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Les JA repartent à l'action

Ils l'ont annoncé sans détour en conférence de presse : pour dénoncer la situation catastrophique dans laquelle se trouvent la majorité des agriculteurs. les Jeunes agriculteurs du Finistère vont repartir en action.

De gauche à droite : Stéphane Cornec, président, et Anthony Taoc, secrétaire général, ont fait le point sur les revendications des Jeunes agriculteurs le 27 mai dernier à Plonéis.
De gauche à droite : Stéphane Cornec, président, et Anthony Taoc, secrétaire général, ont fait le point sur les revendications des Jeunes agriculteurs le 27 mai dernier à Plonéis.
© Chantal Pape

 

"Depuis deux ans déjà, on alerte sur notre situation. Les élus n'ont pas pris la mesure de nos difficultés. Et aujourd'hui, bon nombre d'exploitations se retrouvent en liquidation judiciaire ou en redressement". Les travaux des champs finis, les Jeunes agriculteurs ont décidé de reprendre leur bâton de pèlerin. Et, dans les prochains jours, c'est tous azimuts qu'ils vont aller porter leurs revendications. "On se lève tous les matins pour perdre de l'argent. Mais on ne se laissera pas faire".

 

Priorité à l'installation

 

"Le nouveau schéma régional des structures ne nous convient pas". Le premier de leurs griefs est dirigé contre la DDTM, la Direction départementale des territoires et de la mer. "Jusqu'à présent, il fallait passer par le parcours à l'installation et obtenir les aides pour être prioritaire lors de transfert foncier", explique Stéphane Cornec, le président des JA. Désormais, il suffira de vouloir s'installer, ce qui ne convient pas aux JA. "Il y a des risques de dérive, avec de fausses installations".

Rendu moins intéressant, le parcours à l'installation sera-t-il toujours plébiscité par les jeunes ? "C'est aussi grâce à lui que l'agriculture possède le meilleur taux de survie des entreprises cinq ans après leur création : 95% contre moins de 50% dans d'autres professions".

 

A quand le paiement des primes PAC ?

 

A l'Administration, les JA réclament aussi le paiement immédiat des primes PAC 2015, qui auraient dû être soldées au 31 décembre dernier. "La situation n'est plus tenable. Les exploitations sont à bout de souffle, les trésoreries se fragilisent". Et les responsables de dénoncer deux poids deux mesures. "C'est quand même incroyable, s'indigne Anthony Taoc, secrétaire général. Quand le contribuable paie ses impôts en retard, il a des majorations !" En attendant les versements, les JA exigent qu'il n'y ait plus de contrôles en exploitations. "L'Etat ne peut pas nous demander d'être irréprochables quand il ne l'est pas".

Les JA solliciteront aussi députés et sénateurs dans les jours à venir. "La loi Sapin 2 devait revenir sur la LME, en rééquilibrant le poids des 500 000 agriculteurs français face aux quatre centrales d'achat de la grande distribution", rappelle Stéphane Cornec. Or, rien de tel ne figure dans la première mouture du texte...

 

Plus de solidarité

 

"Il faut plus de solidarité entre les différents maillons de la filière". Aux coopératives, fournisseurs ou banques, les JA demandent un arrêt de la facturation des intérêts de retard. "Qu'ils fassent l'effort de ne pas en rajouter à la difficulté". Et, alors que se mettent en place OP et AOP dans la filière laitière, le syndicat voudrait que les coopératives se constituent elles aussi en OP. "Elles ont jusqu'au 23 août pour déposer leur dossier d'agrément. Si elles ne bougent pas, nous saurons nous faire entendre".

 

Identifier

 

"Nous irons vérifier". Attachés à la mention d'origine sur les produits bruts et transformés, les JA vont retourner dans les grandes surfaces voir si l'étiquetage est bien réalisé, afin que le consommateur puisse choisir en toute connaissance de cause. "Nous irons aussi chez les grossistes, dans les enseignes de la restauration rapide, dans les restaurants des collectivités... A tous, nous demandons de privilégier un approvisionnement français, à un prix cohérent".

 

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