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Les JA à la sauce européenne

Lors de leur assemblée générale du 26 février, les Jeunes agriculteurs ont cuisiné l'Europe, sa politique agricole, son budget, son fonctionnement, en y ajoutant un bon zeste de propositions.

De gauche à droite, Gilles Guillomon, secrétaire général de la chambre d'agriculture ; Jean Michel Schaeffer, vice-président de JA national ; Benoit Champalaune, président des JA 35 ; Christophe Hamon, de Bre
De gauche à droite, Gilles Guillomon, secrétaire général de la chambre d'agriculture ; Jean Michel Schaeffer, vice-président de JA national ; Benoit Champalaune, président des JA 35 ; Christophe Hamon, de Bre

Pour oublier les vents mauvais d'une année 2009 déstabilisante, les Jeunes agriculteurs se sont penchés vers l'avenir et ont dessiné, dans leur rapport d'orientation, un nouveau fonctionnement pour l'Europe. Vendredi 26 février à l'occasion de leur assemblée générale, ils ont présenté le fruit de leurs travaux et en ont débattu avec des spécialistes de la question européenne. "L'Europe est à la fois la source de beaucoup de nos problèmes mais aussi une lueur d'espoir de solutions", introduit Benoit Champalaune, le président des JA 35 reconduit dans ses fonctions. L'agriculture et la recherche d'une autonomie alimentaire étaient l'un des fondements de la construction européenne. Depuis, les politiques communes se sont diversifiées et l'Europe élargie. Les divergences entre pays sont de plus en plus flagrantes sur le dossier agricole. "En plus, la France pénalise ses producteurs en rajoutant des contraintes, déplorent les Jeunes agriculteurs. Toutes ces règles différentes nous font perdre de la compétitivité". Et de citer l'exemple de l'agriculture biologique, de la traçabilité. "Europe ou pas, le fil conducteur de la production reste le marché, rappelle Gilles Guillomon, secrétaire général de la chambre d'agriculture. Avoir un cahier des charges exigeant n'est pas pénalisant s'il y a un marché rémunérateur en face. Ca devient pénalisant quand tous les produits sont en concurrence, sans distinction de leurs conditions de production". L'environnement est un autre domaine où la France est plus exigeante. "Certains pays ont négocié depuis longtemps des dérogations à la directive nitrates", ne cache pas Christophe Hamon, de Breiz Europe.

Une Europe, de multiples règles
Sur le champ de la protection sociale aussi, la France est plus exigeante que l'Union européenne. "Cela nous fait perdre de la compétitivité, regrettent les JA. Il faut arriver à trouver une politique sociale équitable qui n'aggrave pas les distorsions de concurrence". Au niveau de l'installation également, les conditions sont bien différentes d'un pays à l'autre. "La France bénéficie du dispositif d'accompagnement le plus élaboré, apprécie Jean Michel Schaeffer, vice-président de JA national. Quelque soit le pays, tous les jeunes qui s'installent ont besoin d'aides à l'investissement et à la modernisation". Côté répartition des aides, ça coince aussi. Au fur et à mesure de l'élargissement, les parts du gâteau se sont réduites. "Aucun pays ne veut augmenter sa contribution au budget européen, constate Stéphane Le Foll, député européen. Comme une majorité de pays ne pense plus que l'agriculture est primordiale, le budget agricole est grignoté pour financer les autres politiques. Pourtant, l'agriculture est plus que jamais un défi géostratégique". Si l'harmonisation devait se poursuivre, les producteurs bretons pourraient être perdants. Aujourd'hui, les DPU bretons dépassent les 300 euros. Harmonisés au niveau européen, ils chuteraient à 160. "Les aides européennes ne sont que des crédits d'orientation remis en cause selon les objectifs politiques, rappelle Gilles Guillomon. Il faut se préparer à ce que les aides du 1er pilier régressent et donc défendre le niveau des prix".

Retrouver un esprit d'équipe
Si le marché unique est bel et bien en place, le traité de Lisbonne vient juste de faire progresser la représentation politique unique de l'Europe. "Le fonctionnement communautaire reste très compliqué, observe Christophe Hamon. Les politiques sont loin d'avoir la main sur tous les dossiers. C'est pourquoi une présence forte bretonne est nécessaire à Bruxelles. Les filières françaises doivent mieux s'y faire entendre".
Face à ce constat d'une Europe empêtrée dans sa lourdeur réglementaire, les JA veulent faire avancer les choses. Chacun à son échelle. "Notre réseau est indispensable pour faire circuler l'information, rappellent-ils. Tout le monde doit s'engager pour défendre l'agriculture". Un défi partagé par certains responsables politiques. "Alors qu'aujourd'hui, les pays sont dans une stratégie de concurrence, il faut retrouver l'énergie d'un projet commun", encourage Stéphane Le Foll. Même s'ils la critiquent, les Jeunes agriculteurs ne veulent pas mettre à bas l'Europe. Au contrainte, ils font des propositions pour l'améliorer. "L'Europe reste un formidable défi de construire quelque chose ensemble. A nous, producteurs, de dire ce que nous voulons pour l'agriculture", rappelle Benoit Champalaune. Pour la construction européenne, il en va comme pour beaucoup de dossiers, il faut retrouver le goût de l'union et prendre le temps d'avancer ensemble.

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