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Les employeurs doivent se structurer sur un plan national

La FNSEA réalise actuellement une tournée régionale "Employeurs". Elle passait lundi dernier par Rennes en présence de Jerôme Volle, vice-président de la FNSEA et président de la commission nationale emploi, de Jean-Claude Foucraut, président de la commission employeurs de la FRSEA Bretagne et de Céline Camgrand Vila, de Légumes de France. Terra en a profité pour leur poser quelques questions.

Jean-Claude Foucraut, Jérôme Volle, Céline Camgrand Vila, représentants des agriculteurs employeurs.

Vous terminez une tournée des régions. Pourquoi et quels sont les sujets d'actualité sur l'emploi ?

Jérôme Volle. Notre histoire est avant tout territoriale. Tout ce qui s'est passé comme avancée sociale, développement économique, accompagnement des entreprises et des salariés s'est fait au niveau local. À l'inverse nous avons aujourd'hui un État qui va vers plus de centralisation, plus d'organisation nationale, une vision et une reconnaissance nationale. À notre niveau, cette reconnaissance nationale doit nous permettre de peser dans le débat politique. Nous ne sommes pas dans l'interprofession qui regroupe le Medef, la CPME et l’U2P. Nous sommes dans ce qu’on appelle le multi professionnel, ce qui nous permet d’être à la fois consulté sur les divers dossiers et de pouvoir négocier avec l’État. Nous restons indépendants, autonomes, et avec la faculté d'être consultés par le gouvernement. Actuellement, les pouvoirs publics nous demandent de nationaliser un certain nombre de dispositifs. Or cela nous oblige à nous structurer sur un plan national. Il est donc important d'aller à la rencontre de ce qui se passe en région, de laisser la capacité aux acteurs territoriaux de capitaliser, de se mobiliser et d'enrichir le dialogue social au profit des entreprises et de la politique de recrutement.

 

La création d’une convention collective nationale est le dossier du moment à la commission emploi de la FNSEA ?

J.V. Tout à fait, c'est un des gros sujets de discussion. Aujourd'hui nous avons 141 conventions collectives territoriales et 2 conventions nationales en aquaculture et en accouvage. Nous allons vers une seule convention collective nationale. Au niveau des territoires vont ensuite s'engager des discussions : qu'est-ce que l'on garde en accord collectif ou qu’est-ce qui bascule dans la négociation d’entreprise ? La loi facilite désormais la conclusion d’accords d'entreprise. Une convention collective, c'est le minimum qui s'applique à tous. Trois "gros sujets" - classification des métiers, grille de salaire, retraite supplémentaire - sont traités prioritairement. D’autres sujets seront abordés et rediscutés à terme et certains se mettront en place au niveau territorial. Si l'on veut arriver à une signature au premier semestre 2020, il faut se concentrer sur les sujets les plus structurants.

 

Qu'ont à gagner les agriculteurs de ces discussions ?

Céline Camgrand Vila. Nous avons à gagner de la simplification, et de la lisibilité. C'est compliqué pour un employeur lorsqu'il y a plusieurs conventions collectives à appliquer. Ce sera à chaque territoire de décider quelles adaptations faire. Il sera possible de débattre de ce que l'on veut garder en termes de prévention, protection sociale, travail à la tâche, toutes ces choses qui existent et dont les partenaires sociaux devront discuter.

Jean-Claude Foucraut. Nous avons 9 conventions collectives pour les productions agricoles en Bretagne. Elles sont constituées de différences inter-départementales et inter-sectorielles. La convention nationale va se substituer au corps de nos conventions. Mais nous avons en Bretagne plusieurs points spécifiques comme la prime d'ancienneté, la prime de fin d'année, les Anefa, les comités des salariés agricoles, la prévoyance. Nous allons devoir gérer ces différentiels, et les retrouver dans des accords locaux ou d'entreprise. Nous devrons partager ces sujets avec les syndicats des salariés agricoles pour avancer de concert. Et nos FDSEA vont se mobiliser pour la mise en œuvre de cette convention nationale.

 

L'autre sujet d'actualité est la réforme des retraites. Représente-t-elle une avancée pour les employeurs ?

J.V. Pour les futurs retraités le prochain système est plutôt favorable. Mais il reste très "déficitaire" pour les "déjà" retraités. Pour rester sur l'angle "employeurs", ce qui nous dérange, c'est que nous avions réussi à calmer le débat sur le compte pénibilité qui aurait amené des conflits entre salariés et chefs d'entreprises. Nous avions obtenu que ce qui est quantifiable, on le mette dans le compte pénibilité. Le reste, on le met dans un pot commun qui est "accident du travail, maladie professionnelle". Aujourd'hui on voit que le gouvernement, s'enlisant sur la réforme des retraites, remet en scène le compte pénibilité. Pour la FNSEA, nous sommes défavorables à ce qu’on y revienne, pas sur la prise en compte de la pénibilité mais sur une méthode qui consisterait à faire porter une charge administrative et financière sur les entreprises.

 

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