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Les Fermiers d'Argoat maintiennent leurs volumes, sans Doux

Les poulets label bretons ont échappé à un véritable cataclysme mais les volumes qui passaient par Doux Sérent ont finalement été repris par le groupe LDC. Les volumes se maintiennent donc aux Fermiers d'Argoat.

"Nous avons anticipé la crise Doux avec la création des Volailles du Gouët, en janvier 2012", explique Philippe Guillet, directeur de LDC Bretagne. Basées à Loudéac, les Volailles du Gouët sont une nouvelle structure habilitée au sein des Fermiers d'Argoat. C'est ce qu'a précisé la présidente des Fermiers d'Argoat - organisme de défense et de gestion des produits sous signes de qualité en Bretagne - lors de l'assemblée générale le 23 novembre à Saint-Caradec (22). Les volumes (3,4 millions de poulets abattus en 2011) seront donc maintenus pour les Fermiers d'Argoat.


La Bretagne fait vendre

 

Au niveau de la Bretagne, LDC développe une nouvelle offre pour la Scarmor (centrale d'achats pour 42 magasins Leclerc en Finistère, Côtes d'Armor et Morbihan, ndlr). "Nos équipes marketing sont au travail dès aujourd'hui pour développer l'image de la Bretagne sur nos produits pour le printemps 2013".
Par ailleurs, la Scarmor développe depuis un an des gammes "éleveurs de Bretagne" ou "éleveurs de l'Ouest". Gammes qu'elle développe "en toute indépendance" vis-à-vis des dirigeants nationaux, en travaillant "directement auprès des abattoirs et OP qu'elle souhaite", souligne Rodolphe Roudot, directeur du Leclerc de Saint-Brandan, en charge du développement de ces gammes. "On a remarqué qu'en apposant simplement "né, élevé et abattu en Bretagne", les ventes étaient multipliées par dix au même prix. Et depuis que cette gamme est déclinée en plus pour le drive en volailles (il fallu pour cela que les industriels proposent des prix fixes et donc des poids fixe d'un emballage à l'autre), c'est devenu un produit hyper important". Vu la reconnaissance des clients pour cette marque d'à peine un an d'existence, et maintenant que "le dossier Doux se tasse un peu", la Scarmor souhaite aujourd'hui passer à la vitesse supérieure. Bientôt sera édité un catalogue dédié aux produits bretons, et des animations sont prévues en magasin en janvier prochain. "On est à 3 tonnes semaine, ce n'est qu'un début", encourage Rodolphe Roudot. Le concept a déjà été repris par quelques magasins de la Scaouest basée en Loire-Atlantique. Et pourrait bientôt l'être en Ile-de-France.


Compétitivité

 

Le développement de bon augure pour le poulet de qualité contraste avec celui du poulet standard.  "Sur le poulet premier prix, il n'y a pas moyen que la production française concurrence les poulets belges et allemands, vu la différence de prix de 20 %", souligne Rodolphe Roudot. "Finalement, 40% de la volaille consommée en France aujourd'hui vient de l'étranger, et pas du Brésil mais bien d'Europe du Nord", poursuit Philippe Guillet. Arrivés sur le poulet frais il y a seulement dix ans, Belges et Allemands ne cessent de prendre des parts de marché tandis que la filière française est actuellement en pleine restructuration.
"Nous avons conscience d'être à un tournant de l'agriculture. Doit-on faire le choix des volumes et d'une agriculture plus intensive ou maintenir la diversité à travers nos productions de qualité ?", interroge alors Josiane Guyader, présidente des Fermiers d'Argoat. "On ne peut pas dissocier les deux marchés, rétorque le directeur de LDC Bretagne. Le grave problème du poulet standard a forcément un impact sur les poulets label (à Lanfains, 120 000 poulets standards sont abattus pour 50 000 en label qualité). Si on n'avait pas les volumes en standard dans nos outils, on ne pourrait pas rivaliser sur nos volumes en qualité".

Audrey Dibet

Nouveau centre  pour les œufs alternatifs

La demande en œufs alternatifs est en constante progression depuis des années. Et elle l'est particulièrement en Ile-de-France, région où la CDPO, basée dans la Marne et adhérente aux Fermiers d'Argoat, est le premier fournisseur d'oeufs. "Avec 45 % des volumes en alternatif", précise Jean-Marc Philippe, directeur général de la société. Cette société a prévu d'ouvrir un nouveau centre de conditionnement à Guitté dans les Côtes-d'Armor, uniquement dédié aux œufs alternatifs. Les travaux sont en cours dans ce centre dont l'ouverture est prévue début 2013 avec une vingtaine de personnes (objectif de 30 salariés d'ici deux ans). Ce développement permet à CDPO de spécialiser ses sites, l'un dans la Marne, très automatisé sur des gros volumes d'oeufs standards, l'autre en Bretagne, dédié aux œufs alternatifs, issus des producteurs du Gouessant, et sous le cahier des charges des Fermiers d'Argoat.

 

Peu de perspectives pour le porc fermier

Les perspectives sont peu encourageantes pour le porc fermier dont les volumes sont à la peine depuis des années (-27 % de tonnages vendus en 2011 comparé à 2006). "En porc, il y a confusion entre label rouge et fermier", estime Michel Moreu, directeur des établissements Tallec (29), une entreprise dont 80% des produits sont vendus en GMS. Le jambon fermier n'a pas pris chez Carrefour, Système U n'est plus intéressé par le saucisson de porc fermier. Chez Tallec, on va glisser du porc fermier au porc label rouge sur lequel j'ai pas mal d'espoir. On a beau croire en notre combat, si le message est confus, qu'il ne passe pas auprès du consommateur, notre produit est voué à l'échec". La production de 43 000 porcs Fermiers d'Argoat en 2011 a été assurée par 13 éleveurs dans 3 groupements bretons.

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