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Les groupes font leur rentrée

Mettre en place des solutions d'avenir, les responsables des groupes de développement s'y sont de nouveau attelés, jeudi dernier à Camors. Et si la conjoncture s'est imposée pour cette rentrée, l'outil d'évaluation de la plus-value des groupes et les circuits morbihannais du prochain festival ont apporté leur lot de perspectives.

pour esquisser l'année à venir, les responsables des groupes de développement ont fait leur rentrée à Camors, jeudi dernier
pour esquisser l'année à venir, les responsables des groupes de développement ont fait leur rentrée à Camors, jeudi dernier
© Claire le Clève

 

 

Le contexte est si lourd, "qu'on ne peut pas en faire l'impasse". C'est ainsi que Patricia Perret, déléguée d'Idéa, a invité, dans ce cercle formé par les responsables des groupes du Morbihan et les animateurs territoriaux de la chambre d'agriculture à la réflexion sur l'ampleur de ce qui se vit au quotidien sur les exploitations.

 

"On se lève parce qu'on travaille avec du vivant"

Installée en 1985, l'une des participantes témoigne : "Nous ça va encore, on n'a que 1 100 euros de remboursements mensuels. Depuis 2016, on a déjà liquidé un compte épargne, on attaque le livret A. Exploitation et vie privée sont tellement mêlées. La production laitière n'aura plus désormais le rôle social qu'elle avait. On arrive en fin de carrière et la solution sera d'arrêter. Mon mari aura 900 euros par mois, c'est peut-être ce qui va sauver notre budget familial. Si je suis inquiète, ce n'est pas pour nous mais pour ceux derrière nous. ". Et elle l'est à raison, car si la parole doucement se libère, les mots eux trahissent le mal-être ambiant. "C'est la première année que j'échelonne autant mes factures et je me demande tous les matins comment je vais les payer. Il y a des services qu'on a supprimés", raconte cette exploitante au mitan de sa carrière qui malgré les larmes venant, poursuit, "s'il n'y avait pas eu ce camion de lait à passer le matin dans la cour cet été, je ne me serais pas levée". Et un autre d'enchaîner, "quand tu sais que tu travailles à perte et que tu as déjà perdu ta journée avant même d'avoir travaillé...". "Si on se lève c'est parce qu'on travaille avec le vivant, sinon", note l'un des participants, "On en a traversé des crises mais c'est la première fois que le moral des agriculteurs est aussi atteint. L'effet pervers, c'est le fatalisme, la résignation et la perte de confiance dans nos structures", craint Eric Touzard, président de la FRGeda.

 

"En groupe, on sait qu'on n'est pas seuls"

Pour aider à passer cette crise, les groupes n'ont pas attendu, esquissant leurs solutions, leurs formations. Des réunions avec la MSA et Claude Legoff, conseiller de la chambre d'agriculture, ont été initiées, dont la dernière, la semaine passée à Ploërmel. "Allez voir le site de la MSA, il y a des aides qui existent, il ne faut pas s'isoler", propose Philippe Racoët, co-président de Rés'agri. Les sessions "continuer ou se reconvertir", "permettent de faire le point, de poser les choses", invite Christophe Tachez, conseiller, pour prendre le recul nécessaire. Et si les réunions "Agridej" imaginées par des groupes, "nous ont permis d''avoir de l'écoute et de l'échange, ça réconforte", témoigne l'un des responsables, "cela a aussi permis de toucher des gens qu'on ne voyait jamais" note Sophie Beauscire, conseillère territoriale. Et Marie-Odile Goudy, toute jeune retraitée de sa ferme laitière, d'abonder tant pour sa vie professionnelle que son développement personnel : "Le réseau des groupes, ça a été mon université, j'y ai appris, beaucoup, à échanger aussi, aller voir les autres, s'ouvrir. Quand on est en groupe, on sait qu'on n'est pas seuls", affirme t-elle. Une période où il n'est pas vain de continuer à se former pour "construire son autonomie de décision, de stratégie d'entreprise, c'est ce qui permet d'être patron chez soi et de peser toutes les décisions et d'anticiper", relèvent les responsables de ces groupes qui ont inventorié les trois circuits proposés dans le Morbihan sur les 12 qui rythmeront le festival des groupes les 19 et 20 janvier prochains avant de travailler sur les perspectives et les suites à y donner.

Claire le Clève

Encadré

Le groupe, une plus-value qui s'évalue

"Quelle plus-value apportent les groupes sur nos exploitations ?". Une question qui taraude les réseaux de développement agricole en Bretagne qui ont, durant 6 mois, mandaté un étudiant de l'ESA d'Angers durant son stage. Objectif ? "Révéler collectivement ce qu'ils apportent à leurs membres, argumenter et convaincre de les rejoindre, défendre leur importance", résume Eric Touzard estimant que "beaucoup de nos travaux ont été récupérés à l'extérieur parce que nous n'avons pas su mesurer l'impact de nos actions, et on les a perdus". Des tests vont débuter auprès des groupes pour affiner l'outil et dont les premiers résultats seront révélés en avant-première, le 17 novembre lors de l’assemblée générale de Res'agri sur la région d'Hennebont avant d'être présentés lors du festival des groupes.

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