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"Les OP ont pris leurs responsabilités"

Michel Bloc'h, président de l'UGPVB, était cette semaine dans l'œil du cyclone. Terra lui a demandé d'expliquer la position de son organisation.

Michel Bloc'h
Président de l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne
Michel Bloc'h
Président de l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne
© Terra

L'UGPVB a indiqué renoncer à un objectif de 1,40€/kg en souhaitant que cela permette de retrouver un prix de marché. Pouvez-vous nous expliquer cette position ?

Michel Bloc'h. Chacun savait que, depuis juin, le marché au cadran ne fonctionnait pas normalement. Le soi-disant accord de 1,40 € de Stéphane Le Foll n’était que de la com' et un vrai marché de dupe: il n’était pas respecté sur les produits transformés par la GMS et pas répercuté à l’export. Néanmoins, que les éleveurs aient pu en bénéficier, c’est très bien. Mais là ce n’était plus tenable. Jeudi 24 septembre, trois nouveaux acheteurs ont refusé d’acheter, faute de garantie sur un retour à un fonctionnement normal du marché. Sans réaction de la part des OP, nous aurions assisté à la disparition définitive de cet outil et à la multiplication des prix maison. C’est pour cette raison que les OP ont pris leur responsabilité en prenant la décision difficile d’inviter à sortir du prix politique.

Que va-t-il se passer ?

M.B. En dépit de la baisse observée qui doit concourir à la fluidité, le prix français reste en tête des prix européens (Allemagne +12 ct) illustrant notamment la bonne valorisation sur le marché français en lien avec la promotion du "porc français". Il faut maintenant procéder à l’amendement des règles de fonctionnement du marché qui devront aboutir dans un délai de 15 jours et faire revenir si possible des acheteurs. Les abatteurs acheteurs feront des propositions conjointes et partagées; elles seront discutées et négociées avec les représentants de la production.

Le MPB est-il menacé ?

M.B. Le MPB est un thermomètre, le casser ne changerait rien à la réalité et se traduirait par une multiplication des tarifs "maison". Le MPB doit exister pour établir le juste prix, celui qui reflète la réalité commerciale des marchés et qui synthétise la diversité de valorisation des différents abattoirs. S’il fonctionne normalement, il a vocation à être respecté par tous les acteurs. Il est garant de l’équité et de la transparence pour tous les éleveurs quelles que soient leur taille et leur situation géographique. Les difficultés des éleveurs sont réelles mais casser le thermomètre n’apportera pas de réponse sur les dossiers de fond. L’heure est grave et les discours diviseurs au sein de la production seraient irresponsables. Le rassemblement est lui, par contre, très exigeant.

Des réactions très virulentes

Les réactions des organisations syndicales ont été cette semaine d'une rare virulence.

Pour Stéphane Le Foll, "on aurait pu tenir ce prix" en travaillant par exemple sur "la traçabilité" et "l'export".

Pour la FRSEA, la proposition de l'UGPVB est vaine. "Aujourd’hui, le MPB n’est pas sauvé puisque Bigard et Cooperl sont toujours aux abonnés absents. Les éleveurs sont encore une fois, la variable d’ajustement de toute une filière et aucune fluidité n’est assurée. L’UGPVB serait donc prête à sacrifier des éleveurs pour sauver le MPB et les abatteurs ? Tout le travail effectué par le syndicalisme depuis cet été a permis de maintenir le prix à 1,40 €. Ce prix gagné de haute lutte par les éleveurs, est aujourd'hui balayé d’un revers de main par tout un pan de la filière. La FRSEA Bretagne demande aujourd'hui à tous les groupements de travailler et proposer des solutions rapidement pour sauver tous les éleveurs de porcs (...) Les abatteurs demandent la baisse des prix "pour retrouver leur prix d’équilibre". Pourquoi les éleveurs n’auraient pas le droit eux aussi à un prix d’équilibre, et à des revenus décents à la hauteur du travail fourni ?"

Pour la Confédération paysanne, la filière porcine bretonne se ridiculise une fois de trop ! "Après avoir dénoncé la responsabilité des pouvoirs publics et des distributeurs dans la crise actuelle, elle montre à l'évidence que les difficultés des éleveurs bretons aujourd'hui sont dues pour une bonne part à ses propres divisions et à son incapacité à définir une stratégie régionale concertée".

La Coordination rurale s’estime trahie. "L’UGPVB ne défend plus les éleveurs mais les intérêts des agro-industriels", estime Pascal Aubry, éleveur de porcs en Mayenne, et de souligner que 1,40 €/kg est "un prix de survie". La CR dit oui à la contractualisation "sur des bases saines" prenant en compte "l’ensemble des charges, la rémunération des éleveurs et la capacité à investir ou rénover pour une production durable".

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