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Les grandes surfaces attendues

Alors que vont démarrer les négociations commerciales pour 2015, le ministre de l’économie Emmanuel Macron a prévenu, le 23 octobre dernier lors d'une rencontre avec les distributeurs sur le thème des relations commerciales, qu’il allait intensifier les contrôles d’abus de position et saisir l’autorité de la concurrence sur les récentes opérations de rapprochements de centrales d’achat.

Emmanuel Macron, Carole Delga et Stéphane Le Foll.
Emmanuel Macron, Carole Delga et Stéphane Le Foll.
© Terra

En annonçant qu’il allait demander à la DGCCRF (Direction générale de la concurrence) de renforcer les contrôles sur l’application de la loi Hamon, Emmanuel Macron a joué sur les cordes sensibles des distributeurs. Ceux-ci savent, également, que de nombreux contrôles ont eu lieu cet été, qu’un rapport au ministre est prévu pour mi-novembre qui pourrait préconiser des sanctions touchant les distributeurs. Autre argument d’Emmanuel Macron : la grande attention que ses services porteront à l’application du CICE (Crédit d’impôt compétitivité emploi). Pas question, dit-il, que l’impact du CICE chez les fournisseurs devienne un prétexte aux mains des distributeurs pour faire baisser les prix. Le CICE, c’est fait pour développer l’emploi et pas pour baisser les prix, affirme en substance Emmanuel Macron. Message entendu par les distributeurs, qui d’ailleurs s’en sont défendus le 23 octobre.


Georges Plassat promettait bien fort que ce type de pratique n’avait pas cours chez Carrefour, et que, si un fournisseur constatait le contraire il fallait l’appeler, lui, personnellement ! Les fournisseurs n’en attendaient sans doute pas tant. Mais ils attendent en revanche beaucoup d’un comité de suivi des relations commerciales décidé par les ministres lors de la réunion du 23 octobre.


Une nouvelle loi ?

Mais passer dans les "boxes" de Carrefour, Leclerc ou Auchan sera, cette année encore, la crainte des patrons de l’agroalimentaire. Une crainte qu’ils ont exprimée, lors des assises de l’alimentation, à Paris, le 21 octobre. "On est dans l’incertitude totale, et plutôt inquiets", estime Robert Volut, président de la Fict (industrie de la charcuterie). "La loi Hamon n'est déjà plus adaptée à la nouvelle situation. La concentration s'est poursuivie. La loi ne va pas assez loin", estime le vice-président de l’Ania aux relations industrie-commerce Jérome Foucault. "Si les négociations dans le cadre de la loi Hamon sont pires que les précédentes, nous demanderons officiellement une nouvelle loi. Et les récents rapprochements de centrales d'achats ne nous incitent pas à l'optimisme", a déclaré le président de l'Ania (association des industries agro-alimentaires), Jean-Philippe Girard, le 21 octobre, lors des Assises de l'alimentation.

 


Concentration

Avec la table ronde du 23 octobre, le gouvernement a voulu rassurer les entreprises agroalimentaires, inquiètes des récentes opérations de concentration opérées par les distributeurs ces dernières semaines. Système U et Auchan en septembre, suivis de Casino et Intermarché ont annoncé le rapprochement de leurs centrales d'achats avec un système de mandat qui évite un rapprochement capitalistique. L’objectif : peser face à leurs concurrents, Leclerc en tête, et à leurs fournisseurs les plus imposants. Les "quatre" premières centrales d'achats couvrent désormais 90% du marché, estimait l'Ania lors de ses assises du 21 octobre. Pour les fournisseurs, cet événement vient d’annuler les effets de la loi sur la consommation (dite loi Hamon), qui devait rééquilibrer les relations commerciales. Du coup, la visibilité pour les entreprises se trouve compromise. Selon une enquête du cabinet Olivier Wyman, 33 % des patrons de l’agroalimentaire français (40 entreprises de toutes tailles et tous secteurs) déclarent n’avoir "aucune visibilité de l’avenir". Les entreprises agroalimentaires souffrent, confirme François Moury, directeur du pôle agroalimentaire du Crédit Agricole SA : "Ces dernières années, jamais les entreprises agroalimentaires n’ont été en si mauvaise position".

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