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Les filières animales françaises en peine de rentabilité

Lors de l'assemblée générale de l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne, le 5 décembre, Philippe Chapuis, directeur de la direction de l'agroalimentaire de Crédit agricole SA, a porté un regard sans concession sur les filières françaises.

L’UGPVB a tenu son assemblée générale le 5 décembre, dans un contexte morose pour la plupart des filières animales.
L’UGPVB a tenu son assemblée générale le 5 décembre, dans un contexte morose pour la plupart des filières animales.
© Terra

COMMENT SE PORTENT LES ENTREPRISES AGRO-ALIMENTAIRES FRANÇAISES ?

Pas très bien. Certes leur chiffre d'affaire a progressé de 5% entre 2012 et 2013, pour atteindre les 180 milliards mais c'est surtout dû à la hausse du cours des céréales, qui représente la moitié de cette croissance. Globalement le marché domestique est peu dynamique et la pression constante sur les marges. S'y ajoute, à l'international, une croissance ralentie. La part de l'export a régressé de 36,1% a? 35,5%. Ce qui donne une marge brute en baisse. Cette perte de rentabilité est tendancielle. En viande, elle est de 2,5%. C'est peu, très peu. En conséquence, les entreprises n'investissent pas suffisamment. Ce sont surtout les PME qui souffrent d'une faible rentabilité. Pourtant notre pays compte de belles entreprises, des leaders reconnus au niveau mondial.

COMMENT AMÉLIORER LA COMPÉTITIVITÉ DES FILIÈRES ?

Il faudrait d'abord revoir la répartition des marges au sein des filières. La pression permanente de la grande distribution sur les prix rejaillit sur tous les maillons. Il est nécessaire de retrouver un dialogue constructif entre transformateurs et distributeurs. Sans aller jusqu'à l'intégration, ça peut être intéressant pour une filière d'avoir en son sein des distributeurs pour construire sur le long terme une meilleure répartition de la valeur ajoutée. Dans les autres pays européens, les entreprises affichent généralement une meilleure rentabilité car leur marché domestique est moins bataillé, porté par la préférence nationale dans le choix des produits.

Les filières doivent poursuivre leur restructuration pour massifier et saturer les outils. Un abattoir qui ferme, c'est un drame pour l'emploi local mais cela peut être nécessaire pour la viabilité d'une filière. La faible rentabilité chronique de l'agroalimentaire décourage les investissements de groupes financiers. C'est donc en interne, au sein de leur filière que les IAA doivent trouver les moyens d'investir. Des mouvements de consolidation sont en cours. Y compris à l'échelon européen, par exemple avec la prise de participation de Dawn meats dans Elivia.

 

L'embargo russe pèse toujours sur la conjoncture porcine

En production porcine, 2014 restera marquée par l'embargo russe sur les produits européens. Si la consommation intérieure est correcte, les exportations sont en chute de 9%, malgré une réorientation vers les marchés asiatiques. D'où un prix en baisse de 8,7% avec une moyenne sur 11 mois de 1,35 euro. Sur la zone Uniporc, les abattages sont en retrait de 1,35%. A l'image de la baisse globale de la production française (-1,6%) et européenne (-0,5%). Dans les élevages, cela se traduit par des pertes de 2 à 4 ct/kg. "Soit 15 à 20 euros de perdu par porc", traduit Michel Bloc'h, président de l'UGPVB. Contrairement au CRP, les groupements ne voient pas l'alourdissement des carcasses comme une piste pour gagner en compétitivite?. Seule perspective favorable, la mise en place d'un salaire minimum en Allemagne et les pressions environnementales et sociétales qui vont peser sur leur coût de production.

 

Des filières animales dans l'attente

Pour capitaliser sur le savoir-faire des éleveurs, Michel Bloc'h, président de l'UGPVB, transmet l'attente des éleveurs comme des groupements que le plan de modernisation des bâtiments réponde aux besoins spécifiques des filières. L'attente est toujours forte "d'un desserrement de l'étau administratif". "Il faut une re?elle et concrète simplification administrative", exige le représentant des groupements. Pour lui, la reconquête du marché intérieur passe par la valorisation de l'origine des produits. A défaut de pouvoir rouvrir le marché russe, Michel Bloc'h plaide pour l'activation des outils d'intervention "pour accèder à des conditions de marché aussi favorables que celles de nos concurrents nord-américains".

 

L'UGPVB plaide pour une Organisation qui fédère les OVS par filière

Alors que l'Etat veut imposer, dans chaque région, le GDS comme unique interlocuteur sanitaire pour toutes les filières animales, l'UGPVB défend les OVS porc et volailles qui ont fait les preuves de leur efficacité, en parallèle du GDS Bretagne plus axé sur les ruminants. "Encore une fois l'Etat refuse le droit à 'expérimentation à la Bretagne, qui avait mis en place un système de veille sanitaire efficace", déplore Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d'agriculture.

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