommes dépositaires d'un modèle auquel nous croyons. Fort du soutien de nos concitoyens, c'est cela que nous voulons défendre".

Un site internet...
Sous la houlette du Cniel, un site internet, http://www.jesoutiensleseleveurslaitiers.com/, invite chacun à signer une lettre de soutien. Mardi 22, ils étaient déjà plus de 2 800 à l'avoir fait, dont 170 de la Bretagne. Mais ce site n'est pas qu'un simple lieu convivial pour signer une lettre de soutien, c'est aussi un site interactif où le Cniel décline les atouts de la production laitière et les enjeux auxquels les producteurs vont être confrontés, notamment avec le fameux bilan de santé de la PAC.
Cette campagne de sensibilisation explique donc au grand public que, producteurs de bien-être, les éleveurs laitiers nourrissent les populations, qu'ils sont créateurs de vie économique et font vivre les campagnes, qu'ils sont acteurs pour l'environnement en valorisant la nature et les paysages, et, qu'enfin, ils sont garants du patrimoine commun en même temps que dépositaire du terroir français.

... Une fête à Paris...
La mise à l'herbe est un moment important de ce vécu de l'éleveur laitier et de ses animaux. Pour fêter cela l'interprofession souhaite organiser le 6 mai à Paris une reconstitution.
Le Cniel va donc inviter les Parisiens à découvrir la mise à l'herbe en direct, telle qu'elle se pratique partout en France : 6 vaches laitières sont venues brouter l'herbe plantée pour l'occasion sur le parvis de la place de la Bourse. Une étable, une mini-salle de traite, des animations sur l'alimentation des vaches, des reportages projetés sur la mise à l'herbe, un "bar à lait" et des rencontres avec les éleveurs ont complété le dispositif.

... Et un sondage national
90% des éleveurs laitiers sont fiers de leur métier. C'est en premier ce qui ressort d'une étude TNS-Sofres/Cniel de janvier 2008 effectuée sur un échantillon représentatif des éleveurs en termes de régions x quotas laitiers et régions x âge de l'interviewé. Ils sont fiers parce qu'ils nourrissent la population (63%), parce qu'ils participent à la protection de la nature (43%), parce que c'est un honneur de proposer un produit noble (32%). Viennent ensuite la satisfaction personnelle (24%) la passion pour les bêtes (24%), la liberté d'être son propre patron (19%), la vocation et la passion (16%), etc.
Pour les aspects négatifs, les contraintes vis-à-vis de la vie personnelle arrivent en tête suivies des contraintes liées au métier, le faible revenu et la mauvaise image du public.
En effet, cette enquête démontre aussi que seulement 25% des éleveurs estiment que leur métier est reconnu à sa juste valeur par les Français, alors qu'ils sont 83% à attendre cette reconnaissance.
Une perception qui est loin de "coller" à la réalité selon une étude Cniel/FNPL/CSA datant de février 2006. A 90% les Français affirment avoir une "très bonne" ou une "assez bonne" opinion des éleveurs laitiers. Par ailleurs, ils sont 89% à avoir "tout à fait" ou "assez confiance" dans le professionnalisme des producteurs laitiers, alors qu'ils n'étaient que 83% à penser ainsi en 2001.
De la à penser que l'opération de communication lancée par le Cniel vise tout autant les producteurs que les consommateurs, il n'y a qu'un pas… que nous franchirons pas.
Marcel Denieul : "Défendons le modèle d'élevage français"
Président de la section laitière de la FRSEAB, Marcel Denieul, apporte son regard sur cette opération et sur ses enjeux.

Quel est l'intérêt d'une telle opération ?
Marcel Denieul. "Cette opération et le soutien que nous espérons du grand public redonneront aux éleveurs une fierté du métier et leur permettront d'apprécier leur image positive. Cette communication nous permettra aussi de défendre le modèle d'élevage français, avec tout ce qu'il apporte en termes d'économie et de paysages.
Modèle qui pourrait être remis en cause par le bilan de santé de la PAC. Pour le défendre, nous avons besoin de l'appui de nos voisins ruraux, de tous nos concitoyens. L'élevage apporte à tous, nous devons mieux le faire savoir".

Qu'a de si particulier ce modèle français ?
M.D. "En France, l'élevage bovin est présent partout, il a façonné les paysages, créé une dynamique économique. A quoi ressemblerait l'Ouest sans élevage ? Il faut faire prendre conscience à nos concitoyens, aux décideurs que l'élevage peut disparaitre et que les conséquences en seraient énormes. Profitons de toutes les opérations de communication pour faire connaître les réalités de notre métier et ce qu'apporte l'élevage. Prenons à témoin nos concitoyens que l'élevage français a un bel avenir qu'il faut défendre".

Propos recueillis par Cécile Julien
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