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Les filières agricoles ne font pas preuve de solidarité

Patrick Strzoda, préfet de région Bretagne, convie chaque année la presse au moment des vœux, l'occasion d'un point de situation. En ce début d'année, deux dossiers majeurs ressortent de façon évidente, la menace terroriste d'une part et la situation des filières agricoles d'autre part.

Patrick Strzoda, préfet de région Bretagne et Cécile Guyader, secrétaire générale de la préfecture de région.
Patrick Strzoda, préfet de région Bretagne et Cécile Guyader, secrétaire générale de la préfecture de région.
© Terra

C'est toujours entouré de son équipe que le préfet de région se livre à cet exercice maintenant traditionnel. Restriction budgétaire oblige, la cérémonie des vœux du préfet a été supprimée. Elle fait notamment place à ce rendez-vous presse, l'occasion d'un exercice de pédagogie sur l'action de l'état et la mobilisation de ses moyens.

Le niveau de la menace terroriste est très élevé

Premier sujet évoqué, en terme d'importance : la menace terroriste. Pour Patrick Strzoda, "2016 sera aussi compliqué que 2015, voire plus", les terroristes cherchant à utiliser les faiblesses de notre organisation notamment le manque de coordination au niveau des services, et des Etats. L'état d'urgence est et reste en vigueur, justifiant d'un certain nombre de décisions ou d'actions à l'échelle de l'Etat.
Ces éléments pèsent bien évidemment sur l'ambiance générale et sur l'attitude de l'Etat qui ne peut se permettre, plus encore aujourd'hui qu'hier, de se laisser déborder ou de rester sans réaction face à des mouvements de rue. L'Etat informe donc des actions conduites en insistant sur sa mobilisation quand, parallèlement, il cherche à lutter contre les divisions, notamment entre communautés.
Ce n'est donc pas totalement un hasard si, au moment où les difficultés de l'agriculture laissent craindre de nouvelles manifestations de colère, le préfet de région choisit d'identifier l'agriculture comme seconde priorité de l'action de l'Etat en Bretagne en 2016.

Une situation de crise structurelle

Pour Patrick Strzoda, la préoccupation est double : "Je crains que l'on aille encore vers des difficultés, et il y a un risque à l'ordre public". Il rappelle donc son discours de fermeté face à ce qu'il appelle des manifestations de mécontentement. Certains citoyens ont le sentiment que l'Etat ne contrôle pas la situation, mais il craint aussi que certains manifestants n'acquièrent une sorte de sentiment d'impunité. Le préfet de région indique donc qu'il ne tolèrera pas les manifestations non organisées et en particulier violentes. "Des suites judiciaires seront données", prévient-il.
Mais l'analyse de la situation se veut aussi économique. "Les filières agricoles font face à la mondialisation des marchés et luttent à armes inégales en terme de compétitivité". Pour autant, le préfet de région souligne "le manque de solidarité à l'intérieur des filières". Le message est clair, tout ne pourra pas venir de l'Etat, il appartient aussi au monde agricole de se mobiliser pour résoudre ses propres problèmes.

Une partie de ping-pong

Au même moment, l'UGPVB (Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne) rendait public un communiqué invitant "les pouvoir publics et les décideurs politiques à prendre leurs responsabilités". On le sent bien en ce début d'année, la situation n'a que trop duré et trop traîné. Beaucoup d'éleveurs n'en peuvent tout simplement plus. Pour un certain nombre d'entre eux, les mesures de restructuration de la dette notamment et plus globalement le plan de soutien à l'élevage ne suffiront pas, "compte tenu de l'endettement constaté pour empêcher l'arrêt d'activité".
Après des mois d'attente et d'immobilisme, les mouvements d'éleveurs sur le terrain et l'annonce d'une manifestation ce jeudi devant le marché du porc à Plerin semblent provoquer un frémissement. Le début d'un débat ? S'ils restent pour le moment encore cantonnés à une simple partie de ping pong, ces échanges devront conduire à une évolution significative de la situation des éleveurs et de la filière porcine.

Plan de soutien à l'élevage : 961 dossiers agricoles traités

Au 6 janvier 2016, 7 317 000 € ont été mobilisés en Bretagne pour venir aider 961 producteurs, notamment de porc, dans le cadre du plan de soutien à l'élevage. Ce sont essentiellement des aides à la trésorerie qui ont été affectées.
Parallèlement 4 300 000 € ont été mobilisés en Bretagne dans le cadre du fond d'allègement des charges (FAC), notamment pour le refinancement de la dette.
Le FAC élevage représente de son côté 416 dossiers payés pour 3 040 000 € en renégociation des charges sociales. Les services fiscaux ont aussi de leur côté accordé quelques facilités de paiement ou des avances de remboursement TVA.

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