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Les producteurs français n'ont pas été contraints de jeter leur lait

En mars 2020,la France s’arrête. Au sein du Cniel les transformateurs font part de manière insistante que la catastrophe guette et que les éleveurs vont devoir jeter du lait pour cause de saturation des outils et de manque de personnel.

Marie-Thérèse Bonneau, pésidente du collège producteur du Cniel.

Quel regard portez-vous sur la perspective de jeter du lait ?

Marie-Thérèse Bonneau. Comme éleveuse, comme vice-présidente de la FNPL, cette perspective m’est insupportable. L’ensemble du bureau de la FNPL se mobilise, et avec le collège producteur à l’unanimité propose au Cniel de débloquer un fonds d’aide à la non-production de lait pour éviter que la crise sanitaire ne se transforme pour les producteurs en une crise économique. La filière laitière prend ses responsabilités et décide de débloquer une enveloppe exceptionnelle de 10 millions d’euros, sur les fonds de l’interprofession pour verser une indemnité d'un montant maximum de 320 €/1 000 l aux éleveurs qui réduiront en avril leur production de lait lissant ainsi le pic annuel.

 

Le plus facile était fait ?

M-T.B. Il fallait maintenant convaincre les pouvoirs publics français de nous soutenir et la commission de nous donner son accord dans un délai qui s’accorde mal avec les lenteurs habituelles de Bruxelles. L’intense travail des différents collèges du Cniel tant vis-à-vis de nos ministres et de nos élus, que vis-à-vis de la commission, a porté leurs fruits. Il faudra tout de même attendre plus d’un mois pour avoir l’accord définitif et publier cette aide sans conditionnel. Je souhaite ici saluer le travail de l’équipe de la FNPL et des services du Cniel qui ont travaillé d’arrache pieds pour informer les éleveurs de cette mesure et les inciter à y prendre part sans que nous n’ayons d’autres assurances que notre volonté.

 

Cette mesure est-elle un succès ?

M-T.B. La solidarité a dépassé les prévisions, à 320 €/1 000 l c’est 15,28 millions d’euros qui seront nécessaires pour indemniser les 22 261 exploitations qui ont baissé leur production et rentrent dans les critères qui avaient été déterminés. Le collège producteur a refusé toute idée de baisse du taux d’indemnisation, il a donc été décidé de faire passer le montant de l’enveloppe de 10 à 15,28 millions d’euros avec un financement Cniel à 100 %. Nous pouvons enfin annoncer aux 22 261 exploitations qu’elles toucheront l’intégralité de l’aide annoncée, les 320 € maximum sont bien devenus 320 € versés !
Dans cette crise sanitaire mondiale, la filière est restée solidaire et mobilisée. Si certains producteurs ont particulièrement souffert, la chaîne de production a tenu et a alimenté les Français avec du lait "made in partout en France !". Ensemble nous sommes plus fort, notre action syndicale a permis aux éleveurs français de ne pas être contraint de jeter le lait.

 

 

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