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Diversification, transformation, vente directe
Les jeunes s'installent autrement

Nouveaux marchés, nouvelles filières : derrière ces termes, se cachent 36% des installations du Finistère. Mais qui sont ces agriculteurs ? Et comment gagnent-ils leur vie ? La chambre d'agriculture a mené l'enquête.

En quelques années seulement, le profil des jeunes agriculteurs a profondément changé. Si, en 2005, ils étaient encore 61% à s'installer en lait, ils ne sont plus aujourd'hui que 43% en Bretagne, 30% dans le Finistère. Dans le même temps, est apparue une nouvelle catégorie, baptisée nouveaux marchés, nouvelles filières. "On y trouve deux types de projets différents, explique Marie-Isabelle Le Bars, de la chambre régionale d'agriculture. Des productions diversifiées : chevaux, ovins, chèvres, lapins, apiculture, cidre, aquaculture... Ou des projets à forte valeur ajoutée : transformation à la ferme, vente directe, accueil...". Des projets qui ont représenté 24% des dossiers à l'installation depuis 2005, 36% en 2011 !

 

Evaluer la viabilité des projets

 

"Dans les autres secteurs d'activité, seuls 52% sont encore présents, 5 ans après le lancement de leur activité. En agriculture, une étude au niveau national indique qu'ils sont encore 88%". Mais, pour évaluer la pérennité économique de ces projets, la chambre d'agriculture ne dispose plus d'outils. "Avant, la DJA était versée en deux fois, rappelle Marie-Isabelle Le Bars. Ce qui permettait de savoir ce qu'étaient devenus les JA".

Aujourd'hui, le versement est unique, au moment de l'installation, ce qui a conduit la chambre régionale d'agriculture à lancer une étude avec le centre comptable CER France Bretagne. "Notre échantillon comprend 1 000 jeunes agriculteurs bretons, ayant clôturé au moins 3 exercices". Avec une sur-représentation des producteurs de lait et des Gaec et seulement 72 "nouveaux marchés, nouvelles filières". "Sans doute sont-ils plus nombreux à se passer d'un centre de gestion pour leur comptabilité".

 

Détecter les situations fragiles

 

Premier enseignement de l'étude : en 2011, "nouveaux marchés" ou pas, les JA ont un taux d'endettement moyen de l'ordre de 60%. Par contre, leur capital d'exploitation par UTH est bien moins élevé : 138 000 € contre 217 000 € pour le reste du groupe, "ce qui en fait des exploitations plus faciles à reprendre", indique Marie-Isabelle Le Bars. Le produit par UTH est également plus faible, 105 000 € contre 152 000 €. Tout comme l'est le revenu : 21 000 €/UTH pour les "nouveaux marchés" contre 31 000 € pour le reste du groupe. "Un bon revenu, qui s'explique par la relative bonne conjoncture 2011". Mais, ici aussi, les moyennes cachent d'énormes disparités. "6 à 12% des JA sont en situation économique fragile, 15 à 22% dans le groupe des nouveaux marchés".

Pour aider au mieux les jeunes à passer ce cap, la chambre d'agriculture va améliorer leur accompagnement, avant et après l'installation. "Nous allons notamment mettre en place un suivi post-installation systématique, indique Marie-Isabelle Le Bars. Et favoriser la mise en réseau des JA".

 

 

A la découverte des métiers verts

 

Pour attirer les jeunes, la chambre d'agriculture a lancé l'opération "découverte des métiers verts" fin 2009. "Depuis, nous sommes intervenus dans une trentaine de collèges et avons rencontré plus de 3 000 élèves", relate Nicole Morizur, élue à la chambre d'agriculture. A chaque fois, les interventions se font en binôme, agriculteur/technicien, "avec dynamisme et enthousiasme". Et les jeunes sont toujours surpris de découvrir une telle diversité de métiers. "Nous allons maintenant essayer d'impliquer des jeunes en formation agricole. Et faire témoigner des salariés". Avec toujours le même objectif : "faire découvrir des métiers passionnants, proches du vivant".

 

 

 

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