Aller au contenu principal

L'AGRICULTURE BRETONNE EN DÉBAT PUBLIC SUR INTERNET
Les opinions tracent leur sillon

"La 1re chose à faire pour que l'installation en agriculture soit possible et accessible au plus grand nombre, c'est de changer le statut de l'agriculteur ! Car ils ont tous plusieurs casquettes !". C'est l'un des commentaires que l'on peut lire sur le site du conseil régional consacré au débat public sur la nouvelle alliance pour l'agriculture bretonne. Et c'est parti sur les chapeaux de roues.

© Terra

En peu de temps, 34 contributions(1) ont été mises en ligne dans l'un des six thèmes proposés par le conseil régional. Celui qui en a reçu le plus (14) - et ce n'est pas une surprise - est le plus "ouvert" : "libre expression sur l'avenir de l'agriculture en Bretagne". Mais le second thème, "En tant que citoyen(ne), quelles sont vos attentes vis-à-vis de l'agriculture en Bretagne ?", arrive en seconde position avec 9 contributions. Bref, les Bretons ont pris leur plume, bien souvent, pour porter un regard critique sur notre agriculture.


L'agriculture accusée...

Loïc Le Hiress, dans son post, estime ainsi que "de nommer (les agriculteurs) autrement, ce sera plus facile pour les nouveaux. Ils n'auront plus cette étiquette de pollueur, entre autres, qui pèse chaque jour un peu plus". Et ce commentaire a été vu près de 250 fois...
Tout aussi critique, A Galon, dans un "article" intitulé "demandez à Pochon" propose de "cesser de se plier à la politique productiviste du toujours plus de la PAC et promouvoir une agriculture durable. (...) Avons-nous besoin de manger de la viande 2 fois par jour", questionne-t-il, estimant aussi qu'il est "aberrant de voir que 2% de la population française nourrit tout le pays". Une contribution vue 188 fois...
La section du Parti socialiste de Guipel y intervient également en rappelant sa lettre d'infos de fin octobre. Pour elle, il est "un peu simpliste de présenter les agriculteurs comme les seuls coupables de la prolifération des algues vertes". Oui, car ils sont quelque part victimes du "libéralisme exacerbé, avec son lot de dérégulations ayant favorisé les grands groupes". Et c'est au niveau européen que des solutions pourront être trouvées. Vu 149 fois.
Enfin, et c'est peut-être le plus caricatural, mais sans doute aussi porteur des nombreux clichés dont souffre la profession, Yvan Le Squere indique que "le Parisien titre ce matin (17/12/10) : le revenu des agriculteurs se redresse. En 2010, les céréaliers ont vu leurs revenus exploser de 177% et les producteurs de lait de 89%. En effet, ils sont vernis, ils n'ont aucune raison de se plaindre", en conclut-il. Un commentaire vu, déjà, à 159 reprises...


... Mais aussi défendue

A ce stade la remarque de Dnis prend tout son sens. "La 1re attente en tant que producteur vis-à-vis de l'agriculture en Bretagne (et ailleurs) est une meilleure communication envers les citoyens qui sont les "consommateurs". L' agriculture doit mieux communiquer pour expliquer son rôle majeur (nourrir) et aussi coller aux attentes des consommateurs; mais le citoyen doit avoir conscience que tout produit qu'il consomme doit procurer un revenu équitable à l 'agriculteur qui le façonne sinon la chaîne "alimentaire" peut perdre un jour son 1er maillon : le producteur". Vu 180 fois.
"Le Mecreant, éleveur" (est-ce son vrai nom ?) répond aussi à Yvan Le Squere sur l'augmentation des revenus qui, pour lui, sont "des moyennes qui recouvrent des situations diverses. Certes, il semble que les revenus aient augmenté, pour atteindre les niveaux de 1992. Ceux qui envient tant la richesse des paysans, travailleraient-ils 60 h ou plus tous les jours de la semaine pour leur revenu de 1992 ?". Vu 75 fois.
Ludo poursuit dans le positif : "l'économie de nos industries agricoles bretonnes ne tiendrait pas 5 ans sans nos agriculteurs qui font l'effort d'écouter, de se former pour pouvoir être plus compétitifs dans les marchés mondiaux, affirme-t-il. Il ne faut pas l'oublier : 1 agriculteur fait travailler 20 personnes autour de lui !". Vu 51 fois.
Quant à Pierrick Le Borgne qui termine sa formation en agriculture biologique au mois de juin prochain, il se dit "particulièrement inquiet pour l'accès aux terres de tous les futurs "paysans sans terre" comme moi et de nombreux autres stagiaires en formation". Et il propose une série de mesures à mettre en place comme la réduction de la SMI ou encore "l'aide à l'acquisition de petites surfaces en bio, type portage foncier du conseil général en Ille-et-Vilaine". Vu 21 fois.
Le débat est bien lancé. Pour l'heure, il semble encore au désavantage de la profession, dont les organisations professionnelles ont, certes, d'autres moyens pour se faire entendre des instances décisionnaires. Elles ont aussi toute leur place dans un débat ouvert au grand public sur un site participatif.

(1) Au jour de l'écriture de cet article, soit le jeudi 13 janvier. www.agriculture.bretagne.fr

Un bon résumé

Un, "fils d'agriculteur" résume fort bien la teneur du débat. " Par le biais de son cursus de formation, la future génération d'agriculteurs a compris qu'elles étaient les attentes sociétales de demain. (...) Mais, interroge-t-il, est ce que la société a pris conscience des nouvelles contraintes des agriculteurs, pour répondre à la demande sociétale ! Actuellement les exploitations les plus confrontées aux difficultés financières sont celles des jeunes agriculteurs (coût de reprise d'une ferme). Si l'on supprime le 1er maillon de la chaîne, demain, c'est la roue qui s'arrête de tourner !
Comme toutes les branches d'activité, le métier d'agriculteur à évolué. C'est devenu une entreprise qui doit jongler entre des produits, qui ont peu évolué en prix depuis 20 ans, et des charges qui n'ont cessé d'augmenter. Pour maintenir son revenu, l'agriculteur a dû réduire ses charges, en améliorant sa productivité, désormais pointée du doigt. Pour répondre aux attentes sociétales, l'agriculteur doit vivre de la vente de ses produits, plutôt que survivre avec des compensations tarifaires, ou encore appelé "subvention PAC", qui est mal comprise par le consommateur ! Ma question : est-ce qu'il y a une volonté politique nationale de redistribuer équitablement les marges réalisées sur les produits alimentaires ?". Vu 130 fois.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Quand agriculteur et apiculteur travaillent de concert
Voilà 4 ans déjà que Frédéric Mésangroas, producteur de porcs à Plouigneau (29), accueille les ruches de Daniel Le Louët. Au fil…
Le retour très controversé des protéines animales transformées
Le 14 avril dernier le Standing Committee on Plants, Animals, Food and Feed (Scopaff - en français Comité permanent des végétaux…
Le Space sera bien là en 2021, à Rennes
Le salon de l'élevage fait son grand retour à Rennes. Entre soulagement, fierté et impatience, les organisateurs du Space livrent…
Les Entreprises des territoires en recherche constante de reconnaissance
Les entreprises des territoires (EDT) se réunissaient encore une fois en viso conférence pour l’assemblée générale 2021. l’…
Porcs : les éleveurs demandent la fin de la castration
"On bute sur le mur des abatteurs… Si le gouvernement ne nous aide pas, ça va être compliqué". Mardi dernier, l’association pour…
Choucas des tours : que faire pour limiter les dégâts à l’agriculture ?
Cette année encore, les dégâts de choucas des tours sur les semis de maïs sont nombreux. Et les agriculteurs des environs de…
Publicité